‹ Journal d'un poèteChapitre 78 sur 160 · BAL DU PRINCE DE LIGNE · texte numérisé non relu

BAL DU PRINCE DE LIGNE

Dans un cabinet reculé, on se pressait pour voir la tète de Robespierre, dessinée par David, au pastel.

L'expression angélique des yeux noirs, fendus en amande, le mélancolique sourire d'une bouche où se découvrent de belles dents régulières, l'air mystique et pieux de cette tète de martyr étonne tout le monde.

David le voyait tel, comme un martyr de la liberté, de la fraternité, de l'unité de la France.

iy2 ALFRED DE VIGNY

l'hyène, poème philosophique.

Les bêtes fauves suivent le voyageur dans le désert. Tant qu'il marche et se tient debout, elles se tiennent à distance et lèchent sa trace comme des chiens fidèles; mais, s'il bronche, s'il tombe, elles se précipitent sur lui et le déchirent. Quand il est mort et déchiré par pièces, elles lèchent son sang sur le sable, ses os jusqu'à ce qu'il ne reste plus que son squelette, et, lors même qu'il ne reste plus que les longues côtes vides et arrondies comme la carène d'un vaisseau naufragé, l'hyène et le tigre dévorent son ombre. Ainsi fait la multitude sur l'homme célèbre et, moins que cela, sur tout homme éminent.

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