‹ Journal d'un poèteChapitre 83 sur 160 · DE MOI-MEME · texte numérisé non relu

DE MOI-MEME

Ce qui se fait et ce qui se dit par moi ou par les autres m'a toujours été trop peu important. Dans le moment même de l'action et de la parole, je suis ailleurs, je pense à autre chose; ce qui se rêve est tout pour moi.

Là est le monde meilleur que j'attends, que j'implore de moment en moment.

On est longtemps à se rendre compte de son caractère et à s'expliquer le pourquoi de soi-même.

J'ai souffert longtemps de cette tyrannique distraction. L'imagination m'emporte vers des suppositions délicieuses et impossibles et rend ce que je dis plus froid, moins senti, parce que je rêve à ce que je voudrais dire ou à ce que je voudrais m'entendre dire pour ctre plus heureux.

Il y a des vieillards qui feignent de ne pas entendre la voix de toute une génération. Quand on est sourd, il serait juste d'être sourd et muet, car on n'a pas droit de juger ce qu'on n'a pas entendu.

Ij6 ALFRED DE VIGNY

POÈMES PHILOSOPHIQUES J'aime la majesté des souffrances humaines.

Ce vers est le sens de tous mes poèmes philosophiques *

L'esprit de l'humanité; l'amour entier de l'humanité et de l'amélioration de ses destinées.

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