DIFFERENTES EXPEDITIONS ENVOYEES A LA RECHERCHE DE SIR JOHN FRANKLIN
Comme vous le savez, monsieur le ministre, sir John Franklin fut envoyé à la recherche du passage au nord-ouest qu'on suppose exister entre les deux océans ; cet officier commandait les deux bombardes, Erebus cX Terror, (|ue l'on suit dans leur route jusqu'au mois de juillet 1845; depuis lors, on n'a eu aucune nouvelle de l'expédition, qui avait des provisions pour quatre ans. En 1848, l'opinion publique, fortement émue du manque total de nouvelles de ces courageux navigateurs, décida le gouverne-
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ment anglais à cnvoyci' à knir reclinclK.'. Les iiisliiictioiis de sir J. Franklin lui prescrivaient de s'avancer à travers le passage (le Lancastre et le détroit de lîarnm ( n se dirigeant sur le cap AValker, limite dans cette direction des découvertes du capitaine Parry, et de saisir dans cette direction la première occasion favorable pour s'ouvrir un passage dans le sud-ouest jusqu'au détroit de lîeliring. S'il ne découvrait un passage, il était autorisé a revenir sur ses pas, et, passant [)ar le canal ^^ ellingtoiK il devait doubler les îles Parry au nord pour redescendre dans le sud et poin'suivre le but de son voyage.
h'Hécla et le Griper avaient cru en effet reconnaître une barrière infranchissable de glace entre l'île Melville et la terre de Bank, et on trouvait inutile de tenter de nouveau cette route.
Trois expéditions s'armèrent donc en 1848 sous Fimpression naturellement causée par la disparition d'officiers qu'un long tribut payé à la science rendait doublement chers h la marine anglaise et au monde savant. La première, sons le commandement du célèbre sir James Ross, devait suivre autant que possible la route que les instructions de l'Amirauté prescrivaient à Franklin.
V Entreprise et Vluvestigator, ce dernier, monté par le capitaine Bird, ayant un personnel total de cent trente-huit hommes, mirent à la voile le 12 mai 1848, remorqués par trois bâtiments à vapeur. Ils arrivèrent dans la baie de Disco le 22 juin ; le 28 juillet ils entraient dans le détroit de Lancastre. et Ton n'enlendait plus parler d'eux jusqu'à leur retour inopiné à Scarborough, le 3 novembre 1849 ; un baril jeté à la mer avait dans cet intervalle fait connaître seidement leur position le 28 août. Le 11 septembre 1848, sir James Pioss était entré auportLénpold sur la cote sud du détroit de Barrow, où les glaces le retinrent jusqu'au 28 août 1849; encore fut-on obligé de scier les glaces sur nne longueur de deux milles : une digue impénétrable fermait le détroit dans l'ouest. A peine sorti de cette prison
il '2 J. W. BELLOÏ.
le iiiivire était entraîné par de nouveaux bancs mobiles à deux cent cinquante milles dans l'est et dans la baie de Baffm ; la saison se trouvait trop avancée pour que l'on pût songer à reprendre un nouveau point de départ, et sir J. Ross crut devoir rentrer en Angleterre. Trois détachements avaient d'ailleurs pendant le printemps de 1849 parcouru la côte pour chercher les traces de VErebus et du Terror. Le capitaine Ross lui-même, avec le lieutenant, Maclintock, de V Entreprise, avait parcouru la côte septentrionale du North-Somerset ; puis à quarante milles seulement du cap ^Yalker, il fut obligé de descendre la côte au sud jusiju'au pôle magnétique, mais sans trouver aucune trace des absents. Le deuxième détachement, commandé par le heutenant Barnard, de YInvestigator, avait franchi perpendiculairement le détroit de Barrow jusqu'à l'entrée du canal Wellington; un troisième détachement pénétra avec le Heutenant Robinson jusqu'à l'endroit où la Furij, naufragée jadis avec sir John Ross, avait laissé un dépôt de provisions. Enfin un quatrième détachement,' après huit jours de recherche, avait été obligé de revenir sans résultat aucun. Malgré les efforts et le courageux dévouement dont firent preuve les personnes qui composaient cette expédition, on voit que les éléments la firent échouer, et que ces recherches, qui ne purent être poussées assez loin, ne prouvent pas qu'il faille désespérer *.
Deuxième expédition. — Le Plover, monté par le capitaine Moore et cinquante-deux hommes, partit le 51 janvier 1848, doubla le cap Horn, et envoya par le détroit de Behring une expédition qui ne put dépasser lo^ 51' latitude, et 168" de longitude (Paris, 170" 20). Le commandant Pullenet des expéditions
' Il faut, si l'on veut avoir 'les délails plus complets sur les expédilions laites au pôle arctique, lire les trois remarquables articles publiés par M. John I.cmoinne, sons ce titre : le Passage du Nord, dans les numéros du Journal des Débats des l". 7 et IG décembre 1850.
VOYACE AUX MKHS POLAIRES. il.",
de canots prulongèreiil la cote iioiil de l'Amérique ; on croyaii en effet que sir Franklin, (jui, dans son voyage avec le docteui Richardson, a fait connaître ces régions, pouvait s'être dirigé sur des lieux déjà explorés par lui.
Troisième expédition. — Le docteur Ricliardson et le docteur Reil partirent enfin de Liverpool en mars 1848, et traversèrent l'Amérique avec un détacliemeiit d'employés de la compagnie d'Hudson ; ils explorèrent la côte de l'océan arctique, entre la rivière Coppermine et la rivière Mackenzie, est et ouest. Sir J. Richardson est revenu en Angleterre en 1849 après d'infructueuàes recherches.