‹ Journal d'une expédition entreprise dans le but d'explorer le cours et lChapitre 91 sur 99 · TRAVERSÉE · texte numérisé non relu

TRAVERSÉE

Mercredi^ 26 janvier. — Wells, Fintendant du capitaine ; John, le second contre-maitre, et John XiloUins , matelot , ont été pris aujourd'hui de la fièvre. Sachant qu'en Afrique j'avais un peu pratiqué la médecine^ on m'a prié de donner des soins aux malades. J'ai fait aux deux derniers une copieuse saignée, et leur ai posé des vésicatoires ; M. Stockwell les a purgés. Charles Hall est un peu mieux.

Jeudi , 27 janvier. — John William , matelot ^ à eu un accès de fièvre. Je l'ai saigné de suite, et lui ai rasé la tête; M. Stock v^ell lui a administré une médecine. Le calme continue, nous sommes toujours en vue de l'île. La fièvre fait déjà de grands ravages parmi nous; ceux qui ne l'ont qu^intermittente , peuvent espérer se remettre, mais les autres ont peu de chances de guérison;

Dimanche^ 3o janvier. —* Smith, matelot, est pris de la fièvre . J'avais tout préparé pour le saig^l*^ inais le pauvre diable n'a pas voulu y consentir; cependant, je suis parvenu à lui raser la ^éte, et à y appliquer un vésicatoire. A deux heures , après-midi, Wells, l'intendant du capitaine , est mort , au moment où je le soulevais pour lui. faire prendre une potion. Tous nos hommes sont gissans dans tous les coins du vais-* '

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Beat! ^ len proie à la fièvre ^ faibles ^ abattus ^ et dans rëtatleplusdéplorahle. Une terreiu* panii^ semble «'être emparée d'eux tou$^ et peut avoir les résultats les plus funestesv Nous aroos résolu de leur cacher la tptMrt du pauvre iuteadaiàt^ et, en conséquence 1, cette niiit nous avons porté le oorps sur le pont , et l'avons fait glisser le long de la poupe dans la mer^

Vendredi , 4 février. — Le capitaine Garth est tombé malade & Son tour, et John /William est mort. Nous avons une continuation de beau temps ; mais nous avançons peu vers la c^e d'Amérique»

Dimanche , ^février •— Le premier contremaître vient d'être pris de la âèvr^ : il n^ reste . plus que trois noirs , mon frère et moi| pour oonastoeilvrer le bâtiment ; et die nous ciaq il n'y a que le Krouman qui s'entende à gouveiv ner.. M. Stockwell est constamment oeci^^pé à soigner les malades*

Lundi , ^févrUr. — Le matelot SmJiK.est mort. Far suite du triste état de Pëquîp^^ jç suis lorcé de m'ocqi^r , nuit et jour , 4e la manoeuvre. Mon poste est au gouvernail, tous les soirs , jusqu'à minuit ; j'y retowrne à quatre heures du matin ; je prends quelques minutes pour déjeuner, et le i^este de mon temps S6|)^9i5se

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à veiller aux yoiles et à visiter les malades. Mon frère en fait autàdt de son côté. Pour ajouter 'à nos misères ^ h vaisseau est telleinôht infeste de rats , qu'il est impoâsibJe d'habiter le bas. Quant à y dormir ^ il ti'y faut pâs songer. Nos pauvres malades ^ont sur le pont ;,* couchés daus leurs hamacs ; heureusement le temps a ét^ passable^ ment beau jusqu'à présent. *

Lundi ^ ï4 tnars.^^k la hauteur du cap Fi^o^ te «oir , notre unique Kroumah est tombé à la lUér. Le pauvre diable criait de toutes ses forces-, nous appèlaht à son secours, et quoique là n^ârche du Vaisseau ne îdt pas très-i»apide , il 'fié put riétt saisir de tout ce qu'on lui jetta patdessus bord pour le sauver. Changea la direction du bâtiment , c'était mettre en dangei^tios mâts et nos voiles ; et notre petit bateau faisait tellement eau , qu'il eût enfoncé de suite. Nous fûmes donc obliges de rabandonnel^ à soû mal-^ heureux sort , le cœur navré de douleur ; une heure après nous entendions encore ses ctis.

Bien n'est plus affligeant que d'assister à Viti ac^ cident de cette nature : voir un malheureux lutter inutilement pour s'accrôeher à tout ce qtf on lui jette ^ pendant que le vaisseau le dépasse ; le voir se débattre , tantôt caché par la vague , tantôt surgissant au-dessus , et ne pou-

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voir lui donner le moindre secours ^ tandis ^pie ses cris , emportés par le vent , tour-à-tour se raniment ou s'affiiiblissent , c^est une suite de sensations déchirantes^ qu'il est impossiUe de décrire « Dans les circonstances actuelles^ cet homme, le meilleur de nos noirs , est pour nous une grande perte.

Mardi^ 1 5 mars, — Ce matin , une épaisse brame nou§ empêchait de voir la terre, dont cependant nous nous savions très-près. Le vent nous manqua toute la journée ; et , jetant la sonde , nous nous aperçûmes , à l'élévation progressive du fond, que nous dérivions rapidement vers le rivage. A cinq heures du soir , le vaisseau n'était plus qu'à un quart de mille de fa terre , où nous apercevions trois grandes montagnes en forme de pain de sucre, et qui semblaient; tout près de nous. La direction des bouées , et autres choses légères, que nous jetâmes à l'eau, ne nous permit pas de douter que nous portions sur des récifs , contre lesquels notil entendions mstinctement la mer se briser. Un naufrage semblait inévitable : nous fîmes une tentative pour metrtre la grande chaloupe en mer, comme dernier espoir de salut : mais nous ne pûmes réunie assez de forces pour la soulever. Â ce moment critique ,^ine brise qui souffla de terre vintnou$

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aiTacher à la mort, et nous permit de go^ver*^ ner le bâtiment.

Mercredi y i6 mars. — Le vent nous ayant favorises , à deux heures après midi nous avons jeté l'ancre dans le port de Rio-Janeiro.

Jeudi^ I fmars. — Ce matin, nous semm^ allés présenter nos respects à Famiral Baker, eom* mandant en chef de la station de l'Âmér^ue méridionale ; nous lui avons exposé notre situation et notre impatience de retourner en Angleterre. L'amiral nous a reçus avec la bienveillance et la cordialité qui caractérisent les. marins anglais ; il nous invita à dîner 'avec lui et ses officiers , et nous fit donner un passage sur le yp^iUiam ffarris^ transport du gouvernement, qui dpit mettre à la voile dans un ou deux jours.

Dimanche , 20 mars. — Nous sommes partis cette après-midi. A peine hors du port , le vent noms a manqué^ et nous avons eu un calme plat près de l'une des îles. Le courant nous por^^ tant vers la terre , on fut obligé de jeter l'ancre et de rester en panne pendant la première partie de la nuit. Vers une heurq un vent violent s'éleva tout^à-coup , et rendit impossible de tenir sur Tancre. Onfitdoncj sans perdre dé temps, toutes les dispositions pour gagner le large, U

dda AtlRIVÉB BM AMOIiB'TERRE.

leftt été trop knkg dô l^ter V^nct^ : le temps indispensable pour cefte opération aurait iniâ le navire en danger , ei , ponr rempécket* de dériirer au rirage , il fallut eo«qiei« le câble ; ee qui nous fit perdre l'ancre et entriron quaitiuté'cinq brasser de corde. Nous mîmes lie Mite les voiles dehors , maig ce ne fat pas ^ns peine que nous dépassâmes les terres sous 1er vetit«

Jeudi j ^ jutn . «^ Arrivés à Por tdsmottth après un ennuyeux voyage , nous avovis di^barqué gai^ ment, le cœur plein de t^contiaissanoe d'avoir échappé h tant de daugers divers.

Vendredi^ lo juin. •-*- J'ai laissé mon frère à Pm^tsmouth , et suis arrîvé ce matin à Londm par le oaurrier : j'ai remis à lord Goderich , secrétaire d'état au di^partement des colonies , la relation de notre découverte.

Norfi ôE i*ÉttrrËUR. — Le Icctem' se sera ^fls doute étonné de l'insouciance que témoigna le commandant du brick te Tkômds , relatîvemeût aux engagemens contractés par Richard Lander, et à la promesse qu'avait faite ce dernier âu roi Boy , de lui payer rançon ^ quand ce n^rc fe tira des mains des habitans dïboe. Cette €dfl* duite, qu'on ne peut expliquer qu'en Patin-

NOTB DE l'éditeur.- 383

buant à la détermination de Lake de ne pas se ' dessaisir des armes du bâtiment , malgré la certitude que tout ce qui aurait été donné serait fidèlement restitué au cap Coast, était de nature j à compromettre et à faire révoquer en doute

la bonne foi du gouvernement britannique , et I eût certainement produit un très-mauvais effet ,

si, aussitôt l'arrivée de MMé Lander, des ordres , n'eussent été immédiatement expédiés au cap

j Coast pour solder sans délai les sommes con-

, venues, et dont la demande était juste et mo-

tivée.

APPENDICE-

Traduction d^une lettre du sultan de Yaourie^ en Afrique, à Sa Majesté ' Britannique , apportée en Angleterre par Richard Lander et son frire, en juin i83i.

« Louange soîtâ Bieut ^ ^lut et bénécUction.à celui (le Prûpbète) auquel n'asuceédé auçui^ autre Prophète I

<f A notre ami, en Dieu et en son Apôtre ( Mahomet ), le prince des Chrétiens anglais , salut ! Que la miséricorde et les bénédictions de Dieu soient avec vous , selon le tabu de votre ami , le sultan de Yaourie , dont le nom .est Moham*-' med Ebsheer. Honneur vous soit rendu , (et) que Dien vous envoie d'heureux matins et d'heureux joirs, ^yecw^ lutations réitérées ( de nous ). > . .. : , .

«( Après notre salut , vous recevrez {en pvéstnt} quelque^ plume» d'autruche (que nous avons en notre !p»^a) fit la, grâce et de la bonté de Dieu. Et nous, ainsi >qiie vous , re^* mercions Dieu (de ce qu'il a donné). Salut soit aux gens à Yos gages (votre suite ), et la paix soit avec ceux qui louenV Dieu. n (Signée :) DV l^KlffCE Ë^E-YAontMé p^

OBSERYATION DU TAADlIÇTEU|l.r

L'original est ce que j'ai vu de pluà défectueux en lettres africaines, comme grammaire et comme atyle. Sa Majesté deTaourie semble en grande disette de mota pour se rendra intelligible.

Les roots entre parenthèses ne sont pas dans l'original.

A.-V. SAl^AUti.

Apruoncf.

Londres, i*' janvier tSJo.

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