‹ Journal de Clément de Fauquembergue, greffier du Parlement de Paris, 1417-1435. Texte complet publié pour la Société de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 5 sur 56 · Il s’agit de l'ordonnance du 26 juin 1421, qui régla à la · texte numérisé non relu

Il s’agit de l'ordonnance du 26 juin 1421, qui régla à la

Ce jour, ont esté publiées en la Court de ceans les lettres passées par le Roy en son Grant Conseil sur le nouvel cours des monnoies, et ont esté publiées en la grant sale à la fenestre, et ont esté portées ou Chastellet pour estre semblablement publiées.

Matinées, XI (X'*4793), fol. 82 v°.

Venredi, üij° jour de jullet.

Ce jour, le roy d'Angleterre, regent et heritier du royaume de France, qui nouvellement estoit retourné d'Angleterre, où il avoit menée et laissée la royne d'Angleterre, sa femme, fille du roy de France, vint de Gisors au giste en la ville de Paris, acompaignié de petit nombre d’archiers et gens d'armes‘. Et disoit on que il faisoit passer son ost et autres gens d’armes en grant nombre à Mante et à Meurlenc, en la compaignie d’un sien frere et du roy d’Escoce, en intencion de faire guerre aux gens du Dauphin de Viennois, qui tenoient, si comme on disoit, siege contre la ville de Chartres, lesquelz nouvellement par siege et puissance d'armes estoient entrez en la ville de Galardon?,

fois le cours des monnaies et le mode de payement des rentes et loyers (Arch. nat., Z1b58, fol. 163). Cf. le Journal d'un bourgeois de Paris, p. 154.

1. Le Journal d'un bourgeois de Paris (p. 154) mentionne une entrée du roi d'Angleterre à Paris à la date de la Saint- Martin, c'est-à-dire le jour (4 juillet) de la fête qualifiée « ordination et translation de saint Martin » dans les calendriers ecclésiastiques propres au diocèse de Paris, et il observe que ce fut « à belle compaignie ».

2. D'après la Chronique de Perceval de Cagny, éd. Moranvillé, p. 122, s’y trouvait « ung nommé Le Rousselet, avec d’autres capitaines bourguignons ». — « Le xxix° jour de juing, fut la place prinse d’assault et y furent plusieurs Bourguignons

20 JOURNAL [1421] et par traictié en la ville [de] Nogent-le-Roy:. Conseil, XIV (X!?1480), fol. 236.

Samedi, v° jour de jullet.

Ce jour, le roy d'Angleterre, acompaignié des chevaliers du Conseil du Roy, des prevosts de Paris et des marchans, et d’aucuns segneurs et gens anglois en petit nombre, vint en l’eglise Nostre-Dame de Paris?.

Conseil, XIV (X!* 1480), fol. 236.

Mardi, vij* jour de jullet, le roy d'Angleterre parti de la ville de Paris, acompaignié de grant nombre de gens d'armes, et ala au giste à Pontoise en intencion de assembler ses gens d'armes et capitaines pour aler combatre le Dauphin ct ses gens, qui estoient assez près de la ville de Chartres, si comme on disoit.

prins et mors, et la ville pillée ». Cette date est inexacte; la prise de Gallardon est du 25 juin (cf. de Beaucourt, Histoire de Charles VII, t. 1, p. 227, 228, et Cagny, éd. Moranvillé, note 3 de la p. 122).

1. La prise de Nogent-le-Roi est du 20 juillet (de Beaucourt, Histoire de Charles VII, p. 227). — Ce paragraphe a été reproduit par D. Félibien, Histoire de la ville de Paris, pièces justificatives, t. IV, p. 586).

2. La seule allusion à une visite du roi d'Angleterre à Notre- Dame, qui soit faite par les registres capitulaires, se trouve à la date du vendredi 11 juillet; le roi d'Angleterre, paraît-il, fit une offrande de deux nobles, lorsqu'on lui montra les reliques. Le chapitre décida que cette somme serait remise à Guillaume Grantsire et consacrée à l'achat d’aubes pour les enfants de chœur, qui en avaient grand besoin (Arch. nat., LL 112, fol. 232). L'extrait du registre du Conseil concernant cette visite à Notre-Dame se trouve dans D. Félibien, Histoire de la ville de Paris, pièces justificatives, t. IV, p. 586.

Ce jour, le roy et la royne de France partirent de Paris et alerent logier ou chastel du Bois de Vinciennes, en intencion, si comme on disoit, de y demourer jusques au retour dudit roy d'Angleterre, aut alias quousque, etc.f.

Conseil, XIV (X'* 1480), fol. 236 v°.

Mecredi, xxx° jour de jullet.

Ce jour, par l’ordonnance de la Court vindrent au Conseil en la Chambre de Parlement maistres Pierre de Marigny, maistre des Requestes de l’Ostel du Roy, commis à la garde de la prevosté de Paris, Germain Rapine, son lieutenant, G. Drouart, H. Rapiout, advocas du Roy ou Chastellet, le procureur du Roy et autres examinateurs et officiers du Roy oudit Chastellet, et aussi le procureur general du Roy, et maistre Nicolas Raulin, commis à l'office d’advocat du Roy oudit Parlement, pour deliberer et pourveoir sur aucunes exactions que faisoient les advocas dudit Chastellet, c’est assavoir, de quatre solz parisis pour plaidier à leur audience. Et furent quasi tous les assistens dessus nommez d'opinion qu'il estoit expedient de pourveoir et remedier à ce, telement que desormais riens ne soit exiglé ne palé pour lesdictes audiences, et fu lors conclu que on verroit à ceste fin les ordonnances dudit Chastellet pour y adjouster ou de nouvel ordonner sur ce ainsi qu’il appartendra?.

Conseil, XIV (X!* 1480), fol. 238.

1. Ce double paragraphe a été reproduit par D. Félibien, Histoire de la ville de Paris, pièces justificatives, t. IV, p. 586. 2. Ce paragraphe a été reproduit partiellement par D. Féli-

Jeudi, derrenier jour de jullet.

Ce jour, la Court a ordonné que maistre Jehan Alardot, chanoine de Saint-Honnouré, soit examiné par ung examinateur de Chastellct à l’instance des religieux, abbé et couvent de Saint-Denis en la cause pendant ceans entre lesdiz religieux, d’une part, et maistre Estienne Martin, d'autre part, pour ce que les commissaires de la Court, commis à faire l’enqueste en ladicte cause, se sont excusez d’aler examiner ledit tesmoing, que on disoit estre malade et epidimiéf.

Matinées, XI (X'*4793), fol. 96 v°.

Venredi, premier jour d’aoust.

Ce jour, du consentement de l’evesque de Beauvès? et des heritiers de feu messire Bernard de Chevenon, maistre Henry Roussel, advocat en Parlement, a esté surrogué avec maistre Pierre de Marigny au fait de l’'execucion du testament dudit feu de Chevenon?, jadis evesque de Beauvès, et a fait le serement acoustumé.

Lundi, inj° jour d’aoust, avant les plaidoieries,

bien, Histoire de la ville de Paris, pièces justificatives, t. IV, p. 586.

1. Le Journal d'un bourgeois de Paris, p. 154, signale, en effet, une grande mortalité. « Et », dit-il, « tous mouroient de chaleur qui ou chief les prenoit, puis la fievre. »

2. Pierre Cauchon, qui occupa le siège épiscopal de Beauvais de 1420 à 1431.

3. Le testament de Bernard de Chevenon, en date du 6 février 1420, se trouve transcrit dans le volume 1162 de la collection Moreau, fol. 387 v°.

l’evesque de Beauvais vint en la Chambre de Parlement, et, pour contemplacion de la Court, qui lui avoit recommendé maistre H. de Dicy, conseillier de ceans, donna et fist collacion audit maistre H. de Dicy de la prebende de Beauvais, lors vacant, ainsi qu’il disoit ; laquelle prebende ledit evesque avoit, vii] jours par avant, offert, proprio motu, de le donner à maistre Guillaume Cotin, conseillier du Roy, pour contemplacion de ladite Court et pour les merites de sa personne. Et sursey ledit evesque par l’espace de viij jours ou environ d'en faire collacion audit de Dicy, pour ce qu’il s’atendoit que ledit Cotin deust accepter ladicte prebende qui lui avoit esté offerte et presentée par ledit evesque par pluiseurs fois; laquelle prebende ledit Cotin ne voult lors accepter pour entretenir l’amitié qu’il avoit audit maistre H. de Dicy, qui avoit esté premierement nommé et recommendé de par la Court audit evesque, et afin que on ne le peust noter, ne avoir sur lui aucune suspicion de vouloir entreprendre contre la disposicion et ordonnance de la Court, et pour autres certaines causes et consideracions notables qui ont meu ledit Cotin à surseoir de l’acceptacion d’icelle prebende, que ledit evesque, proprio motu, lui vouloit donner et conferer, ainsi comme je le sçay certainement.

Mecredi, xxvij° Jour d’aoust.

Ce jour, survindrent en la Chambre de Parlement messire Pierre de Fontenay, chevalier, et autres du Conseil du duc de Bourgongne, de la duchesse sa mere, qui firent faire par la bouche de maistre Nico-

las Rolin certaines requestes pour l’expedicion et jugement d’aucuns procès criminels, etc., ut 1n registro de L'Espine.

Samedi, xxx° jour d’aoust.

Ce jour, à la requeste de l’Université, du recteur et deputez d’icelle, la Court octroia à Jehan Courtecuisse!, esleu confermé evesque de Paris, lettres recommendatoires adreçans au roy d'Angleterre, heritier et regent de France*.

Lundi, premier jour de septembre, la Court se leva et parti entre vij et vi] heures du Palais pour aler à l’eglise Nostre-Dame, où estoient, ce Jour, les processions generales assemblées pour prier Dieu pour le salut et prosperité du Roy et de ce royaume, etc.

Ce jour, vindrent nouvelles, qui furent publiées ou sermon desdictes processions, comment le duc de Bourgongne avoit levé le siege qu'il tenoit devant la ville de Saint-Riquier pour aler combatre ses ennemis qui venoient contre lui, ausquelz il estoit venu au devant, et les avoit desconfiz et vaincuz en bataille assez prez de la ville de Saint-Wallery, le samedi precedent, xxx° jour d’aoust.

1. Jean Courtecuisse, docteur en théologie, aumônier du Roi de 1409 à 1421, avait été institué évêque de Paris le 27 décembre 1420, malgré la vive opposition faite par les rois de France et d'Angleterre et le duc de Bourgogne (cf. le Journal d'un bourgeois de Paris, p. 147, note 3).

2. Ce paragraphe se trouve imprimé dans D. Félibien, Histoire de la ville de Paris, pièces justificatives, t. IV, p. 586.

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