Suivent les noms de trente et un conseillers
justice, et au contraire les perilz, les inconveniens et les maulz qui adviennent par injustice ou par faulte de justice.
Item, l’estat des conseilliers, qui sont gens de grant science et experience, etc., qui sont continuelment occupez ou fait de la Court à tres grant et continuel labeur, à tres petis gaiges qui ne montent que à dix solz chascun jour pour les conseilliers lais, et v solz pour les clers.
Item, que pour ces consideracions, de tout temps on a acoustumé aprez la despense des hostelz du Roy, de la Royne et des enfans du Roy, de mettre lesdis presidens et conseilliers en l’estat des finances pour estre premiers paiez devant tous autres et toutes neccessités.
Item, et especialment pourront remonstrer comment le feu roy Henry, cui Dieu pardoint, estoit soingneux de leur paiement.
Item, que depuis deux ans en ça ou environ leur sont deubz presque tous les arrerages de leurs diz gaiges, dont 1lz n'ont eu aucun paiement, et de leurs heritages, en quoy 1lz ont moult despendu, et n’ont riens ou tres pou recueilly es mains que la despense des labeurs, et leur a convenu vivre en grant chierté, et soustenir leur estat à l’onneur du Roy et de la Court, aux ungs par emprumpt et engaigemens, aux autres par vendre rente sur eulz, aux autres par distraction de leurs meubles, et tellement que plus n’ont de quoy aler avant.
Item, qu'ilz ont fait continuelment diligence pour estre paiez de leursdiz gaiges par avant la venue du Roy, et depuis, après sa venue, ont envoié à Rouen
maistres Guillaume Le Duc et Jehan de Longueil, le jeune, ses conseilliers en ycelle Court, pour avoir paiement de leurs diz gaiges, mais aucun paiement ne leur en a esté fait. Et, neantmoins, ont tousjours enduré et continué la Court aussi diligemment que onques mais, pour l’entretenement de la seignorie du Roy et de la ville de Paris, esperans que en la venue du Roy leur feust pourveu.
Item, que de tout temps le Parlement commence chascun an ou mois de novembre et a acoustumé de finer en septembre. Depuis laquelle fin jusques au commencement les presidens ont acoustumé de pourveoir et entendre aux cas qui surviennent, et les conseilliers avoient acoustumé es temps passez de vaquer et entendre aux commissions et enquestes touchans les procès pendans en ycelle Court, en quoy ilz prouffitoient, dont de present et passé a long temps n'ont peu ne ozé soy entremettre.
Item, que pour ces causes et par tres grant et urgent neccessité, tous les presidens et autres conseilliers dessus nommez des trois Chambres dudit Parlement se sont assemblez pour adviser et deliberer sur le fait de leur dit paiement, et après pluiseurs advis, pour la grant neccessité et indigence en quoy ilz sont, ilz ont tous ensemble concordablement deliberé et conclud d’envoier par devers le Roy maistres Jaques Branlart, president en la Chambre des Enquestes, et Hugues Le Coq, conseilliers du Roy;
Pour requerir et supplier, cum reverencia et humilitate qua decet, qu'il plaise au Roy de les faire paier de ce qui leur est deu, et desormais que pour le paiement de leurs gaiges ou temps à venir, 1lz soient mis
en l’estat des finances, et paiez en l’ordre et en la maniere acoustumée d’ancienneté, comme dit est.
Item, et se lesdiz Branlart et Le Coq, en communicant de ceste matiere avec les gens du Roy, apperçoivent que pour les grans affaires du Roy, ilz ne puissent obtenir entier paiement de tout ce qui leur est deu, ilz diront que, ou cas que dedens le jour de Toussains on leur fera paiement des arrerages de leursdiz gaiges d'un an, et du residu de ce qui leur est deu ilz aient bonne seurté d’estre paiez dedens Pasques prochainement venant, 1lz recommenceront ledit Parlement et le continueront au mieulx qu’ilz pourront à l’onneur du Roy et de ladicte Court.
Item, et ou cas qu’ilz ne pourront obtenir paiement des arrerages de leursdiz gaiges d’un an dedens la Toussains et seurté d’estre paiez du residu d’iceulz arrerages dedens Pasques prochainement venant, ilz diront que ce n’est mie en ce cas l’intencion desdiz presidens et conseilliers de recommencier ledit Parlement, et ne le recommenceront point ; et supplieront au Roy, aux segneurs et gens de son Conseil que en ce les veullent tenir pour excusez, car ilz ne le pourroient faire au bien et à l’onneur du Roy et de sadicte Court.
Conseil, XV (X!* 1481), fol. 34 r°.
Samedi, vij’ jour d'octobre, retourna de Rouen à Paris messire Loys de Lucembourg, evesque de Theroenne, chancelier de France, acompaignié des gens d'armes.
Et le lundi ensuivant, ix° jour dudit mois d’octobre, partirent de Paris pour aler à Rouen devers le Roy, les dessus nommez ambassadeurs, c’est assavoir,
maistres Jaques Branlart et Hugues Le Coq pour la cause dessus declairée.
Lundi, ix° jour d'octobre, après la recouvrance et demolicion de la ville et forteresse de la Queue-en- Brie, retourna et entra à Paris le conte de Stafford à grant compagnie de gens d'armes de la nacion d'Angleterre.
Mardi, x° jour d’octobre, Jehan Le Baveux, escuier, fu receu à l'office de bailh de Chartres, et fist le serement acoustumé par devant les presidens et conseilliers de ceans estans en la Chambre de Parlement.
Ce Jour, furent leues en ladicte Chambre les lettres du don fait par le Roy au duc de Bedford, son frere, de la duchié d’Anjou, de la conté du Mayne et de la viconté de Beaumont-le-Rogier?, et les lettres ou contrelettres d’icellui duc de Bedford sur le rachat ou recompense desdictes segnories à lui données, selon la forme et teneur desdictes lettres.
Conseil, XV (X!* 1481), fol. 34 v°.
des trois Chambres de Parlement, après le retour de maistres Jaques Branlart, president es Enquestes, et Hugues Le Coq, conseilliers du Roy, et après leur
1. Monstrelet, dans sa Chronique (éd. Douët d'Arcq, t. IV, p. 405), mentionne en effet la prise de la Queue-en-Brie par le comte de Stafford, qui fit pendre quatre-vingts des gens de guerre qui formaient la garnison de Grand-Puits, de Rampillon et de la « forte tour de Bus ».
2. Les lettres patentes de Henri VI portant don à Jean, duc de Bedford, des duché d'Anjou, comté du Maine et
rapport fait de leur voiage de Rouen pour la cause cy dessus declairée ou registre du üj° et du vij° jours d'octobre, furent assemblez au Conseil pour faire lecture des lettres closes du Roy, faisans mencion du paiement des gaiges desdictés gens et officiers dudit Parlement, adreçans aux presidens et conseilliers d’icellui Parlement, desquelles la teneur s’ensuit :
Très chiers et feaulz conseilliers. Par noz amez et feaulz conseilliers en nostre Court de Parlement à Paris, maistres Jaques Branlart et Hugues Le Coq, avons bien entendu l’estat et indigence où vous estes par faulte du paiement de vos gaiges, deubz de deux ans a ou environ jusques à present, à cause des services continuelz par vous fais en nostredicte Court, de laquelle reste avons esté bien esmerveilliez, consideré que entre noz autres officiers ne devez estre des derreniers paiez. Et pour ce que de present noz affaires sont si grans et urgens que bonnement ne pourrions, si hastivement que le requerez et que nous mesmes le desirons, pourveoir du tout à vostre fait, comme nous esperons certainement que le saurez bien considerer, après ce que aurez oy nosdiz conseilliers Branlart et Le Coq, lesquelz avons chargié de le vous remonstrer de par nous, nous vous prions et requerons très affectueusement que tousjours veulliez continuer en vos bons et loyaulz services, qui tant sont neccessaires pour l’entretene-
vicomté de Beaumont, sont du 8 septembre 1430; elles furent enregistrées au Parlement de Paris, le 12 octobre suivant; quant à la promesse du duc de Bedford de restituer au roi de France et d'Angleterre les duché et comté qui lui avaient été donnés par les lettres précédentes, jusqu’à concurrence d'une valeur de 30,000 livres de rente annuelle, elle est du 9 septembre 1430 et fut enregistrée le 13 octobre suivant (Arch. nat., X'*8605, fol. 15 v°, 16 v°).
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ment de la chose publique de nostredit royaume de France. Et au plaisir de nostre benoit Createur, noz finances que nous avons envoyé ja pieça querir en nostre royaume d'Angleterre venues, lesquelles attendons de jour en jour, ordenerons en telle maniere de vostre dit fait dedens le jour de saint Martin prochain, que vous en devrez estre contenz par raison, ainsi que de ce vous informeront plus à plain lesdis Branlart et Le Coq, ausquelz voulons que en ce qu'ilz vous en diront de par nous ceste fois, adjoustiez foy et creance. Donné en nostre ville de Rouen, soubz nostre signet, le xx° jour d'octobre. Signé : CaLor.
Le vj° jour de novembre, en la Chambre de Parlement, presens et assemblez les presidens et conseilliers d’icellui Parlement, furent leues les lettres closes adreçans ausdis presidens et conseilliers de par maistres Andry Marguerie et Guillaume Le Duc, conseilliers du Roy oudit Parlement, desquelles lettres la teneur s'ensuit :
Noz très honnorez et doubtez segneurs. Après toute humble recommendacion, plaise vous savoir que depuis ij ou ilj jours en ça, nous avons receu vos lettres à nous adreçans, données le xxiij° jour d'octobre, faisans mencion du paiement de voz gages, lesquelz nous voulsissons ramentevoir ou soliciter où il appartendroit, afin que la besoingne print tel effect et conclusion, comme escript et rapporté vous avoit esté par messeigneurs par vous envoiez par deca pour la cause dessusdicte. Et pour ce, nous, desirans de tous noz povoirs acomplir voz bons commandemens et plaisirs, ainsi que tenuz y sommes, avons parlé de ladicte matiere à pluiseurs de messeigneurs du Conseil du Roy par deça, en les priant et requerant qu'ilz voulsissent entretenir la promesse par eulz sur ce faicte et avoir en memoire ce que par messeigneurs par vous envoiez leur
avoient exposé de bouche et baillié par escript par deca. Et finablement, ce jour duy matin, monseigneur le cardinal, en la presence de monseigneur de Beauvais qui lui dit que sur ce mesdis segneurs pareillement lui aviez rescript, nous a fait response que on avoit bien en memoire ladicte besoingne, et que se n’eust esté l’empeschement du vent qui depuis assez longtemps en ça n’avoit pas esté bien propice pour passer d'Angleterre par deça, la chose fust bien abregée, mais que, ceste journée, ledit vent estoit très bon et propice, et avoit esperance d’avoir très bien si bonnes nouvelles du passage, que ce qui avoit esté promis seroit, au plaisir de Dieu, entretenu tellement que vous en seriez très bien contenz, en desmonstrant avoir à ce très bonne affection et volenté. Et au surplus continuerons à soliciter ladicte besoingne et y faire toute diligence à nous possible et comme vouldrions faire pour nostre propre fait. Nos très honnourez et doubtez scgneurs, s’aucune chose vous plaist à mander ou rescripre par decça, nous sommes prestz de nous y emploier de tous noz povoirs; ce scet Nostre-Seigneur, qui par sa grace vous doint bonne vie et longue. Escript à Rouen, ce ïij° jour de novembre. Ainsi subscriptes : « Vos humbles serviteurs, A. Marguerie et G. Le Duc, conseilliers du Roy nostre sire. »
Conseil, XV (X'2 1481), fol. 35 r°.
Per quem reges regnant et Juris conditores justa decernunt, invocato nomine, incipit registrum Consiliorum causarum civilium Parlamenti, incepti nona die mensis decembris, anno millesimo quadringentesimo tricesimo ab Incarnacione Domini, et anno xv° quo
1. En marge, à la hauteur du texte qui parle du vent plus ou moins propice qui tantôt empêchait, tantôt favorisait la traversée d'Angleterre en France, le greffier a inséré un croquis à la plume représentant un soufflet et le vent qui s’en échappe.
ego, Clemens de Fauquembergue, in utroque jure licenciatus, ecclesie Ambianensis decanus, Regis prothonotarius, dicti Parlamenti grapherius, hujusmodi officium exercui, intermisso jus dicentis officio, juxta illud Virgilu : Malui et mutas agitare inglorius artes.
Seneca.
Regem salvum in aperto clemencia prestabit quis huic audeat struere aliquod periculum, sub quo justicia, pax, pudicicia, securitas, dignitas florent. Sub eo opulenta civitas omnium bonorum copia habundat, unum est inexpugnabile munimentum, amor civium. Quid pulcrius est quäm vivere optantibus cunctis.
Samedi, ix° jour de decembre, l’an dessus dit, messire Loys de Lucembourg, evesque de Theroenne, chancelier de France, tint le Parlement, presens les evesques de Noion, de Paris, l’abbé de Saint-Denis, les maistres des Requestes de l’Ostel et pluiseurs autres. Et furent leues les ordonnances et fais les seremens en la maniere acoustumée.
Ce jour, la Court ordena que, jeudi prochain ensuivant, commenceront les plaidoieries des causes des bailliages de Vermendois et d'Amiens, et que on recevroit les presentacions des parties es causes d’iceulz bailliages jusques à de lundi prochain en viij jours ensuivans.
Conseil, XV (X'*1481), fol. 37 r° bis.
Nogent-le-Rotrou, imprimerie DAUPBLEY-GOUVERNEUR.
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