‹ Journal de Jean de Roye: connu sous le nom de Chronique scandaleuse, 1460-1483 (volume 2)Chapitre 113 sur 166 · Interpolations et variantes, § LXXIX · texte numérisé non relu

Interpolations et variantes, § LXXIX

en telle façon que> sans y povoir remédier, tout fut bruslé et ars 4 .

Et, ce mesmes jour, le roy ot certaines nouvelles que lui fist asavoir monseigneur de Malicome, serviteur et bien fort aymé de mondit seigneur de Guienne, que sondit seigneur et maistre estoit aie de vie à trèspas en la ville de Bordeaulx 2 .

En icellui moys, monseigneur de Graon, maistre Pierre d'Oriole, gênerai des finances, maistre Olivier Le Roux, conseiller et maistre des comptes, et autres ambasseurs du roy, par lui envoiez pardevers ledit duc de Bourgongne, retournèrent devers le roy lui relater ce que fait avoient avec lui et de la tresve qu'ilz avoient ainsi faicte, qui devoit durer jusques audit XV e jour de juing ensuivant. Durant laquelle trêve et nonobstant icelle, ledit de Bourgongne fist mettre ses

1. Interpolations et variantes, § LXXX. — C'est Antoine de Beaune qui paraît avoir dirigé et qui fut chargé de payer les constructions nouvelles élevées à Gléry (voy. la lettre de Louis XI à Bourré en date de Gléry, 7 octobre (1473), au ms. fr. 20493 de la Bibl. nat., fol. 9). Au mois d'août 1471, le roi commanda à un orfèvre parisien un tabernacle destiné à Notre-Dame de Gléry et le fit dorer à Tours (Bibl. nat., ms. fr. 6759, fol. 121 v°. Comptes sur parch.).

2. Interpolations et variantes, § LXXXI. — Jean Aubin, seigneur de Malicorne, fils de Gaucher Aubin, chevalier, maître d'hôtel du roi Charles VII, était au service de Charles de France dès 1465. Il devint son premier chambellan et fut l'un de ses exécuteurs testamentaires. Si Louis XI reçut effectivement le 14 la nouvelle de la mort de son frère (il l'annonça le 18 aux habitants de Bayonne), cette nouvelle était prématurée, car, ainsi que l'a démontré M. Vaesen, le duc de Guyenne, depuis longtemps fort malade, ne succomba que le 25 mai 1472 (Lettres de Louis II, IV, 325, n. 1). Le testament du duc est précisément daté du 14 mai (voy. Y Interpolation indiquée ci-dessus).

souverain seigneur, pour cuider «voir et prendre la fille dudit de Bourgongne, subject et vassal du roy 1 .

Et, par avant ces choses, ledit de Bourgongne avoit fait et fait faire moult de guerre ou royaume de France à la faveur de mondit seigneur de Guienne, feignant à ceste cause de lui donner et bailler sadicte fille, dont il ne fist riens, mais fist tout le contraire, en abusant iceulx seigneurs et plusieurs autres soubz umbre dudit mariage 2 .

Et, le jeudi xnn* jour dudit moys de may 1111 e LXXII, advint par maie fortune que tout le comble et feste de l'église Nostre-Dame de Clery près Orléans, que le roy avoit fait faire 8 et édifier de nouvel, et où il y avoit moult noble et belle couverture, tant de charpenterie de bois que d'ardoise et de plomb, fut toute arse et bruye et tout tumbé en bas et par terre, parceque ung plombeur, besongnant en icelle couverture, s'en dévala en bas et laissa le feu où il chaufoit les fers à soulder en icelle couverture sans aucune garde; et lequel feu le vent acueilli tellement qu'il s'envola et dispersa au long d'icelle charpenterie et couverture,

1. Nicolas, duc de Calabre et de Lorraine depuis la mort de son père (décembre 1470), conclut le 25 mai 1472, à Arras, un traité d'amitié et d'alliance avec le duc de Bourgogne, et le 13 juin suivant fut fiancé à sa fille. Cet accord fut annulé du consentement des deux parties le 5 novembre de la môme année (Lenglet, m, 189-195). Nicolas était le petit-fils et non le neveu du roi René.

2. Interpolations et variantes, § LXXVIII. — Dès le commencement du mois d'août 1471, Louis XI était informé que son frère avait envoyé à Rome l'évoque de Montauban afin d'obtenir du pape une dispense de parenté qui lui permit d'épouser Marie de Bourgogne (Lenglet, III, 160 et suiv. Cf. Vaesen, Lettres de Louis II, IV, Pièces justif., p. 352-360).

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