Gailly, auj. Seine -Inférieure, cant. de Glères
4. Jean Le Boursier, chevalier, seigneur d'Esternay, était fils d'Alexandre, receveur général des aides, et de Colette La Portière. Élu sur le fait des aides en Saintonge (1426), général des finances de Normandie (1450), il fut remplacé, à l'avènement de Louis XI, par Jean Arnoulfin. Charles de France lui avait confié les fonctions de général de ses finances.
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de la compaignie dudit graot maistre au Pont Saint- Pierre, qui est à quatre lieues de Rouen 1 , et avoit avecques lui ung Augustin. Lesquelz, après qu'ilz orent esté saisiz, furent cerchez par lesdiz gens de guerre, et trouvèrent sur eulx plusieurs bagues et or monnoyé content qu'ilz prindrent et saisirent.
Et après, mondit seigneur Charles, qui s'en estoit aie de Rouen à Louviers, cuidant y trouver mondit seigneur de Bourbon, qu'il n'y trouva point, s'en retourna audit lieu de Rouen 2 . Et, après son retour audit lieu de Rouen, ceulx de ladicte ville le receurent et le menèrent en l'ostel de leurdicte ville, où ilec l'espouserent à leur duc, et en ce faisant lui baillèrent ung anneau qu'ilz lui mirent ou doy, que à ce faire estoit ordonné ; lequel depuis mondit seigneur Charles porta, et promist lors ausdiz de Rouen de les entretenir et garder en leurs franchises et libertez, et leâr donna à ceste heure la moitié de tous les aides que par avant sa recepcion ilz avoient paiez 3 . Et, ces
1. Auj. dans le dép. de l'Eure, cant. de Fleur y-sur-Andelle.
2. Le duc de Bourbon avait envoyé de Dreux à Rouen un message au duc de Normandie pour l'aviser de la mission qu'il avait reçue d'aplanir aimablement toutes les difficultés qui pouvaient exister entre le roi et son frère, comme entre les ducs de Normandie et de Bretagne. En réponse, Gbarles de France fixa au duc de Bourbon un rendez- vous à Louviers; il attendit là vainement pendant deux jours son ancien allié, puis rentra à Rouen (Basin, II, 152 et suiv.).
3. C'est le 1 er décembre au matin que fut célébré à la cathédrale de Rouen le mystère de l'institution du duc de Normandie (Beaurepaire, Notes sur six voyages de Louis II à Rouen citées, p. 324). La messe fut dite par Louis de Harcourt, patriarche de Jérusalem. Après l'épître, le duc fit le serment accoutumé ; puis Thomas Basin, évêque de Lisieux, lui mit au doigt l'anneau et l'épousa au nom du duché. Le comte de Tancarville, con-
choses faictes, lui fut dit et remonstré par les gens d'église, les nobles, bourgois et populaire d'icelle ville, qu'ilz se rendoient et demouroient du tout ses vrais et loiaulx subgetz, tous bien délibérez de vivre et mourir pour lui et jusques au derrenier homme. Et puis lui firent lire ung article contenu en une cronique, qui estoit en l'ostel d'icelle ville publiquement devant tous, qui contenoit en effect que jadis y ot ung roy de France qui mourut, et après son trespas démolira deux filz, dont l'un par ainsnéesse succéda à la couronne et à l'autre fut baillé pour son appanage la duchié de Nôrmendie, que depuis ledit roy de France volt ravoir, et en print guerre contre son frère et ceulx de ladicte duchié, qui la tindrent bonne, et oultre pour leurdit duc guerrierent tellement ledit roy de France que par leur puissance d'armes ilz mirent en exil ledit roy de France et firent leurdit duc roy. Et, après ladicte lecture, lui dirent qu'il ne se soussiast de riens et que, de là en avant, ceulx de ladicte ville le fourniroient dedens icelle et dessus leurs murs d'engins et autres choses defensables et de tout ce que neccessité leur seroit d'avoir, tellement que aucun dommage ou esclandre ne leur en viendrait *.
nétable héréditaire, lui ceignit l'épée, et le comte de Harcourt, maréchal, présenta la bannière. — En 1469, lorsque la question de l'apanage de Charles de France fut réglée par l'abandon que Louis XI lui fit du duché de Guyenne, le comte de Saint-Poi fut envoyé à Rouen par le roi avec l'anneau ducal que Charles avait conservé jusque-là. Cet anneau fut solennellement brisé, et les fragments en furent rendus à l'émissaire du roi (Canel, art. cité, p. 33).
1. L' « article » dont il s'agit ne fut pas, semble-t-il, lu «publiquement devant tous, » mais le manuscrit de la chronique remis I 12
Et le lundi, penultime jour de décembre, oudit an, le roy, en retournant dudit bas pays de Normendie, vint au Pont Audemer et de là en la champaigne de Neufbourg 1 , et envoya mondit seigneur de Bourbon devant Louviers 2 . Et, le mercredi ensuivant, premier jour de janvier, ladicte ville de Louviers fut rendue à
au comte d'Harcourt fut porté au nouveau duc, qui en prit connaissance et le rendit le même jour aux échevins de Rouen (28 décembre 1465). Ce manuscrit existe encore ; de la bibliothèque des échevins il a passé, au xvn" siècle, dans celle de Colbert, et il porte actuellement le n° 2623 des mes. français à la Bibliothèque nationale. C'est un superbe volume in-folio, sur vélin, de 115 feuillets, exécuté au xv° siècle et décoré de belles miniatures et d'arabesques (voy. Notice sur l'ancienne bibliothèque des échevins de Rouen, par Gh. Richard, dans Mémoires de l'Académie de Rouen, 1845). Cette chronique normande s'arrête à la fin du xi e siècle. Les faits rapportés fort inexactement par la Chronique Scandaleuse sont relatés aux folios 19 à 27. Charles le Simple eut un fils, Louis IV d'Outremer, qui monta sur le trône de France après lui (936), et une fille, Gisèle, qui fut donnée en mariage au pirate Rollon , devenu chrétien et duc de Normandie (911). En 943, après la mort du duc Guillaume Longue-Épée, Louis d'Outremer tenta de reprendre le duché ; mais la résistance patriotique des Rouennais le contraignit à en investir le jeune Richard, fils de Guillaume. D'autres tentatives de conquête échouèrent également, et en 945 le roi Louis demeura quelque temps prisonnier à Rouen. Un traité intervint, dans lequel il fut stipulé que le duc de Normandie demeurerait paisible possesseur de son héritage et jouirait aussi de la seigneurie de Bretagne, « à tenir franchement et quittement. » (Nous devons ces indications à l'obligeance de M. F. Bouquet, vice-président de la Société d'histoire de Normandie.)
1. 26 décembre 1465. 'Voy. Canel, art. cité p. 124. — Pont- Audemer est auj. un chef-lieu d'arr. du dép. de l'Eure; le Neubourg un chef-lieu de cant. du même dép., dans le petit pays qu'on nomme encore la campagne du Neubourg, à quelques kilomètres au nord d'Évreux.