Jean Jouvenel des Ursins
3. La bataille fut livrée le 16 et non le 15 juillet 1465, mais notre auteur entend sans doute que ce mardi 15 juillet 1466 correspondait au mardi 16 juillet de Tannée précédente. — Ce n'est pas 21, mais 36 personnes, savoir 12 prélats et hommes d'église, 12 chevaliers et écuyers, et 12 notables hommes de conseil et de justice que Louis XI avait nommés pour aviser sur les • réparations, provisions et remèdes convenables au bien public du royaume » (voy. la liste dans Lenglet, II, 514 et suiv.).
emplirent les fossez des murs d'icelle. Et, à cause d'icelle destruction, devindrent les povres habitans d'icelle mendians, et aucunes jeunes femmes et filles habandonnées à tout vice et pechié pour avoir leur vie 4 • En ladicte année, es mois d'aoust et septembre, fut grande et merveilleuse chaleur, au moien de laquelle s'en ensuivy grande mortalité de pestilence et autres maladies, dont et de quoy il mourut, tant en la ville, villages voisins, prevosté et viconté de Paris, quarante mil créatures et mieulx, entre lesquelz y mourut maistre Arnoul, astrologien du roy, qui estoit fort plaisant homme 2 , plusieurs médecins et officiers du roy en ladicte ville de Paris. Et si grant nombre de créatures furent portées enterrer ou cymitiere des Sains-Innocens 3 , en ladicte ville de Paris, que, tant des mors en ladicte ville que de l'Ostel Dieu, tout y fut remply, et fut ordonné que de là en avant on porterait les mors ou cymitiere de la Trinité 4 , qui est et appartient à l'ostel de la ville de Paris. Et continua ladicte mort jusques en la fin de novembre, que, pour faire cesser et prier Dieu que ainsi il lui pleust de le faire, furent faictes de moult belles processions générales
1. Sur les horreurs du sac de Dinant, voir le dramatique récit de Michelet (Louis XI et Charles le Téméraire. Paris, 1857, in-8°, p. 200 et suiv.).
2. En 1466, Louis XI avait mandé à l'Université d'examiner certains livres traitant d'art magique composés par maître Arnould des Marets, astronome. L'Université ne trouva pas que ces ouvrages fussent c consonants à la doctrine chrétienne » et les condamna (Du Boulay, Hist. de V Université de Paris, V, 678).