C'est-à-dire décorés
2. « Oudit an LXVII fut la mortalité d'epedemie en plusieurs bonnes villes parmy le royaume de France, et morurent grant nombre de gens es bonnes villes et villages d'environ » (Chronique anonyme citée, ms. fr. 20354, fol. 183).
3. Louis, évéque de Liège, était fils de Charles I er , duc de Bourbonnais, et d'Agnès de Bourgogne, elle-même fille de Jean Sans- Peur et sœur de Philippe le Bon. L'évoque et le duc de Bourgogne Charles étaient par conséquent cousins germains.
4. Estevenot de Tallauresse, dit de Vignolles, écuyer, seigneur de Hautmont, conseiller et chambellan du roi et son sénéchal de Carcassonne et de Béziers (Bibl. nat., ms. fr. 26093, n° 953 et suiv., ad ann. 1470).
la gaigne que lesdiz Lîegeis avoient fait de ladicte ville de Huye, et qu'il* y avoient tué plusieurs Bourguignons , il assembla 4out son ost , en soy délibérant d'aler en armes sur les champs, en intencion de tout destraire et mettre à feu et à sang lesdiz Liegois. Et ainsi le fist crier et publier par tous ses pays ; et ceulx qui faisoîent lesdictes publications, en ioelles publiant, tenoient en une main une espée toute nue et en l'autre une torche alumée, qui signifioit guerre de feu et de sang 1 . *
Oudit temps, ou moys de septembre, le roy bailla ses lettres à ung légat 2 venu de Romme de par le pape pour la ronpture de la Pragmatique Sanxion ; lesquelles
1. La ville de Huy c se tenoit et s'estoit toujours tenue pour l'evesque contre la cité. » Averti du péril que Louis de Bourbon courait si Huy était pris par les Liégeois, le duc de Bourgogne envoya Pierre de Hénin, sire de Boussut, et d'autres seigneurs pour dégager la ville. Mais, un accord s'étant établi entre le menu peuple et les assaillants, Févéque épouvanté exigea du sire de Boussut qu'il l'aidât à s'enfuir à Bruxelles. L'évéque parti, Huy ouvrit ses portes aux Liégeois, qui s'y répandirent « comme enragés et visans à tout mettre à mort t (sept. 1467). Le duc Charles en fit c matte chère • et jura de se venger. Il publia son mandement par tous ses pays pour le 8 octobre (Ghasteilain, V, 315-337). Louis XI parut disposé un moment à assister les Liégeois et chargea d'une mission en ce sens l'évoque de Langres et le comte de Dammartin (fin juillet. Bibl. nat., ms. fr. 5040, fol. 21, orig.), mais il est fort improbable qu'il ait jamais nourri sérieusement le projet d'entrer en ligne (Ibid., fol. 19, et Lenglet, H, p. 621). Dans une lettre que les Liégeois lui adressèrent le 19 août, ils se plaignent de ce que leur évoque t poursuyt et porchace la destruction, dommaige, vitupère et désolation de ces cité et pays » (Ms. fr. 5040, fol. 18, orig.).
2. Ce légat se nommait Etienne Nardino, archevêque de Milan. Louis XI demanda pour lui le chapeau de cardinal (Lettre au duc de Milan, en date du Mans, 7 janv. (1468), dans Vaesen, III, 193),
lettres furent leues et publiées ou Chastellet de Paris sus y faire aucun contredit ou opposition.
Et, le premier jour d'octobre ensuivant, maistre Jehan Balue Ait et ala en la sale du Palais royal à Paris, la court de Parlement vacant, pour ilec aussi faire publier lesdictes lettres, où il trouva maistre Jehan de Saint-Rommain, procureur gênerai du roy nostre sire 1 , qui formellement s'opposa à l'effect et exécution desdictes lettres, dont ledit Balue fut fort desplaisant, et pour ceste cause fist audit de Saint- Rommain plusieurs menaces, en lui disant que le roy n'en seroit point content et qu'il le desappoincteroit de son office. De quoy ledit de Saint-Rommain ne tint pas grant compte, mais lui dist et respondi que le roy lui avoit donné et baillé ledit office, laquelle il tendroit et exercerait jusques au bon plaisir du roy, et que, quant son plaisir seroit de la lui oster, que faire le pourroit, mais qu'il estoit du tout délibéré et bien résolu de tout perdre avant que de faire chose qui feust contre son ame, ne dommage au royaume de France ne à la chose publique ; et dist audit Balue qu'il devoit
mais il changea d'avis relativement à ses mérites, car, le 13 mai suivant, il écrit derechef au duc de Milan que le légat « s'est montré parcial » eu faveur des ennemis du royaume (Ibid., 215).
i. Jean de Saint-Romain, licencié es lois, conseiller et procureur général du roi en sa cour de Parlement, prêta serment en cette qualité le 11 septembre 1461 (Vaesen, Lettres de Louis II, H, 121. Cf. Bibl. nat., Pièces orig., vol. 2776, doss. Saint-Romain, et ms. fr. 20692, n* 914, parch.). Saint-Romain tomba en défaveur et, au mépris des droits que lui donnaient ses longs services, fut remplacé dans son office de procureur du roi par Michel de Pons (Arch. nat., Xi* 1489, fol. 308 v«, à la date du 3 août 1481). Il avait épousé Thierrye Bureau (Vitu, la Chronique de Louis II, etc., p. 54).
avoir grant honte de poursuivre ladicte expédition.
En après, le recteur de l'Université de Paris et les suppos d'icelle alerent pardevers ledit légat, qui de lui appellerent, et de l'effet desdictes lettres au saint concile et partout ailleurs où ilz verraient estre à faire; et puis vindrent oudit Chastellet, où pareillement autant en firent et dirent, et firent ilec enregistrer leur opposition.
Oudit temps, le roy envoya pardevers ledit de Gharrolois lesdits légat et evesque d'Evreux, qui nouvellement avoit esté cardinal à Romme 1 , maistre Jehan de la Driesche, trésorier de France, et autres, pour faire de par lui aucunes choses dont il leur avoit donné charge.
Et, le jeudi vm 6 jour d'octobre, oudit an mil IIH C LXVII, ung nommé Sevestre Le Moyne, natif de la ville d'Aucerre, pour aucuns cas et delitz par lui commis et imposez, et qui par aucun temps avoit esté constitué et tenu prisonnier es prisons de Thiron, fut ledit jour tiré hors desdictes prisons et fut mené noyer en la rivière de Seine, près de la Granche aux Merciers, par la sentence et jugement de messire Tristan L'Ermite, prevost des mareschaulx de l'ostel du Roy f .
Et, le dimenche XI e jour dudit moys d'octobre, fut ung grant et merveilleux escler et tonnoirre, environ