Gonesse, auj. dép. de Seine-et-Oise, arr. de Pontoise
2. Louis XI arriva à Peronne le dimanche 9 octobre. On notera l'inexactitude, sans doute voulue, des premières relations de l'entrevue de Peronne qui circulèrent à Paris. Notre chroniqueur se montrera mieux informé dans la suite (voy. plus loin, à la date du mois d'avril 1469). La paix fut jurée entre le roi et le duc de
révérence comme bien tenu y estoit ; et puis parlèrent ensemble longuement et devindrent bien contens l'un de l'autre, quelque rumeur qu'il y eust eue auparavant, et tellement pacifièrent ensemble qu'ilz firent entr'eulx paix, et jura ledit monseigneur de Bourgongne que jamais ne ferait riens contre le roy et qu'il vouloit du tout vivre et mourir pour lui. En faisant laquelle paix le roy lui conferma le traictié d'Arras et autres choses, ainsi que depuis il le manda et fist assavoir aux nobles, gens d'église, à sa court de Parlement et autre populaire de sa ville de Paris, qui, pour cause de ce et par son ordonnance, firent processions générales, chantans aux églises Te Deum laudamus et autres belles louenges à Dieu, les feux fais parmy les rues et tables drecées, donnans à boire à tous venans ; et plusieurs autres grans joyes en furent faictes en ladicte ville de Paris x .
Et, en ces entrefaictes, vint nouvelles que les Liegois avoient prins et tué leur evesque et tous ses officiers 2 ; dont et de quoy le roy, ledit monseigneur de
Bourgogne le 14 octobre, vers dix heures du matin, après une nuit orageuse, pendant laquelle Charles le Hardi parut à plusieurs reprises sur le point de se défaire de son ennemi (voy. le célèbre récit de Gommynes, éd. Dupont, I, 158-176. Cf. ibid., m, 237; Lenglet, III, 22, et Vaesen, Lettres de Louis XI, III, 289).
1. A Amiens, comme à Paris, on chanta un Te Deum et on fit des réjouissances lorsqu'on apprit la conclusion de la paix, sans en connaître les circonstances, bien entendu. Maupoint, qui entre dans beaucoup plus de détails que Jean de Roye, ne dit pas que Louis XI ait été la victime d'une trahison (Journal, p. 107 et s.).
2. Les réfugiés liégeois certifiaient même qu'ils avaient vu des ambassadeurs du roi de France exciter les Liégeois rebelles. Le duc se mit en une grande colère, c disant que le roy estoit venu là pour le tromper... et le menassoit fort » (Gommynes, éd. Dupont, I, 162). Michelet soutient, avec le chroniqueur liégeois Adrien de
Bourgongne, monseigneur le duc de Bourbon et messeigneurs ses frères et autres furent moult desplaisans et marris ; et fut grans nouvelles que le roy et ledit seigneur de Bourgongne yroient en personnes pour punir et destruire lesdiz Liegois. Et après, vindrent autres nouvelles que ledit evesque n'estoit point mort ne prins, mais l'avoient iceulx Liegois contraint de chanter messe. Et depuis se tindrent iceulx Liegois bien contens de lui et se rendirent tous à lui comme à leur vray seigneur naturel, et eulx offrant à lui à tout son bon plaisir faire, cuidans à ceste cause appaiser tout le maltalent de auparavant.
En ce temps, le roy s'en ala à Nostre-Dame de Haulx en Alemaigne, où il ne séjourna gueres 4 . Aussi Philippe de Savoie et autres estans avecques lui firent leur paix au roy par le moien dudit seigneur de Bourgongne. Et, après que le roy ot fait son voyage et pèlerinage audit lieu de Nostre-Dame de Haulx, il s'en ala à Namur pardevers ledit seigneur de Bourgongne, où on lui fist délibérer d'aler avec ledit de Bourgongne devant la cité du Liège 2 , où ilz furent et demourerent
Vieux-Bois, que la nouvelle du soulèvement des Liégeois ne fut pas une surprise pour le duc de Bourgogne.
1. Ghastellain nomme plusieurs fois Notre-Dame de Haulx. C'est aujourd'hui Ha), petite ville du Hainaut, sur la Senne, à 17 kilomètres environ au sud de Bruxelles, avec une célèbre église dédiée à la Vierge. H y a une soixantaine de kilomètres de Namur à Hal. L'itinéraire de Charles le Hardi veut que les deux princes aient séjourné à Namur du 11 au 24 octobre 1468 (Lenglet, H, 192); c'est sans doute pendant ce temps que Louis XI fit son pèlerinage à Hal.