‹ Journal de Jean de Roye: connu sous le nom de Chronique scandaleuse, 1460-1483Chapitre 100 sur 151 · Guérin Le Groing · texte numérisé non relu

Guérin Le Groing

Guise de Noyon en hors, actendu qu'il est si aisé à Caire de Saint-Quentin, et pour peu de chose on mect la place et les gens en avanture de perdre. Et povez considérer que les canons ne peuvent servir audit Guise sans pouldre, sinon pour les perdre. Sy vous prie qu'il vous plaise envoyer en toute diligence de la pouldre, car, attendu le train des Bourguignons, ilz font acroire qu*ilz tyrent droit audit Guise. J'ay mandé à ceulx de Tartillerie qui sont à Noyon qu'ilz viennent içy, et vous recompenseray de laditte pouldre. Pareillement ay mandé à ceulx qui sont venuz qu'ilz viennent icy pour joindre avec moy, et tyrerons ensemble vers Saint-Quentin. « Mons. le grant maistre, je prie Nostre Seigneur qu'il soit garde de vous. Escript à Hem, ce xxvi® jour d'octobre.

« Monseigneur de Bourgoigne desloge et tire vers le Pont à Nouvient*, qui est le chemin à tyrer vers Guise ou vers Laon, et mect la rivière d'Oise entre vous etluy. La pouldre qu'il vous plaira délivrer, bailliés la au prevost, et il l'envoyra. Le conte de Saint-Pol, connestable de France. » Signé : « Yostre Loys. » Et au dos : € A Mons. le grant maistre. »

Et, deux jours après, ledit connestable eut nouvelles, et luy âst sçavoir Mons. de Moy que les Bourguignons estoient à trois lieues près de Guise : ce qu'il feist assavoir audit grant maistre adfin d'y envoyer des pouldres, ainssi que appert par ses lettres, dont la teneur s'ensuyt :

« Mons. le grant maistre, je me recommande à vous. Mons. de Moy m'a à ceste heure escript unes lettres, lesquelles je vous envoyé encloses en cestes, par lesquelles il m'escript comment les Bourguignons sont à trois lieues de Guise', et qu'ilz ont pou gens et pouldres, comme pourez veoir par icelles. Et pour tant je vous prie que en toute dilligence vous y en vueilliez envoyer, car se Guise se perdoit,

1. Auj. Pont-à-Bucy, dép. de l'Aisne, arr. de Laon, sur la rive gauche de la Serre, en face de Nouvion-FAbbesse, où le duc de Bourgogne campa effectivement le 26 oct. 1472 (Lenglet, U, 203).

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