‹ Journal de Jean de Roye: connu sous le nom de Chronique scandaleuse, 1460-1483Chapitre 111 sur 151 · Jean V, seigneur de Bueil, et son frère Louis · texte numérisé non relu

Jean V, seigneur de Bueil, et son frère Louis

se trouva en personne en laditte ville de Paris et place de Grève, en laquelle estoient ordonnés et Caictes lices convenables pour les parties pour &ire leurs armes à oultrance, echaffaulx pour ledit grant maistre et autres notables personnes, gens en armes commis et députés pour gardes, et autres choses neccessaires pour faire faiz d'armes. Et icelluy grant maistre venu en laditte place, environ l'eure de mydi, trouva joignant de l'entrée desdittes lisses, du costé dextre, ledit Boffille de Juge, deffendeur, armé de toutes pièces, une dague pendant à sa saincture, et tenant une hache d'armes entre ses mains, acompaigné de plusieurs officiers d'armes, de sa baniere, d'un herault portant sa cotte d'armes, et plusieurs chevaliers et escuiers de diverses nations, qui illec estoient venuz pour Tacompaigner. Auquel grant maistre, illec séant en son siège et représentant la personne du roy , ledit Boffille dist et exposa qu'il estoit illec venu et comparu armé de ses armes, prest d'entrer esdittes lisses pour deffendre sa juste querelle à rencontre dudit Julio de Pise, et monstrer et prouver de son corps que Caulsement et mauvaisement icelluy de Pise Tavoit accusé.

Et, après laditte heure de midi passée, ledit Julio de Pise fut deuement convoqué et appelle par le conunandement dudit grant maistre, par Normandie, roy d'armes des pays de Normandie, par trois diverses foys. Et pour ce qu'il ne vint ni comparut, et aussi que les excusations qu'il avoit envoyées de non y venir furent declairés inadmisibles et non recepvables, ledit Boffille demanda deffault. Et, après que icelluy Boffille eut attendu jusques après soleil couchant et que les estoilles apparissoient au ciel, sans soy despartir et estant tousjours en armes, ainsi que dict est, ledit grant maistre luy donna defifault à rencontre dudit Julio de Pise, et pour luy en adjuger tel prouffit que selon raison et le droit des armes luy en appartenoit, renvoya ladicte matere pardevant le roy pour en faire et ordonner ainsi que faire se devroit.

Et, le vnf jour de janvier ensuivant, le prouffit dudit

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de&ult fut par le rojr en son Orant Cona^» ouquel esUM^t plosieurs princes et seigneura da sang, prdatz, cbevalkn de Tordre et autres chevalierB, escuiers et gens de justice, adjugé audit BoffiUe, tel que fàolsement et mauTaisement ledit Julio de Pise aToit accusé et appelle à droict d'annes ledit BoflSlle de Juge [et] que icelluy BoflSlle s'en estent lojtulment acquitté et deffendu à son grant honneur. Et partant fut absoubz de ladicte accusation contre ledit Julio comme homme vaincu, reproché de honte et di£Eanié de son injuste querelle et deffaillant à son honneur ^

CXXXII. — (Qair. 481, fol. 424, 1. 6. Chran. scand., ci-dessus, p. 6.) — Nouvelles comme le duc de Bourgoigne recommença par sa grande follie à faire la guerre à tort et sans cause aux Suisses, ses bons prochains voysins, qui estoient ceulx dont il poToit avoir grant secours pour ke affaires de la guerre. . .

CXXXIII. —(Clair. 481, fol. 425, 1. 11. Chran. scand., ci-dessus, p. 8.) — Tourner en fuyte. Et estoit avec liiy ung fol que on nommoit le Glorieulx, qui luy diaoit en s'eDfuyant, pour ce qu'il avoit estimé Hanibal preudz et vaillant homme ; et ledit Glorieulx luy respondit : « Monsâgneor, nous sommes aujourduy bien haniballez...

CXXXIV. — (Clah-. 481, fol. 426, 1. 9. Chran. scand., ci-dessus, p. 10.) — Le duc de Nemours y pour ce qu'il avoit faulséson serment encontre le roy, car, combien qu'il eust promis et juré à Mons. le grant maistre, estant lieutenant du roy es pays d'Armignac, Rouergue, Languedoc et pays voysins, de bien et loyaulment servir le roy et luy estre bon et lojal sans luy faire aucune faulte ne à la couronne de France; mais non obstant, icelluy duc de Nemours n'avoit aucune chose tenu desdittes promesses, pour quoy le roy aïoit

i. Ainsi que l'a fait observer M. Perret, ce récit n'est que la reproduction des considérants des lettres délivrées par Louis XI en faveur de Boflile de Juge, en date du Plessis-du-Parc-lés-Tours, le 8 janvier 1475, v. st. (Boffile de Juge et la République de Venue. Toulouse, Privât, in-8«, p. 19).

envoyé ledit seigneur de Beaujeu avec grant quantité de gens de guerre assiéger icelluy duo de Nemours, qui lors estoit à Caria t^

CXXXV. — (Oair. 481, fol. 427,1. 17. Chron. scand., ci-dessus, p. 12.) — Par ses foies obstinations et qu'il estoit plus gamy de cueur que de sens.

CXXXVI. —(Clair. 481 , fol. 427, 1. 24. Chron. scand., ci-dessus, p. 13.) — Ville de Strabourg. Et ce qui le meult plus à ce Caire fut pour la trêve qu'il a voit avec le roy , espérant que par la fin d'icelle il tumberoit en queque bon appoinctement.

CXXXVn. — (Qair. 481, fol. 429, 1. 19. Chron. scand., ci-dessus, p. 15.) — Rencontre de Montlehery. Lequel seneschal fut celluy qui dist au roy, ainsi que aucuns veullent dire, quant le roy luy donna une belle petite haquenée, sur quoy il estoit monté : « Mons. le seneschal, que vous en semble, n'esse pas icy une belle haquenée et bonne? » Lequel respondit que oy^.

CXXXVIIL — (Qair. 481, fol. 430, 1. 25. Chron. scand., ci-dessus, p. 17.) — Où il avoit ainsi esté mur^ dry. Et disoit on qu'il Caisoit porter à ses gens le dueil habillez de verd.

CXXXIX. — (Qair. 481 , fol. 431 , 1. 21 . Chron. scand. , ci-dessus, p. 20.) — Qui se sauvèrent. Et entre autres y fut tuéung nommé Jaques du Matz, homme très hardi et vaillant gentilhomme, qui ne voulut onques tourner le dos à ses ennemys ne rebourser^. Et après son trespas, tous ses biens, qui n'estoient pas petis, furent envoyés à son fi:*ere Jehan de Matz, chambellan de Mons. de Beaujeu, conte de Clermont^.

i. Voy. Jacques d'Armagnac, etc., ouvr. cité, p. 74 et saiv.

2. La môme équivoque grivoise se retrouve dans la pièce gxli des Chansons du XV* siècle, publiées par G. Paris (Société des Anciens textes, 1875). Cf. aussi la pièce zcvm, vers 29.

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