‹ Journal de Jean de Roye: connu sous le nom de Chronique scandaleuse, 1460-1483Chapitre 14 sur 151 · Gfl Molinet, U, 20 et suiv · texte numérisé non relu

Gfl Molinet, U, 20 et suiv

4. Interpolations et variantes, § GXLVU. — Hesdin fut a reduicte au roy par la suasion du seigneur des Querdes, mais le chasteau se tint pour Madamoiselle et fut assiégé du costé devers la ville, et le fit battre trois ou quatre heures continuellement. > Raoul de Lannoy rendit la place à condition que la garnison pourrait se retirer corps et biens saufs (Ibid., 21 et suiv. Gf. Gommynes, éd. Dupont, n, 101 et sniv.).

1477] ' OU GHRONIQUS SOANDALBUSB. 47

L'an mil GCCGLXXVII, après ce que ledit lieu de Hedin ot esté ainsi prias que dit est, advint que aucuns habitans dudit Ârras, feignans vouloir aler devers le roy, obtindrent saufconduit de monseigneur l'admirai, qui le leur bailla ; mais pour ce qu'il lui sembloit qu'ilz avoient autre ymaginacion que d'aler devers le roy, les fîst suivre, et trouva on qu'ilz aloient en Flandres pardevers ladicte damoiselle de Bourgongne. Pour laquelle cause ilz furent prins et ramenez au roy audit Hedin; auxquelz fut fait leur procès et par icellui trouvé qu'ilz aloient oudit voyage en mauvaise inten* don ; pourquoy furent décapitez audit lieu de Hedin jusques au nombre de xvm^, entre lesquelz y estoit ung nommé maistre Oudart de Bussy, procureur gênerai de ladicte ville d'Arras et de la conté d'Artois, auquel fut le col coppé dedens ung cbapperon d'escarlate fourré de letisse^, et ladicte teste avecques ledit

1. Arrivés à flesdin, les malheureux envoyés d*Arras furent confortablement hébergés. Pendant le souper, ils furent un à un appelés hors de la salle et exécutés sur-le-champ, c Des douze en XDorut huyt; les autres escapperent, dont ils scevent bien pour combien » {Journal de D, Gérard Robert, dans Basin, III, 29). — Molinet dit que les gens d'Arras c ne se contentèrent pas § de Tappointement conclu avec le roi et envoyèrent à M^'« de Bourgogne dix-huit ou vingt notables pour savoir si cet appointement lui plaisait, a Aulcuns dirent qu'ilz avoient sauf conduict du roy, mais les François ne le voulurent congnoistre » (U, 23).

2. Laitice, fourrure blanche. — Oudart de Bussy ou de Bucy (voy. plus haut, t. I, p. 74), originaire de Paris, était richement marié à Arras. C'était un « homme fort entendu et de grande estime, » qui avait, « pour ce qu'il estoit fort subtil, i reçu de Louis XI Toffre d'une charge au Parlement de Paris, mais il l'avait refusée. Quand le roi fut de retour à Hesdin, les prisonniers étaient déjà morts et enterrés. Il fit déterrer la tête d'Oudart et lui infligea l'abominable traitement qui est raconté ici (Molinet, U, 23 et suiv.).

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diaperon mise et boutée au bout d'un chevroo, auquel fut fort doué ledit chaperoo afin qu'il ne feust embié ensemble ladicte teste. Et, contre ledit chevron y a voit ung escripteau où estoit escript^ : Cy est la teste maistre Oudart de Bussy^ conseiller du roy en sa court de Parlement à Paris. Et, après ladicte execudon faicte, le roy s*en ala à Nostre-Dame de Boulongne sur la mer^.

Et, pour raison des dessusdiz ainsi décapitez, le roy ot grande malvueillance contre ladicte ville et dedaira qu'elle seroit destruicte. Et, pour ce faire y envoya manouvricrs, gens de guerre, artillerie, vivres et autres choses^ et y fut mis le siège fort et aspre; et tira ladicte artillerie dedens ladicte ville d'Ârras, vers la fln du mois d*Avril qu'il retourna en ladicte cité d*Arras, où incontinent fist tirer sa dicte artillerie tant bombardes que autres, à cause de quoy toute ladicte ville fut fort fouidroiée, et abatu le bolevert que ceulx dudit Arras avoient fait contre ladicte cité, tellement qu*on veoit de ladicte cité parmy ledit bolevert tout au long de ladicte ville d' Arras, et tellement que après oas choses lesdiz habitans dudit Arras furent fort espoventcz et ouidoient bien mourir, et trouvèrent leur moien d^envoier devers le roy pour de lui obtenir sa bonne grâce et miséricorde, lequel la leur bailla et donna, combien qu*il Tavoit habandonnée aux nobles hommes et (Vans archers estans pour lui devant icelle, qui se tindrent à mal conlens de la composicion que leur a voit donnée le roy, veu sondit habandonnement

! . fntêrpolàtiom et mriafUes, § CXLVIII.

t. Of. Ikmntd, M. do 4826, i* X, p. 232 et suiv.

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