Ou de Guernelles, près la porte Saint-Honoré
lieu, la nuit ensuivant, furent prins et tirez dehors par l'ordonnance et commandement de messire Robert d'Estouteville, chevalier, prevost de Paris, et autres gens de conseil, pour ce que par information leur apparu dudit guet apensé et propos délibéré. De quoy lesdiz Gelestins appellerent, et par la court de Parlement fut l'appel widié et dit qu'ilz^ ne joyroient point de l'immunité de l'église. Et après, comme clers furent requis par l'evesque de Paris comme ses clers, auquel pareillement fut dit par arrest qu'ilz ne joyroient point de privilège de clerc, et furent renvoiez pardevant ledit prevost, par la sentence duquel ilz furent tous condampnez à estre pendus et estranglez : dont ilz appellerent en la court de Parlement, laquelle conferma ladicte sentence, qui fut exécutée, et furent tous quatre pendus au gibet de Paris par les mains dudit maistre Henry, père dudit Petit Jehan, qui partant fut vengié de la mort de sondit filz, le jeudi veille de mons** Saint-Jehan decolace, xxvm* jour dudit moys^. Et, furent pendus en la manière qui s'ensuit, et tout au joignant l'un de l'autre : c'est assavoir ledit Empereur le premier, Jehan de Foing le second, Regnault Goris le tiers, et ledit Jehan du Bus le im^ et derrenier; et est assavoir que ledit Empereur, lesdiz de Foing et Goris estoient trois beaux jeunes hommes. Et, en oultre, pour ledit cas fut batu de verges et banny du royaume de France ung jeune filz cordouennier, qui avoit conspiré de la mort, mais point ne s'estoit trouvé à icelle*.
i. Les assassins.
2. La fête de la Décollation de saint Jean-Baptiste (29 jaillet) tomba effectivement un vendredi en 1477.
3. Les registres du Parlement X^* 31 , à la date du 30 juillet 1477,
1477] OU CHBONIQUS SCANDALEUSE. 61
Oudit temps, le roy qui estoit oudit pays de Picardie^, s'en party dudit pays et y laissa pour son lieutenant gênerai monseigneur le bastard de Bourbon, admirai de France, pour la garde de la guerre et conduite de tout ledit pays. Et, au regard des gens de guerre de Fordonnance du roy et autres estans pour lui esdit pays, on leur bailla et assigna l'en leur logis en la cité et ville d'Arras, Tournay, Lens, La Bassée^, et autres lieux sur les frontières de Flandres et autres pays qui encores se tenoient pour ladicte damoiselle de Flandres, fille d'icellui feu duc de Bourgongne.
Et, après toutes ces choses ainsi faictes et ordonnées, le roy s'en vint au lieu de la Victoire veoir la belle dame ilec aourée^, et puis à Paris, où il ne séjourna gueres. Et, y fut le jour feste de mons'' Saint-Denis^, à la révérence duquel il délivra tous les prisonniers estans en ses prisons du Gbastellet de Paris, et puis s'en ala à Tours, à Âmboise et autres lieux voisins, où il se tint par assez longue espace de temps ^, durant lequel les Bourguignons et autres ennemis du roy,
et X^ 41, à la date du 19 août de la môme année, témoignent de la parfaite exactitude de notre chroniqueur.
1. Ou plus exactement en Artois. Le roi quitta Arras tout au commencement du mois d'octobre. La saison avancée s'opposait à la poursuite de la campagne (cf. Basin, Ul, 39).
2. La Bassée, auj. dép. du Nord, arr. de Lille. Lens, Pas-de- Calais, arr. de Béthune.
3. G'est-à-dire la Vierge qu'on y adorait. On a vu que cette célèbre abbaye, située à environ une lieue à Test de Senlis, était fréquemment visitée par Louis XI. Philippe-Auguste Tavait fondée en 1222, en reconnaissance de sa victoire de Bouvines.