Cest-à-dire à Vhôtel de Bourbon, près dn Louvre
&. La principale &sade de l'hôte] de Bourbon regardait le
réservé madicte dame de Neri>onne, qui estoit fort grosse, qui, pour son aise avoir, avecques sondit mary et jusques au nombre de huit souperent en une chambre basse dudit hostel ou logis de Jehan de Roye, secrétaire de mons' le duc de Bourbon et garde dudit hostel de Bourbon ^
Ou moys d*avril oudit an, fut sceu par Guerin le Groin, bailli de Saint-Pere le Moustier, et Robinet du Quesnoy^, lesquelz et chascun d'eulx avoient charge de cent lances de Tordonnance du roy, et qui estoient en garnison ou pays de Picardie, que les Flamens venoient à Douay, pour apporter argent à ceulx dudit lieu, tant pour leurs gaiges et souldées que aussi pour les afaires de ladicte ville. Lesquelz cappitaines se mirent aux champs pour gaigner ledit argent, ce qu'ilz firent, et ruèrent jus ceulx qui l'apportoient, en tuèrent aucuns, et plusieurs prisonniers y furent prins. Et pour ce que ceulx de ladicte ville de Douay et de
Louvre. Attenant à ce corps de logis, s'étendait jusqu'à la me d'Autriche un bâtiment dont le toit était orné de lucarnes à jour. Il renfermait une longue galerie, promenoir ordinaire des ducs, qui était toute peinte et dorée. De là son nom de c Galerie Dorée » (La Mure, éd. Ghantelauze, U, 146 et suiv.).
1. C'est la seule fois que l'auteur de la Chronique Scandaleuse s'est mis en scène. — La chambre basse du concierge est indiquée, aussi bien que sa chambre haute, dans un inventaire de Jean Mulot, nommé concierge de l'hôtel en 1457 à la place de Jean de Fleschère (La Mure, éd. citée, II, 246, n.).
2. Guérin Le Groing, chevalier, seigneur de la Motbe-du-Pré et autres lieux, conseiller et chambellan du roi, se qualifie capitaine de 100 lances fournies au mois de mai 1474. Il épousa Isabeau Taveau, puis Anne Damas, et mourut le S janvier 1491 (Yaesen. Lettres de Louis II, IV, 203, note). Cf. un curieux placet qu'il adressa au roi et d'où il résulte qu'il avait été capitaine de la garde de Louis XI, charge qui lui valait 2,000 francs par an (Bibl. nat.y ms. fr. 20495, fol. 36).
Lisle lez Flandres orent certaines nouvelles de ladicte destrousse, se mirent aux champs pour rescourre ledit argent et prisonniers, et nonobstant qu'ilz feussent moult grant nombre, nos dictes gens se saulverent parmy eulx, en tuèrent mi" et mieulx, et en emportèrent ledit aident par eulx gaigné; et n'y mourut point des gens du roy plus de xxxvi ou xxxvn honunes du costé du roy.
Ou moys de may, oudit an LXXYIII, le roy, qui estoit oudit pays de Picardie, ne fist gueres de chose, sinon de gaigner et avoir par sa puissance une petite ville noounée Gondé, qm' estoit tenue par les Bourguignons et qui estoit fort nuisante à avitailler et porter vivres à ceulx de la cité de Toumay, dedens laquelle ville y avoit des gens de guerre du party du duc en Autriche^ qui se laissèrent batre; mais enfin, quant ilz apparceurent le grant mal qui leur estoit apparant, ilz prindrent composition avecques le roy de lui bailler et ladicte ville et le chastel : à quoy le roy les receut, et s'en alerent eulx et leurs biens saufz*.
1. Maximilien, duc d'Autriche, fils de Frédéric lY, empereur d'Allemagne, né en 1459 et fiancé à Marie de Bourgogne du vivant du duc Charles, l'épousa le 18 août 1477. — L'expression a duc en Autriche v de notre chroniqueur répond à la qualification allemande Heriog in CBsterreich,
2. l*"* mai 1478. Le siège et la prise de Gondé-sur-rEscaut (auj. dép. du Nord) sont contés avec grand détail par Molinet (II, 128- 137). Dès le vendredi saint, du Lude, auquel Louis XI avait donné la seigneurie de Gondé, qui appartenait auparavant au duc de Nemours, fit vainement sommer la ville de se rendre. Quelque temps après, les gens de Toumay représentèrent au roi que Gondé « estoit quasi l'armoire au pain des Yallenchiennois » et que, s'il 8'emparait de cette place, Valenciennes ne tarderait pas à succomber. Louis XI mit donc le siège devant Gondé le 29 avril. Le sire de Mingoval, qui commandait les 300 hommes de la garnison, se
En ladicte année vint à Paris ung Gordelier, natif de Villefranche en Beaujolois, pour prescher à Paris et ilec blasmer les vices. Et y prescha bien longuement, disant et publiant les vices dont les créatures estoient entechées ; et par ses paroles y eut plusieurs femmes, qui s' estoient adonnées aux plaisances des hommes et autres péchez, qui de ce se retrahirent ; et aucunes d'icelles se mirent et rendirent en religion, en délaissant leurs plaisances et voluptez où par avant s'estoient démenées. Et si blasma tous les estats, et si prescha de la justice du gouvernement du roy, des princes et seigneurs de ce royaume, et que le roy estoit mal servy et avoit autour de lui des serviteurs qui lui estoient traistres, et que, s'il ne les mettoit dehors, qu'ilz le destruiroient et le royaume aussi. Desquelles choses en vindrent les nouvelles au roy : pourquoy ordonna qu'on lui defendeist le prescher; et pour ceste cause vint à Paris maistre Olivier Le Dain, barbier du roy, pour lui faire défendre le prescher, ce qui lui fut interdit, qui fut à la grant desplaisance de plusieurs hommes et femmes, qui fort s'estoient rendus enclins à le suivre et oyr ses paroles, et, pour double qu'on ne le print ne feist aucun obprobre, le furent veiller nuit et jour dedens le couvent des Gordeliers, audit lieu de Paris ^. Et disoit on que plusieurs femmes y aloient curieusement de nuit et de jour, qui se garnissoient en leur patois^ de pierres, cendres et
laissa battre pendant vingt-huit heures de suite et, n'étant pas secouru, se rendit, vie et bagues sauves.