An moment de sa seconde attaque, le seigneur du Bouchage
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Et, pour estre seurement de sa pencmoe, y mena avecqneB lui huit œns lances et pluaieurs antres gens de guerre, qu'on estimoit bien à six mil oooibatans. Et, avant son partement du pays de Touraine, ala à Âmboise veoir mons. le daulphin, son filz, que jamais o'avoit veUy au moins que bien peu. Et au département lui donna sa bénédiction et le laissa en la garde de mons. Pierre de Bourbon, seigneur de Beaujeu, lequel il fist son lieutenant gênerai par tout son royaume durant sondit voyage. Et lors desclaira le roy à mons. le daulphin qu'il vouloit qu'il obeïst à mondit seigneur de Beaujeu et qu'il fist tout ce qu'il luy ordonneroit et tout ainsy que luy mesmes luy commandoit.
En ladicte année, durant le voyage de Sainct-Glaude, fut le blé moult chier universellement par tout le royaulme de France, et mesmement au pays de Lyon- Dois, Auvergne, Bourbonnois et autres pays voisins ^
et Gommyiies avaient voué le roi à saint Glande. On sait que Lonis XI professait ponr ce saint nne dévotion particulière. Dans ane lettre qu'il écrivit au pape et qui est imprimée dans Lenglet (IV, 155), le roi rappelle qu'au début du règne de son père, un ermite, qui se tenait à Saint-Glande, vint à plusieurs reprises trouver Charles Vn et loi notifia qu'il aurait « lignée masle et le premier succederoit après lui à la couronne de France. . . » (cf. ibid., p. 90). — Louis XI, après avoir passé à Thouars les mois de janvier et de février 4462 (n. st.), rentra au Plessis et se mit en route pour Saint-Glande an milieu d'avril. Il fit ses pàques à Paray-le- Monial et arriva à Saint-Claude vers le 20 avril.
1. Les impôts avaient été augmentés de telle façon que de tous eôtés des champs demeuraient sans culture. La famine qui en résulta coûta la vie à plus de 10,000 personnes, et des Normands émigrèrent en Angleterre et en Bretagne (Basin, lU, 170). La fermeté du Parlement de Paris, qui reittsa d'enregistrer certains édita déeastreox, dont l'effet eût été de priver la capitale du blé de la Beauce, empêcha les Parisiens de mourir de faim.
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Et à ceste cause y mourut grant quantité de peuple, tant de maladie que de famine, qui fiit merv^leusement grande par toutes contrées. Et, se ce n'eussent esté les grandes aulmosnes et secours de ceulx qui avoient des blez, la mort y eust esté moult douloreuse. Nonobstant ce, se partirent desdiz pays pluseurs povres gens qui alerent à Paris et en pluseurs autres bonnes villes, et furent mis en une grange ou maison à Saincte-Katherine du Val des Escolliers, où illec les bons bourgois et bonnes bourgoises de Paris les aloient songneusement penser. Et depuis furent menez à TOstel Dieu de Paris, où ilz moururent tous ou la pluspart, car quant ilz cuidoient mengier ils ne povoient, pour ce qu'ilz avoient les conduitz retraite par avoir trop esté sans mengier.
En Tan mil IIII<^ quatre vingts et deux, le jeudi... jour de may, environ l'eure de mi à v heures de... S très noble, puissante, saincte et des bonnes vivans rezemplaire, c'est assavoir ma très redoubtée dame madame Jehanne de France, femme et espouse de mons. Jehan, duc de Bourbonnois et d'Auvergne, expira et rendit l'ame à Dieu en son chasteau de Molins en Bourbonnois, par le moien d'une forte fièvre si merveilleuse que l'art de medicine n'y peut pourveoir, et fut son corps inhumé en l'église de Nostre-Dame dudit Molins. Laquelle dame fîit fort plorée et lamentée, tant par mondit seigneur son espoux et.mary, ses servi- .teors et gens de ses pays et par tous autres du voyaulme de France, qui ladicte dame avoient veue
1. Ces blancs existent dans l'édition gotliiqae. La date généralement assignée à la mort de la duchesse de Bourbon est le 4 mai, qui tomba un samedi en 1482 (cf. Arch. nat, X<« 4490, fol. 95).
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et eu cognoissance, pour les grandes vertus et biens dont estoit par grâce remplie^.
Et, auparavant icelle année, ala aussy de vie à trèspas, au pays de Flandres, madame la contesse de Flandres et Artois, fille du feu duc Charles de Bourgongne, femme du duc en Autriche et niepce de messdgneurs de Bourbon, de laquelle yssirent deux enfans, c'est assavoir ung filz et une fille, lesquelz demourerent en la garde des Flamens en la ville de Gant*.
En ceste dicte année mil IIII^ quatre vingtz et deux, de ladicte maladie de fièvre et raige de teste moururent en divers lieux moult de notables et grans personnaiges, tant hommes que femmes. Et entre aultres moururent les arcevesques de Nerbonne et Bombes, l'evesque de Lisieux^ et maistre Jehan le Boulengier, premier président en la court de Parlement, et aussy messire Charles de Gaucourt, chevalier, qui avoit esté lieatenant pour le roy en sa vUle de Paris^, lequel fut fort plaint, car il estoit ung beau et honneste cheva-
1. Les termes de cet éloge sont tels qu'il paratt difficile de ne point admettre qae la dnchesse Jeanne fat personnellement oonnne et vénérée par notre chroniqueur.
2. On remarquera que le chroniqueur, en bon Français qu'il était, n'intitule pas Marie duchesse de Bourgogne. Elle mourut à Bruges, le 27 mars 1481, des suites d'une chute de cheval (Molinet, n, 302; Basin, lil, 71 et suiv.). De son union avec Mazimilien, Marie laissa Philippe le Beau, né le 10 septembre 1478, roi d'Espagne en 1504, mort en 1506, et Marguerite d'Autriche, née le 10 janvier 1480 (n. st.), morte en 1530.
3. Renaud de Bourbon était archevêque de Narbonne depuis 1473. Jean Goenr occupait le siège de Bourges depuis 1447, Antoine Ragnier odnï de Lisieux depuis 1475.