‹ Journal de Jean de Roye: connu sous le nom de Chronique scandaleuse, 1460-1483Chapitre 63 sur 151 · XXIX. — (Clair. 481, fol. 122, 1. 26. Chron. scand · texte numérisé non relu

XXIX. — (Clair. 481, fol. 122, 1. 26. Chron. scand

1. Au fol. 117 du ms. Clair., double miniature qui représente l'entrevue de Louis XI et du comte de Gharolais et Tarrivée des soldats bourguignons à la porte Saint-Antoine (voy. ci-dessus, Chron. scand., 1. 1, p. 130). Sur les écussons qui décorent les marges de ce feuillet, reproduit en héliogravure dans le t. U des planches de VHist. de la maison de Chahannes, voy. Quicherat, Bihl. de l'École dM chartes, 4« série, I, 234.

198 INTERPOLATIONS ET VAIOÀNTES

1. 1, p. 134.) — OÙ ilec elle fiU enregistrée; et y estoit comprins Ânthoine de ChabaDnes, conte de Dampmartia^

XXX. — (Caair. 481, fol. 123, 1. 9. Chron. scand,, 1. 1, p. 135.) — A Paris, mais plusieurs notables cheyaliers estans à Tentour de sa personne luy conseilloierent de n*y point couchier par plusieurs grandes demonstranoes qui luy firent...

XXXI. — (Qair. 481, fol. 124, 1. 5. Chron. scand., 1. 1, p. 136.) — Avecques leurs femmes. Et, ce meeme soir, le roy dist à ceulx de la ville qu'il les remercyoit et qu'il leur savoit bon gré de la grande loyaulté et feaulté qu'il ayoit trouvée en aucuns de yceulx. Et aussi leur dit qu'il n'avoit pas trouvé aucun d'eulx vestuz d'un mesme poil...

XXXII. — (Qair. 481, fol. 124, 1. 21. Chron. scand,, 1. 1, p. 138.) — Fille naturelle du roy, nommée Jehanne, qu'il avoit eue d'une dame en Dauphiné nommée madame de Beaumont, lors appelle Félix', fut fyancée à mons. Loys, bastard de Bourbon, bon, gentil et loyal chevalier, lequel fist de bons, grans et aggreables services au roy et à la couronne, et ne donna jamais à avance une seule demye heure de repos pour dormir en son cueur.

XXXIII. — (Clair. 481, fol. 126, 1. 12. Chron. scand., 1. 1, p. 141.) — De son hostel. Et devez savoir que mons. Charles, qui estoit party de Paris pour aller en Normendie, vint à Ponthoise et de là à Ver non, où illec eust nouvelles de

1. Paris, 27 octobre 1465. L'enregistrement au Parlement est du 30 du môme mois (voy. Hist. de la maison de Dammartin, Preuves, t. n, p. 113).

2. Le chroniqueur confond Marguerite de Sassenage, femme d'Amblard de Beaumont, seigneur de Montfort, fille de Henri m, seigneur de Sassenage, et d'Antoinette de Salaces, avec Phélise Regnard, femme d'un bourgeois de Grenoble, Jean Pic. Jeanne, dame de Mirebeau, était née de la liaison de Louis XI, alors dauphin, avec Phélise Regnard. Elle fut légitimée par lettres royales donnéos à Orléans le 25 février 1465 (v. st.), resta veuve le 19 janvier 1486 et mourut âgée en 1519 (Phélise Regnard, par Anat. de Gallier, dans Bull, de la Soc. d'archéol. et de statist, de la DrôfM, t. Vn (1873), p. 47-51).

la grant senechalle et de mons. d'Evreux^ pour la cappitaignerie de Rouen [et] mareschausie, qui estoient fort eunemys de Jehan monseigneur de Lorraine, désirant estre mareschal ; ety au contre, monseigneur de Bueil desiroit estre capitaine de Rouen, et ung Escossoys nonmié Patrix Foucard, qui avoit esté capitaine de la garde Charles VIP. Et, en ses differans, manda le duc de Normendie à son mareschal des logeiz Christofle de Plailly, qui depuys fut mareschal du roy, qu'il vint hastivement devers luy à Rouen, tant pour les logeiz que pour luy bailler la garde dudit chasteau de Rouen, pour appaiser les dessusditz. Et, après que ledit de Plailly fut arrivé devers ledit duc> fut depesché touchant ses logeiz incontinent ; et manda ledit duc à laditte seneschale qu'elle luy baillast lesdittez clefz du chasteau de Rouen audit de Plailly, et non à autre cappitaine ât.

Pour prandre possession en laditte duché, s'en alla jusques à Saincte-Katherine du Mont de Rouen, où illec séjourna par diverses journées, en attendant que ceulx de Rouen eussent préparé ce qu'ilz avoient intencion de faire pour son entrée. Mais ce pendant se esmeut discencion entre monseigneur Charles et le duc de Bretaigne, par mauvais et sinistres rappors. Et fut dit audit monseigneur Charles que ledit duc de Bretaigne avoit entreprins de le prandre et ramener en Bretaigne, etdisoit on que de ce estoit consentant le conte de Dampmartin; ce qui n'estoit pas vérité. Et donna ledit duc, luy estant audit lieu de Saincte-Katherine du Mont de Rouen, audit conte de Dampmartin mil frans content, pource que tousjours l'avoit trouvé très vertueulx et honneste escuier et très resplandissant en armes du temps du roi Charles septiesme, et aussi qu'il estoit garny de plusieurs grandes vertus qui sont à tous vices contraires.

Et furent semées lesdittez parolles contre le dû et contre

1. De la grande sénéchale de Normandie, Jeanne Crespin, veuve de Pierre de Brézé, et probablement de l'évéque de Lisieux, Thomas Basin. U ne saurait s'agir ici de Jean Balue, évoque d'Évreux, qui appartenait au parti royaliste.

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vérité, pour ce qu'il y avoit aucunes gens environ monseigneur le duc de Normendie qui n'eussent jamais voulu qu il se fust gouverné par l'oppinion du duc de Bretaigne ne du conte Dampmartin ; mais estoit ledit conte de Dampmartin tousjours d'oppinion que icelluy duc de Normendie ae devoit totallement gouverner par ledit duc et son conseil, voyant que l'une des principalles parties de sa fortune en de&pendoit.

XXXIV. — (Clair. 481, fol. 128, 1. 1. Chron. scand., t. I, p. 142.) — De ladicte ville. Et congnoissoit ledit duc de Bretaigne le faulx rapport [qui] avoit esté fait contre ledit de Dampmartin [et] luy donna Testât et pencion de quatre mil frans que avoit ledit Jehan monseigneur de Lorraine.

Et trouva moyen ledit Jehan monseigneur de Lorraine, à l'ayde desditz de Rouen, d'aller en la place dudit lieu de Saincte-Katherine, où on ne le vouUoit laisser entrer, où il eust de grans noises et questions tant par ledit de Lorraine que mess" de Bueil et Chaumont est[ant] prestz à mettre les mains aux espées.

XXXV. — (Clair. 481, fol. 128, 1. 31. Chron. scand., t. I, p. 144.) — U avoit esté. Et, pendant le différant qui fut entre le duc de Normendie et le duc de Bretaigne, fat le roy adverty par aucuns qu'il estoit maulxcontent dudit duc de Normendie et que bien aisément, s'il voulloit, Q recouvreroit laditte duchié de Normendie. Et le roy, estant adverty de ce, qui jamais ne fut endormy en son afaire, s'en partit d'Orléans ^

XXXVL — (Clair. 481, fol. 132, 1. 23. Chron. scand., t. I, p. 150.) — Seigneur de Bourbon. Et devez savoir que, à l'armée du siège, le conte de Dampmartin trouva le mareschal du logeiz de mons. de Berry , auquel ils parlementèrent avec ung homme Vendanges, bons et hardi homme d'armes^, nomméement audit mareschal Christofle de Plailly ,

i. il déc. 1465.

2. Un Jean de Vandaignon, dit de Yandange, conseiller et chambellan du roi, obtint, en récompense de ses services mili-

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en soj dolosant du mauvais eoD0eil qu'avoit eu mondit seigneur de Berry . Et taicha ledit de Dampmartin de gaingnier ledit Vendange, qui estoit abatu sj n'eust [es]té ledit mareschal, lequel Vandange depuis se retira dedens la place, où il eut un coup de tret au dessus de Tueil par les gens duroy.

XXXVII. — (Clair. 481, fol. 133, 1. 6. Chron. scand.^ t. I, p. 150.) — Au ChasteaUy dont en estoit capitaine mons. de Malicorne, nommé Jehan Aubin.

XXXVni. — (Qair. 481, fol. 133, 1. 11. Chron. scand., 1. 1, p. 151.) — Pont de l* Arche, auquel lieu y eut deux arbalestiers, dont l'un estoit du party du roy et l'autre à mons. de Berry, lesquelz se entredonnerent chascunung cop de traict : c'est assavoir celluy qui estoit dehors^ au Lieu où il Toulloit frapper son compaignon, il ne faillit point à le frapper, ne pareillement celluy qui estoit dedans le chasteau ne faillit point à ataindre celluy de dehors le chasteau au propre Lieu où il dist à ses compaignons ; et l'un s'appelloit Loys Goullart et l'autre Pierre d'Assigny, qui depuis furent tous deulx au roy. Et estoit ledit Goullart à mondit seigneur de Berry.

XXXIX. — (Qair. 481, fol. 133, 1. 28. Chron. scand., 1. 1, p. 151.) — Et de Bretaigne, et le conte de Dampmartin.

XL. — (Clair. 481, fol. 134, 1. 11. Chron. scand., 1. 1, p. 152.) — Yaroit son adviSy sans plus avant pour lors tyrer oultre.

XLI. — (Qair. 481, fol. 134, 1. 18. Chron. scand., 1. 1, p. 152.) — Certaine espace de temps, où se trouva le duc de Bretaigne. Et y eut grant parlement entre lesditz princes par troys ou quatre jours. Et, pendant ledit temps, ung gentilhomme, nommé Colinet de la Croix, du paix de Caulx, serviteur de mons. de Berry, qui trouva façon d'avoir des

taires, les seigneuries de Goulommiers, de Pont et de Nogent-sur- Seine, confisquées sur le duc de Nemours (Arch. nat., JJ 201, fol. 39, n* 50; sept. U77).

Wî INTKRP0LATI0II8 BT VAIUANTES

navires soudainement et secrettement, l[e8] avitailla ; et fat avisé par le conseil de mondit seigneur de Beny qu il 8*eii devoit bouter sur la mer et s'en aller en Flandres ou autres lieux où il pourroit mieulx. Et fut dedans ledit navire le duc de Berry et tous ses gens ; et alors ariva messire Geoffiray de Gk)ll6ram de par le duc de Bretaigne à mons. de Berry et luy dist : « Monseigneur, le duc a grant envye de vous veoir avant vostre partement. » Et alors revint mons. de Berry devers le duc et furent ensemble; et cependant la mer se retyra et fut le voyaige rompu, et fiaillut que mons. de Berry s'en allast avec le duc à Caen, où il fistillut que ledit mons. de Berry vendist sa vesselle pour nourrir ses gens, disant qu'il aymoit mieulx menger en vesselle d'estain et de boys avant que ses gens ne fussent nourris. Et de là s'en alla en Bretaigne avec le duc, où il fut bien trois ans.

XUI. — (Oair. 481, fol. 135, 1. 19. Chron. scand., t. I, p. 152.) — Ville de Rouen, lequel s'en partit tout desoouru, non ayant autre refuge que à Dieu.

XLIII. — (Qair. 481, fol. 136, 1. 2. Chron. scand., 1. 1, p. 154.) — Chastel nommé Blancaffort, à luy appartenant à cause de sa femme, qui luy estoit descendu par ligne hereditalle de missire Henri de Prec^, seigneur dudit Blancafort, qui par ledit conte de Dampmartin fut prinse d'assault à la conqueste de la Guienne.

XLIV. — (Clair. 481, fol. 136, 1. 16. Chron. scand., 1. 1, p. 154.) — Ce qui fut fait, mais depuis la âst justement le roy refaire pour descharger sa conscience, car ledit seigneur de Chaumont estoit renommé très bon et saige chevalier, et avoit esté chambellam du feu bon roy Charles vn«.

XLV. — (Clair. 481, fol. 137, 1. 30. Chron. scand., 1. 1, p. 158.) — Près Meun. Et, en ce temps, le roy escripvit unes lettres à mons. le grant maistre pour Caire interroguer l'un des serviteurs dudit seigneur du Lau, don[t] la teneur s'ensuyt :

« MoDs. le grant maistre, je vous envoyé le double du

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procès de René des Nobles, pour sur icelluy &ire bien examiner ung nommé Banquet, qui est prisonnier à Loches, pour tousjours mieulx ataindre la vérité de Tescbappement du seigneur de Lan. Et, pour ce, et afSn de mieulx et plus seurement y besongner au vray, je tous prie que, incontinant ces présentes, yenés à Loches quérir ledit Banquet par des gentilzhommes bien seurs et des plus feables que ayés en Yostre compaignie, pour l'amener à Chasteau-Gaillard bien et seurement et illec foire et achever son procès. Je escript au cappitaigne de Loches que ledit Banquet soit délivré à oeulx par qui Tenyoyez quérir. Mons. le grant maistre, adyisés bien que, en amenant ledit Banquet, qui soit mis en habit dissimulé, et yous gardés des gens de mons. de Bourbon et aussi que on ne leur oste en chemin.

« Donné à Compyegne, le xxv® jour de septembre. Signé : « Loys » et « Meurin, » secrétaire ^

Et, sus la surescription d*icelles : « A nostre chier et féal cousin le conte de Dampmartin , grant maistre d'ostel de France. »

XLVI. — (Clair. 481, fol. 140, 1. 2. Chron. scand., 1. 1, p. 159.) — Ledit seigneur de Montauban, admirai de France, que aucuns mescroient d'avoir esté cause de plusieurs discencions, et entre autres on disoit que, par son conseil, le roy, estant daulphin, ne voult oncques venir à appointement avec son pere^.

XLVII. — (Qair. 481, fol. 140, 1. 8. Chron. scand., t. I, p. 159.) — Bastard de Bourbon, lequel estoit très gentil, vaillant et loyal chevalier et qui bien servoit leaument le roy et la couronne de France et n'espergna oncques

i. Cette lettre a été imprimée sur le texte fourni par notre ms. et annotée par M. Vaesen, qai la date du 25 sept. 1468 {Lettres de Louis II, t. III, p. 281). — Bande Meurin, conseiller et secrétaire da roi, seigneur « de l'hostel et maison de Tynay, prés Mehun sur Yevre, • obtint du roi le droit de prendre du bois dans la forêt de • Youse, » près 8aint-Laurent-sur-Barangeon, afin de restaurer sa maison (Arch. nat., JJ204, fol. 1 y<», n» 3; mars 1473, v. st.).

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