‹ Journal de Jean de Roye: connu sous le nom de Chronique scandaleuse, 1460-1483Chapitre 9 sur 151 · Le texte porte à tort duc de Bourgongne · texte numérisé non relu

Le texte porte à tort duc de Bourgongne

n avoient plus que menger, et par grant contrainte de famine estoient ceulx de dedens en composicion de eulx rendre es mains dudit de Bourgongne le dimenche veille des Roys, cinquiesme jour de janvier, oudit an LXXVI*, ouquel jour y vint et arriva ledit mons' le duc de Lorraine, acompaigné de xn ou xim°^ Suixes, Âlmans et autres gens de guerre^, pour lever ledit siège, combatre ledit de Bourgongne et recouvrer ledit Nancy. Dont advint ce qui s'ensuit^ : c'est assavoir que, quatre jours avant la journée et venue dudit de Lorraine devant ledit de Nancy, qui fut le dimenche

1. Charles le Hardi avait mis le siège devant Nancy le 22 octobre 4476 (Lenglet, U, 221). La place était fort mai pourvue, mais Tarmée bourguignonne comptait c peu de gens mal armez et beaucoup de mallades. » Molinet estime que le duc de Bour* gogne ne pouvait pas compter sur plus de 3,000 combattants (I, 230) ; Olivier de la Marche dit 2,000 et affirme ce chiffre sur sa conscience ilU, 239).

2. Les auxiliaires étrangers du duc de Lorraine étaient payés en grande partie avec de l'argent fourni par le roi de France, qui avait autorisé en outre un certain nombre de gentilshommes du royaume à s'engager au service de René (Gommynes, éd. Dupont, n, 55). — Le jeune duc arriva à Saint-Nicolas-du-Port le samedi 4 janvier 1477 (n. st.), avec 10,500 Suisses, « planté d'autres Allemands » et quelques Français. On peut donc considérer comme exact le chiffre fourni par notre Chronique (cf. Olivier de la Marche, III, p. 239).

3. Le ms. fr. 1707 de la Bibl. nat. contient, aux fol. 48 et suiv., une relation de la c desconfiture de Mgr de Bourgongne, faicte par Mgr de Lorraine, i que Lenglet a imprimée aux Preuves de son édition de Gommynes (in, 493-496). A quelques variantes près, cette relation et le récit de notre chroniqueur sont conçus en termes identiques, et il est probable que Jean de Roye n'a fait qu'insérer dans son Journal une relation de la bataille de Nancy qui fut répandue à Paris peu après l'événement. Molinet s'en est également servi (t. I, 231 et suiv.). Cf. Mém. sur la bataille de Ifancy, par l'abbé Marchai. Nancy, 1851, in-8o, avec carte.

veille des Roys, cinquiesme jour de janvier mil lUr LXXVI, le conte de Gampbastz, le seigoeur Ange et le seigneur de Montfort^ laissèrent le duc de Bourgongne et le habandonnerent en sondit parc. Et, le mercredi devant la bataille ou journée, icellui conte de Campbastz en amena bien avecques lui ix" honmies d*armes, et, le samedi ensuivant, les deux autres cappitaines dessusnommez en amenèrent bien six vings hommes d*armes, qui tous vouloient estre François ; mais on dissimula de les recevoir pour la trefve, et fut ordonné par aucuns à qui ilz se adressèrent qu*ilz s*en iroient en Lorraine : laquelle chose ilz firent, réservé une partie qui demeura pour garder Gondé, qui est une place sur la rivière de Hezelle^, par où tous les vivres dudit de Bourgongne passoient, qui venoiant du val de Mais' et du pays de Luxembourg. Et s*en tira ledit seigneur de Gambastz devers monseigneur de Lorraine et Tadvertit de tout le fait dudit de Bourgongne, et incontinent s*en retourna lui et seadioles gens audit lieu de Gondé, qui n'est que à deux lieues dudit Nancy ^. Et, ledit jour de samedi, UU^ jour dudit moys de janvier, ledit monseigneur le duo de Lorraine arriva à Saint-Nicolas de Varengeville^ et les» Suixes avecques lui, qui bien estoient

I. Ld «»i|iudur AujfrMo <4 1^ *9l|[ii^ar d« Montfon étaient tous ^^ikx ÛU du e^^iuk» d<^ ikmpi>htij^v <"! W 310 hommas d*annes (î|uilii <M»iiiiMi^i>Mil i>ui!^ui c<» qui i«>i»taii det$ 400 Uoces italiennes ^u^ l<Mir {nèif^ <M>miiMimiâii d^>n)uii N<hi$$.

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1477] OU CHRONIQUE SCANDAUBUSE. 37

jm yc jg ypgy contc fait ; et d'autres Alemans y avoit beaucop, sans les Lorrains et autres gens de guerre^. Et, le dimenche ensuivant, cinquiesme jour dudit moys, environ huit heures du matin, désemparèrent et partirent lesdiz seigneurs de Lorraine et de Suixe, et vindrent à Neufville^, et oultre ung estang près d'ilec firent leurs ordonnances. Et en effect lesdiz Suixes se mirent en deux bendes, dont le conte d*Abstain^ et les gouverneurs de Fribourg et de Zurich avoient Tune, et les advouez de Berne et de Cerne* l'autre, et, environ midi, marchèrent tous à une foiz, c'est assavoir une bende devers la rivière, et l'autre tout ^ le grant chemin à venir de vers ledit Neufville audit Nancy®. Ledit duc de Bourgongne s*estoit ja mis hors de son parc et en bataille ; et au devant et devers lui y avoit ung ruisseau qui passe à une maladrerie nommée la Magdaleine , et estoit ledit ruisseau entre deux fortes haies des deux costez, entre lui et lesdiz Suixes. Et, sur le grant chemin par où venoient l'une des bendes d'iceulx Suixes, avoit ledit duc fait asseoir tout le plus fort de son artillerie. Et, ainsi que les

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