‹ Journal de Jean de Roye: connu sous le nom de Chronique scandaleuse, 1460-1483Chapitre 91 sur 151 · Liseï stpUmkn · texte numérisé non relu

Liseï stpUmkn

revocquier en double que dès iDcontinant que ledit Soupplain* ville eut sa despesche du roy pour s'^n retourner devers le duc, qu'il flst les ouvertures que le roy luy avoit dittez audit seigueur de Lescun, son maistre, lequel luy fist response qu'il seroit trop plain d'ingratitude de tromper le duc qui avoit si grant fiance en luy, et que jamais ne luy conseilleroit £àire ledit appointement; car il entendoit bien que le roi ne le faisoit à autre fin sinon que, api*ès son appointement fait, il vouloit joindre son armée avec l'autre sienne armée qu'il avoit en Picardie, pour illec de tous poins absourber et def- £Giire le duc de Bourgoigne ; et que, ce fait, toute sa puissance rétoumeroit sur les bras du duc, qui luy seroit mal aisé à soustenir ; et en oultre qu'il avoit plus devant ses ieulx le bien, prouffit et honneur de son maistre, qu'il n'avoit le sien, et qu'il n'estoit point délibéré d'estre marchant d'une si maulvaise marchandise. Et, en icelle responce, ledit seigneur de CSominges se honnoura grandement en vertus envers le duc.

Et ainsi que le duc de Bourgoigne estoit oudit pays de Caulx boutant les feuz et faisant grants maulx et insolances, envoit (sic) pardevers le duc de Bretaigne ung herault, lequel fut rencontré chargé de lettrez missives, dont le roy envoya* audit grant maistre le double ; desquelles la teneur s'ensuit :

« Mon bon frère, je me recommande à vous de très bon coeur. Je vousescriptz* moy estant à Eu et depuis à Crayel. N'a gueres aussi que vous envoyé ung homme, pour de bouche vous advertir de mes nouvelles, et luy ay baillé enseignez telles que y pouvez adjouster foy , car de lettres ne se osa charger.

€ De vostre part ne m'est venu arme devers moy depuis le parlement de Jehan du Bochel. Aussi n'ay eu nouvelles quelconques de Nicolas Boesseau, mon secrétaire. Je suis en

i . Par lettre datée de la Rocbe-au-Doc, le 28 septembre (Orig. à la Bibl. nat., ms. fr. 2898, fol. 98; impr. par Vaesen, V, 55 et siiiv.). Voyez plus loin, p. 311.

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