‹ Journal de Jean de Roye: connu sous le nom de Chronique scandaleuse, 1460-1483Chapitre 98 sur 151 · Vendeuil, auj. dép. de TAisne, arr. de Saint-Quentin · texte numérisé non relu

Vendeuil, auj. dép. de TAisne, arr. de Saint-Quentin

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Senne. » Et au doe desdittes lettrai : € A Mont, le gnnt maistre. »

Après que les Boorgoignons eurent ainsi conra, hrulè et gastè la terre de Coucy et pays d*enyyron que dict est, et non obstant le parlement qui estoit entre le oonnestaMe et eulx pour traicter d'apointement, tyrerent et allèrent Yen Guise * pour y mettre le siège et Tavoir de force ; en laqueUe ville estoit Mons. de Moy qui le fist sçavoir audit oonneitable qui estoit à Hem, et à Mons. le grant maistre, qui esioit à Saint-Quentin, et affin qu'ilz le pounreussent d'artillerie, de pouidre à canon et autres choses necceesaires pour h deffense d'icelle ville. Lesquebs seigneurs connestable et grant maistre en firent sçavoir les nouvelles l'un à Tautre ; et en escripvit ledit connestable audit grant maistre plusieurs lettres missives cy après couchées :

€ Mons. le grant maistre, je me recommande k vous. Mons. de Moy m'a escript que on l'a adverti que les Bou^ guignonsmetterontlesiege devant Quise ; pourquoy il requiert que lui face avoir de la pouidre et de l'artillerie. Je vous prie que lui faictes délivrer de la pouidre de canon et deux oôl^ vrines, et je vous feray envoyer de Noyon autant de bat90 et de pouldres que délivrerez. Et, ou cas que ceulx de Nojon en feront refiuz, je vous en envoiray en ce lieu de la mienne de céans. Et se vous faictes difficulté baillier des culevrines du roy , sy en bailliés deux des miennes qui sont devant mon logis. Et, ou cas qu'il vous soit raporté par voz chertocheurs que lesditz Bourguignons ne viennent pas à vous, mais que ilz voisent à Quise, je vous prie en oe cas que de, ceulx de la garnison de Saint-Quentin vous veuilles envoyar. n [y] a dix ou douze arbalestriers, et je vous en menray mon nn^ de ceulx que monseigneur de Youlon a admené par deçà; et moy mesmes yray audit Saint-Quentin avec tous les gens d'armes qui sont à Noyon. Mons. le grant maistre, je prie Nostre Seigneur qu'il soit garde de vous. Escript à Hem,

i. Guise, auj. dép. de rAisne, arr. de Vervins.

m LA GHR0N1QUB SCANDALEUSE. 323

le xxy* jour d'octobre. Le conte de Saint-Pol, etc., connestable de France : « Yostre Loys. » Et au dos : < A Mons. le grant maistre^ »

S*ensuit unes autres lettres de ce mesmes :

« Mons. le grant maistre, je me recommande à vous. Mons. de Moy m'a fait savoir qu'il est très mal pourveu à Guise de poiildres et de canons ; et pour ce qu'il se doubte que le si^e ne leur viengne, ont envoyé devers moy pour m'en advertir. Pourquoy je vous prie que , comme je vous ay escript, il vous plaise délivrer à mon prevost de la pouldre pour eulx, et aussi souffrir qu'il leur face mener des canons de devant mon logis. Et desja j'ay escript à Noyon pour vous recompenser de la pouldre et artillerie que leur ferez délivrer : si vous prie de rechief que ainsi le vous plaise faire. Mons. le grant maistre, je prie Nostre Seigneur qu'il soit garde de vous. Escript en mon chastel de Hem , le xxvF jour d'octobre.

« Plaise vous aussi leur envoyer x ou xn arbalestriers. léb conte de Saint-Pol, etc., connestable de France : «Yostre Loys. » Et plus bas : « Le Senne. » Et au dos : « A Mons. le grant maistre '. »

Et, pour résister ausdis Bourguignons, ledit connestable manda venir à luy les gens d'armes estans à Amyens, qui y vindrent en nombre de deux cens lances, dont il advertist ledit grant maistre par ces présentes lettres, ainsi qu'il s'ensuit :

« Mons. le grant maistre, je me recommande & vous. J'ay k ceste heure eu nouvelles des gens d'armes que j'avoye mandé à Amyens, et m'en vient une bande de ii^ lances qui seront ennuyt au giste environ Noyon. Je leur rescriptz que, en toute diligence, ilz se rendent demain içy, dont je vous advertiz^ Mons. le grant maistre. Escript en mon chastel de Hem, le xxvr" jour d'octobre.

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