ALARME DANS LE PAYS 3 I
qifestoit le jour du gras mardys. Mon grand père y fuist tuez (nommé Jean Le Coullon). Ma grande mère Gaitherine Le Gay se remaria a Collin Richier de Nouvyan et eust d^iceluy mes oncles Guillaume et Richier et ma tante Barbe que fuist mariée à Gorze.
L^année i5Ô2 fuist médiocrement fertilles. Or sur la fin de mars au commencement de Tannée 1 563, il courust ung bruyt que le siège venoit devant Metz et estoit pitiez de veoir fuyr ceux du pays. Je menna quelques vins, bleidz et aultres vivres au Pont et à Metz, dont j'en suys estez à plus de 200 lbz de perte et interetz.
[P. 23.] Durant ladicte année 62 passa ordinairement lansquenestz et aultres nation parmey Ancey allant au service du roy contre ceux de la religion, qui firent de grand dopmaige. Les vins et bleidz sont demeurez es mesmes prix que Tannée 61.
Au mois d'apvril 1662, ma belle sœur Dion femme de mon frère rendist son esprist à Dieu ayans estée malaide environ ung ans. Il espousa en seconde nopces le i3 juillet i5Ô2 Barbe fille Jean Guerrin et de Françoise Blanchard. Ce fuist à l'église reformée.
L1année suyvante 1 563 fuist plus fertilles. La
queue de vin revint a 12 fr. et la quairte de bleidz à 18 et 20 gr.
Le lendemain de Pasque audict ans 63, qu'estoit le 3o mars, un nommé Claudin, lansquesnetz, environ 3 heure après midy trouva un certain Livier Husson (contre lequel il avoit une vieille querelle), au lieu dit au Cugnon et d'ung coupt d'espée couppa une main au dit Livier et d'ung aultre coupt lui perça le costez, dont il mourust soubdain. Je sollicitoy grandement pour la remission dudict lansquenetz.
L'année i5Ô4fuist pareillement bonne et fertilles, non pas tant toutesfois que Tannée précédente. Le vin valloit i5 et 16 fr. Le bleidz 2 fr. Et à cause de la sterilitez de Tannée subséquente 1 565, le vin remonta a 40 fr. et le bleidz 8 fr. Car en l'y ver 1564 il fist par 3 diverses foys des gelées qui durèrent chascunes environ 3 sepmaines, sy terrible que les anciens n'avoient point veu de telles. Les vignes partout fuirent gelées, sinon quelques peu en la coste Saint- Quentin. Les bleidz aussy fuirent gelez et morfondus, de sorte qu'environ ung ans on endura de grande famine et pauvretez.
[P. 24.] Nonobstant que jamais homme ne vist sy austère année, Tabbé de Saint- Vincent