‹ Journal de l'agriculture (volume 2)Chapitre 186 sur 683 · V. — Les transports par voie ferrée · texte numérisé non relu

V. — Les transports par voie ferrée

La question des tarifs de transport sur les chemins de fer préoccupe vivement les agriculteurs dont le plus ardent désir est que ces tarifs soient enfin simplifiés, et que les classifications trop souvent bizarres adoptées jusqu'ici soient remplacées par des classifications qui répondent aux besoins actuels des transactions soit de l'agriculture, soit de rindustrie. Deux Compagnies de chemins de fer, celle de l'Est et celle de Paris-Lyon-Méditerranée, ont préparé ensemble un nouveau projet de tarifs spéciaux qui sont actuellement soumis à l'homologation du gouvernement. Sur ces projets de nouveaux -tarifs, deux Sociétés d'agriculture ont jusqu'ici émis leur opinion : la Société d'agriculture

de Meaux, par l'organe de son président M. Gatellier; la Société d'agriculture de Vaucluse, par l'organe de M. Ducos. Les conclusions auxquelles ces deux rapports arrivent, sont exactement les mômes ; c'est que les nouveaux tarifs, basés sur les parcours kilométriques, n'augmentent jamais les prix actuels de transports pour les produits industriels, tandis que, pour les produits agricoles, ils ne diminuent les prix actuels que pour les grandes distances, en augmentant souvent ceux payés pour les petites distances. Des deux côtés, à l'Est comme dans le Midi, on constate que le nouveau projet favorise toujours les transports des produits agricoles étrangers, au détriment des produits français. Ce sont là des faits sur lesquels on ne saurait trop insister : les agriculteurs français considéreront la simplification et l'unification des tarifs de chemins de fer comme un bienfait, mais à une condition, c'est que cette opération n'aggrave pas les prix actuels de transport, et qu'au contraire elle permette de les diminuer.

YI. — Les gisements de phosphate de chaux en France.

Les recherches faites sur les gisements de phosphate de chaux qui existent en France sont aujourd'hui nombreuses; mais peu d'observations d'ensemble ont été réunies. Un jeune chimiste, M. Charles Delattre, vient de se livrer à ud travail complet sur les phosphates français. Dans un mémoire publié sous ce titre : Elude sur les gisements français de phosphate de chaux^ il passe en revue successivement les gisements qui ont été constatés dans près de 50 départements; ces observations sont accompagnées d'analyses d'échantillons des principaux gisements. Il y a donc là le résumé d'un travail consciencieux, donnant des indications qui peuvent être très utiles pour l'agriculture. Celte étude est suivie d'une note sur la décomposition du phosphate bicalcique par l'eau; M. Delattre arrive à cette conclusion que la décomposition du phosphate bicalcique, incomplète sous l'influence de l'eau bouillante, ne devient complète que dans les dissolutions faites à froid.

YIL — Le phylloxéra.

Nous n'avons pas l'habitude de relever les nombreuses erreurs que nous rencontrons souvent dans beaucoup de journaux sur l'extension du phylloxéra et sur les procédés employés pour le détruire. Toutefois, quand ces journaux ont quelque caractère agricole, cette réserve doit cesser. Ainsi, dans un des récents numéros de VEcho agricole, nous lisons ce qui suit : « Il est certain que la plupart des vignes phylloxérées de l'Hérault sont aujourd'hui traitées par le sulfocarbonate, et qu'elles ont ainsi trouvé le modus vivendi avec leur mortel ennemi ». 11 est impossible de montrer une plus complète ignorance de l'état réel des choses. Il serait bien désirable qu'il fût vrai que la plupart des vignes de l'Hérault sont traitées avec succès par le sulfocarbonate de potassium; malheureusement, il n'y a que quelques rares domaines faciles à compter, couvrant quelques centaines d'hectares, qui soient dans cette situation heureuse; tandis que c'est par dizaines de milliers dhectares que l'on compte les vignes qui ont succombé ou qui succombent encore sous les atteintes du fléau. Trop souvent on prend ses désirs pour des réalités; le fait aujourd'hui malheureusement constant, c'est que si l'on compare le nombre des propriétaires qui sont atteints au nombre de ceux qui luttent, on trouve

la proportion de ces derniers d'une faiblesse qui serait vraiment décourageante, si Texemple des deux dernières années ne permettait d'entrevoir un avenir meilleur.

Le Comité de vigilance du département de l'Aveyron vient, sur le rapport de son secrétaire M. Rouqueyrol, d'inviter les Comices à désigner des ouvriers assez intelligents pour profiter des leçons de greffe de la vigne qui seront faites à l'école nationale d'agriculture de Montpellier du 5 au 7 mars prochain. La plantation de nombreuses pépinières de vignes américaines est organisée dans ce département, sur l'initiative du même Comité qui vient de faire venir de grandes quantités de graines, directement d'Amérique.

Le Comité central d'études et de vigilance de la Charente-Inférieure, s'est réuni le 1 5 février sous la présidence de M. le D"" Menudier. Dans cette réunion, le Comité a décidé : V que la pépinière d'élevage située à Saintes, serait de nouveau pourvue de plants; 2" que les plants racines de la pépinière allaient être répartis entre les arrondissements, qui en distribueraient gratuitement la moitié, tandis que l'autre suivant le vœu dii Conseil général serait vendue à prix réduit, au prix de 50 fr. le millier, aux viticulteurs du département. Ces plants consistent en Solonis, Riparias, Viallas et Jacquez. En présence du défaut d'habitude des vignerons du pays pour la greffe, le Comité, sur la proposition de M. Menudier, a arrêté qu'une brigade de greffeurs du Midi serait amenée à ses frais dans le département, et mise à la disposition des propriétaires.

YIIL — Exposition agricole de Lisbonne.

Dans notre dernier numéro (page 245), nous avons annoncé l'organisation d'une exposition agricole à Lisbonne. Nous recevons de la Commission executive de cette exposition une note sur les principales parties qui la composeront; nous croyons utile de publier cette note, dont voici le texte :

Sous le haut patronage de Sa Majesté le roi de Portugal, D. Louis I", et la présidence d'honneur de Sa Majesté D. Fernando (père du roi actuel), aura lieu cette année (1883) une exposition agricole, ayant pour but principal de réunir une collection complète de types authentiques de tous nos vins, et en outre de choisir une charrue vigneronne qui puisse satisfaire aux besoins de nos terrains.

Mais en dehors de cela, toutes les autres machines agricoles et industrielles agricoles, nationales et étrangères seront acceptées, de même que tous les produits agricoles portugais et leurs dérivés, comme bétail, beune, fromage, etc.

Cette exposition est faite par le Conseil général du département, d'accord avec la Société royale et centrale d'agriculture portugaise, qui a la direction, et avec l'appui du gouvernement.

L'exposition sera organisée dans un parc royal (parc d'Ajuda), tout près de Lisbonne, dans des bâtiments construits tout exprès à cet effet.

L'exposition sera ouverte le 20 mai 1883, et close le 31 juillet suivant.

Les objets seront divisés en 8 groupes, savoir :

1" groupe, vignes exotiques et instruments destinés au greffage; vins et autres produits fermentes et leurs dérivés. — 2'= groupe, substances alimentaires agricoles ; conserves à l'huile et à l'alcool, légumes, semences, fleurs, fruits secs et verts, etc.. — 3'' groupe, basse-cour, volailles engraissées, gros et petit bétail, ruches, vers à soie, etc., produits de laiterie et fromagerie. — 4'' groupe, machines agricoles, instruments aratoires, matériel de transport, etc. — b*" groupe, engrais concentrés pour la vigne et pour autres cultures. — 6'' groupe, types d'habitations rurales, ornementation des parcs et des jardins. — 7"^ groupe, culture et exploitation des forêts. — 8'' groupe, instruction agricole, mémoires et brochures sur les questions du prix de revient, comptabilité agricole, phylloxéra, vignes américaines, cartes agricoles, etc.

Pour assurer à cette exposition son caractère pratique et utile, on fera des essais publiques pour le chauffage, collage et filtrage des vins, on pratiquera Ja fabrication du beurre et du fromage, on fera aussi des expériences suivies sur les charrues vigneronnes et autres instruments aratoires, sur les machines agricoles de tout genre, et on accompagnera les essais et les expériences de conférences pratiques sur ces mêmes objets pour ceux qui ne sont pas versés dans ces matières.

Pour que les représentants du commerce étranger puissent apprécier les qualités de nos vins naturels, il sera établi un pavillon de dégustation dans lequel on pourra se rendre compte de la valeur réelle des produits exposés, et on pourra obtenir tous les renseignements sur les moyens de faire l'acquisition des produits qu'on aura choisis.

Il sera accordé aux exposants désignés par le jury des mentions honorables, des médailles et des prix en argent.

Ceux qui voudront concourir avec leurs machines et instruments aratoires, etc-, devront adresser leur déclaration jusqu'au 20 mars 1883 à M. A. d'Aguiar, président de la Commission executive de l'exposition, ou à M. Antoine Batalha Reis, secrétaire de la même Commission, à Lisbonne, ministère des travaux publics.

Cette déclaration contiendra :

Le nom, la qualité et la résidence de l'exposant.

Le nom de la machine ou de l'instrument, et son usage.

L'espace que doit occuper la machine ou l'instrument.

On doit aussi déclarer si les objets qu'on destine à l'exposition devront être placés avec leurs similaires dans l'exposition générale ou figurer dans des installations spéciales.

Dans ce dernier cas, les dépenses pour ces installations seront à la charge de l'exposant, qui fera accompagner la demande d'un devis et d'une description, pour que la Commission puisse se rendre compte de l'intention de l'exposant et permettre l'édification.

Il ne faut pas oublier de faire connaître à la Commission executive l'arrivée des objets, afin d'obtenir l'exemption temporaire des droits d'entrée.

Les appareils et les machines qui seront consignées à la Commission de l'exposition agricole portugaise de 1883, jouiront de l'avantage d'être transportés gratis de Bordeaux, du Havre et d'Anvers jusqu'à Lisbonne, de même que pour le retour jusqu'au port dont ils seront partis. Antonio Batalha Reis.

Nous appelons particulièrement l'attention sur la dernière disposition dont les avantages n'échappent à personne.

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