X. — Concours de planlations d'arbres à cidre
Dans notre chronique du 23 avril 1881 (tome II de 1881), nous avons signalé le premier concours communal pour l'amélioration des arbres à fruits à cidre, organisé par le Conseil municipal de Rouperrons (Sarthe). Un deuxième concours vient d'avoir lieu; la distribution des
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récompenseg a été faite le 11 février. Dans cette solennité, M. Charles Carré; organisateur du concours, maire de Rouperroux, a prononcé un discours plein d'entrain qui montre bien l'esprit et l'utilité de ce concours. Voici le texte des paroles qu'il a prononcées :
« Nous fêtons aujourd'hui le quatrième anniversaire de notre concours communal pour les cidres et les plantations d'arbres à fruits à cidre; notre confiance dans sa vitalité n'a donc pas été déçue.
« J'ai encore présentes à la mémoire les paroles que j'ai prononcées eu son honneur dans cette salle. Tout a pu être dit sur notre concours; néanmoins, Messieurs et amis, j'éprouve en ce jour le besoin de vous entretenir à nouveau de son origine, de ses etîets et de son avenr.
« Notre institution, dois-je vous le rappeler, a eu pour berceau la conuexité des intérêts du producteur et du consommateur, et pour drapeau le principe du bien-être général; elle peut donc, sans aucun doute et à juste titre, être fière de son origine et de son blason.
« Quant aux effets généreux de cette institution, ils sont indéniables, et, voudrait-on les mettre en doute, que leur évidence pourrait au besoin ressortir de l'idée même que' comporte notre cérémonie des récompenses; car en venant, en votre nom et au mien, distribuer ces prix et décerner ces médailles à nos cultivateurs laborieux et intelligents pour les soins apportés à la plantation et à la culture des arbres à fruits à cidre, je souhaite implicitement la bienvenue à une source future de revenus et de i ien-être. En effet, l'arbre étant aux fruits ce que l'engrais esta la semence, plus il sera robuste et vigoureux, plus le fruit sera succulent et susceptible de fournir aux classes laborieuses une boisson abondante et bienfaisante. Et en outre, comme le produit est en raison de sa demande, plus la qualité de votre boisson aura été appréciée, plus elle sera recherchée, et soa prix subissant la loi de l'offre et de la demande devra dès lors s'élever et constituer de la sorte une plus-value à la juste rémunération de vos labeurs.
ce Et maintenant, jetons nos regards vers l'horizon, interrogeons l'avenir. Que voyons-nous? Une consommation progressive, aiguillonnant chaque jour la production des cidres. Aviez-vous jamais pu espérer un levier plus puissant pour la réalisation de vos voeux? Je ne le pense pas, Messieurs. Aussi, confiant dans la puissance du nerf de la rivalité, je n'hésite pas un instant à vous déclarer, que, soutenus par votre noble ambition de bien faire, non seulement vous rattraperez, mais distancerez bientôt vos confrères des départements voisins : la Sarthe, à ma grande confusion, je le confesse, ne tenant que le onzième rang parmi ses congénères producteurs de cidres. Est-ce là la place que vous devez occuper? Non, vous dis-je, Messieurs. La générosité de voire sol vous assigne le quatrième ou le cinquième rang ; à vous de marcher et de répondre à de si justes aspirations.
« A l'œuvre donc. Messieurs et amis, continuons sans relâche la tâche que nous nous sommes imposée. L'idée que nous avons émise est bonne, elle fait son chemin et, semblable à la tache d'huile, elle se répand, j'en prends à témoin la Société pomologique de Saint-Lô qui a daigné mhonorer de sa bienveillante attention.
a Dédaignons tous ces sarcasmes qui visent l'initiative privée, celle-ci n'auraitelle d'autre mérite que faire marcher les gouvernement un tant soit peu àra\ant, qu'elle mériterait déjà bien de la France et de la RépubUque.
« J'ai fini, Messieiirs, et, en votre nom et au mien, je bois à la santé de nos lauréats et à la prospérité de l'agriculture par le travail et la liberté commerciale. »
Les lauréats du concours de plantations ont été MM. Blot, Beaufils, Gommard et Mme VveBenoist. — La Société pomologique de Saint-Lô, en décernant à M. Charles Carré une médaille de vermeil, a reconnu, de son côté, la haute utilité de l'initiative qu'il a prise à Houperroux.
L'association amicale des anciens élèves de l'école d'agriculture de Montpellier tiendra sa prochaine assemblée générale le mercredi 7 mars, à cinq heures du soir, dans une des salles de l'école d'agriculture. Cette assemblée aura lieu immédiatement après la clôture des réunions publiques que se propose d'organiser, à l'école, la Société
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centrale d'agriculture de l'Hérault, pour l'étude en commun des questions de viticulture qui intéressent si vivement l'agriculture méridionale.