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I. — Sur le râle des matières azotées en agriculture

Nul être vivant, végétal ou animal, ne peut exister qu'à la condition Je consommer et de s'assimiler une certaine quantité de substances azotées. Les plantes prennent les aliments dont elles ont besoin dans le sein de la terre, parleurs racines; elles peuvent aussi, probablement, formerdes principes iuDuédiats azotés dans quelques-uns de leurs organes au moyen des composés ammoniacaux avec lesquels leurs feuilles sont en contact. C'est dans les matières azotées que les plantes se sont assimilées, que les animaux trouvent les principes qui It^ursont indispensables. Les aliments qui pénètrent dans leurs organismes peuvent être considérés comme se partageant en trois parties : une certaine quantité est assimilée et augmente le poids des individus ; une autre partie, beaucoup plus considérable, est rejetée dans les déjections après diverses transformations opérées dans l'organisme et après avoir fourni à la nécessité constante de la perpétuelle mutation des tissus; enfin, une dernière partie est exhalée dans la respiration et la perspiration. Les travaux de MM. Boussingault, Regnault et Reiset ont mis en évidence cette dernière perte d'azote par les animaux, et nous croyons avoir ajouté quelques faits démonstratifs à l'appui de cette doctrine, contestée par des auteurs allemands. M. Reiseï vient de reprendre la défense des travaux qu'il a magistralement exécutés avec Regnault, dont la mort a été une cruelle perle pour la science moderne. Nous publions, dans ce numéro (p. 449), la note de notre confrère M. Reiset.

Il résulte de là que, dans le circulus de la vie à la surface de la terre, une certaine quantité d'azote isolé revient à l'atmosphère, tandis que, sous l'action incessante des décharges électriques qui traversent l'océan aérien, 1 azote se recombine afin de pouvoir devenir un aliment pour la véj,étation. Il appartient à l'agriculture de cherchera accroître la restitution nécessaire des matières azotées pour activer la végétat'on et augmenter le rendement de ses récoltes. C'est ce qu'il fut en s'efforçant de se procurer, partout où il peut en trouver, des matières azotées susceptibles de former des engrais pour le sol arable. Toutefois, les sources auxquelles il est possible d'avoir recours pour se procurer des matières fertilisantes azotées ne sont pas très nombreuses. En dehors des déjections et des détritus des animaux, en dehors des végétaux en décomposition, on ne trouve guère dans la nature ou dans l'industrie que le nitrate de soude extrait des terres de quelques pays privilégiés, et le sulfate d'ammoniaque que l'on prépare avec les matières des

N. 798. — Tome ^-^ de 1883. — 2i Mars.

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vidantes ou bien en condensant les produits de la distillation de la houille. On sait que, quand on calcine la houille en vase clos, pour former d'une part du gaz d'éclairage^ et d'autre part du coke, on peut arriver à fabriquer, avec les eaux condensées, 9 à 10 kilog. de sulfate d'ammoniaque par tonne de charbon de terre. Aujourd'hui presque toutes les usines à gaz recueillent leurs eaux ammoniacales pour permettre de fabriquer du sulfate d'ammoniaque ; mais les besoins de la consommation ont progressé plus vite que la fabrication, de telle sorte que le sulfate d'ammoniaque qui ne coûtait que 25 fr. les 100 kilog., il y a quarante ans, lorsque nous avons commencé à en conseiller l'emploi aux agriculteurs, a atteint un cours qui dépasse 50 fr. Les demandes de l'agriculture n'en sont pas moins constamment croissantes. D'un autre côté, l'industrie de la fabrication delà soude qui, autrefois, se faisait tout entière par le procédé Leblanc qui avait recours à la chaux, repose aujourd'hui en grande partie sur le procédé Solway qui a recours à l'ammoniaque. La nécessité d'accroître la source de la production du sulfate d'ammoniaque se fait donc de plus en plus sentir. Aussi se fait-il une certaine agitation dans les pays de mines de charbon de terre pour arriver à ne plus laisser perdre les produits de la. distillation dans la calcination de la houille avec laquelle on fait le coke sur le carreau des mines. On voudrait aussi que, dans les établissements métallurgiques, au lieu de brûler de la houille, ce qui entraîne la perte des matières azotées, on n'eiit recours qu'au coke fabriqué en vase clos avec des appareils de condensation. On pourrait ainsi certainement fabriquer chaque année des ciizaines de millions de kilogrammes de sulfate d'ammoniaque et par conséquent mieux pourvoir aux besoins de l'agriculture et de l'industrie. Toutefois il n'y a pas là une nouvelle source d'azote pour l'agriculture, comme le disent quelques journaux agricoles, soit français, soit étrangers, en traitant la question ; il y a seulement le développement de pratiques industrielles qui sont déjà en usage. Le haut prix atteint par le sulfate d'ammoniaque encourage la fabrication du coke en vase clos, mais il n'y aura de véritable solution de la question que lorsque l'on aura trouvé le moyen de faire entrer économiquement l'azole aérien dans des combinaisons ammoniacales ou nitriques. Ce problème n'est pas insoluble, quoique, jusqu'à présent, on en ait en vain cherché la solution.

' II, — Des prcgrès de la meunerie étrangère.

Il est certain que, depuis quelques années, en Angleterre, en Belgique, en Amérique et surtout en Hongrie, la meunerie a fait de très grand progrès dans son outillage et dans les systèmes de mouture employés. Pendant ce temps, la meunerie française, qui naguère était à la tête de l'industrie et n'avait de rivale nulle part, paraît être restée stationnaire, de telle sorte qu3 sur les marchés étrangers les farines françaises ont peu à peu perdu leur réputation de supériorité jadis incontestée. Cette situation a ému le syndicat des grains et farines de Paris, qui a nommé, le 14 février dernier, une Commission chargée d'organiser des expériences sur les différents systèmes de mouture, anciens et nouveaux, dans le but d'indiquer à l'industrie meunière française les nouveaux progrès qu'elle devrait accomplir. Les membres de la Commission sont MM. Gateilier, meunier à La Ferté-sous-Jouarre, président ; — Renoult, meunier à Verneuil ; — Lejards, meunier à Main-

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tenon; — Samuel Marofc, meunier à Troyes ; — Truffaut, meunier à Maintenon; — Vinciennes, mçunier à Vitry-le-François. La Commission a jui^é qu'il y a lieu de faire des expériences comparatives dans les usines où sont établis les divers systèmes de mouture, de manière à obtenir, pour chaque système, des notions sur le rendement, la qualité des produits et la Ibrce motrice employée. Les adhésions des concurrents doivent être adressées, avant le V mai, au secrétariat de la Chambre syndicale des grains et farines, 40, rue Jean-Jacques-Rousseau, à Paris. Ces expériences de mouture n'auront lieu que si les ressources obtenues par une souscription pour en couvrir les frais sont jugées suffisantes. Nous espérons qu'il en sera ainsi, car il s'agit de la prospérité d'une des plus grandes industries agricoles de la France, que nous ne saurions voir, sans un vrai désespoir, dépossédée du premier rang qu'elle avait justement conquis. C'est une question qui mérite d'appeler l'attention du gouvernement et de tous ceux qui sont animés de sentiments patriotiques. Quant au point particulier de savoir si, comme l'avancent quelques-uns, li quantité de ginteu contenue dans les farines a réellement diminué, elle ne nous parai r, pas le moins du monde résolue. Dans une pareille matière, les assertions ne prouvent rien, il faut avoir recours à des expériences positives.

IlL — Sursis d'appel pour les cultivateurs. M. le ministre de la guerre vient d'adresser aux généraux commandant les corps d'armées, la circulaire suivante au sujet des sursis à accorderaux cultivateurs convoqués au printemps dans Tannée territoriale :

Paris, le 19 mars 1883.

« Mon cher général, j'ai décidé qu'il serait accordé cette année, dans une assez large proportion, des sursis d'appel aux hommes exerçant la profession de cultivateur et qui appartiennent aux classes de l'armée territoriale convoquées au printemps prochain.

« En raison de la proximité de l'appel, les demandes d'ajournement pourront vous être adressées directement par les maires.

« Le ministre de la guerre, Thibaudin. »

La mesure indiquée par lettre circulaire sera accueillie ave^ faveur dans toutes les communes rurales.

IV. — Souscription pour élever un monument à Léonce de Lavergnc. Voici la deuxième liste de la souscription ouverte pour élever un monument en l'honneur de Léonce de Lavergne :

Report de la première liste 3,840 francs.

Société nationale d'encowagement à l'agriculture^ 100 —

MM. Dumas, président de la Société nationale (^agriculture, président du Comité 100 —

Foucher de Careil, sénateur, vice-président du Comité 100 —

Say (L'Jon), sénateur, vice-président du Comité 100 —

Doniol,directeurdel'imprimerieiiationale,membredu.Comité. 30 — Esterno (d'), membre de la Société nationale u'agriculture,

membre du Comité 25U

Récipon, député, président de la Société d'encouragement à

l'agriculture, membre du Comité 100 —

Rémusat (Paul de), sénateur, membre du Comité 50 —

Simon (Jules), de l'Institut, s.natcur, membre du Comité.... 20 —

Bétolaud, ancien bâtonnier du barreau de Paris 20 —

Tommy-Martin, avocat à la Cour de Paris 10 —

Martegoute, vice-président delà Société d'agriculture de la

Haute-Garonne F)0 —

Poisson, ancien directeur de la ferme-école du Cher ô —

Gallard 100 —

Duvert (Gustave), membre de la Société d'économie politique. 20 —

Gasté (de), ancien député 10 ■ —

MM. Johanet, administrateur de la Société des agriculteurs de

France 20 —

Buloz (Ch.), directeur de la iîeyxe des Dcuiy-Mondes 200

Hérissant, directeur de la ferme-école lies Trois-Croix 10 —

Vandercome, correspondant de la Siciété nationale d'agriculture, président honoraire de la Société d'agriculture de

Dunkerque 50 —

Passy (Louis), membre de la Société nationale d'agriculture,

député, membre du Comité 50 —

Clavé, membre de la Société nationale d'agriculture 50 —

Barbie du* Bocage, — — — 50 —

Bouquet de la Grye . — — — -50 —

Bouley, membre de l'Institut et delà Société nationale d'agriculture 25 —

Boussingault, membre de l'Institut et de la Société nationale

d'agriculture 25 —

Pasteur, membre de l'Institut et de la Société nationale d'agriculture 10 —

Bignon, membre de la Société nationale d'agriculture 25 —

Gaudin , — — — — ....:. 25 —

Cornu (Max), — — — 25 —

Hardy, — — — 20 —

Retz (comte de), — — — 10 —

Becquerel, membre de l'Institut et de la Société nationale

û'agriculluie 10 —

Renou, membre de la Société nationale d'agriculture 10 —

Panier, — — — 20 —

Berlin, — — — 10 —

Pluchet, — — — 10 —

Luçay (comte de), — — — 10 —

Marie (Eugène), — — — 10 —

Gareau, — — — 10 —

Gayot, — — — 10 —

Aumale (duc d'), — — — 100 —

Duvai (F.-RaouJ), — — — 50 —

Bouchardat, — — — 10 —

Saint-Victor (de), — — — 20 —

Chambrelent, — — — 10 —

Chatin, membre de l'Institut et de la Société nationale d'agriculture 10 —

Peligot, membre de l'Institut et de la Société nationale d'agriculture 10 —

Teisserenc de Bort, membre de la Société nationale d'agriculture, sénateur, membre du Comité 100 —

Total de la deuxième liste 5,970 francs.

Nous rappelons que nous transmettrons au Comité toutes les souscriptions qui nous seront adressées. — A la liste des membres du Comité publiée dans notre dernier numéro, il faut ajouter le nom de M', de Lugorsse, secrétaire général de la Société d'encouragement à l'agriculture.

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