‹ Journal de l'agriculture (volume 2)Chapitre 333 sur 683 · I. — La slar/nation en agriculture · texte numérisé non relu

I. — La slar/nation en agriculture

Le mois de mars qui s'achève au moment où paraîtra cette chronique, a été froid, pluvieux ou neigeux, et en li^énéral défavorable à toute végétation. Aura-t-il fait un grand mal, ou bien son effet définitif sera-t-il de retarder assez le mouvement de la sève, pour que les pousses nouvelles des plantes n'arrivent à voir le jour qu'après que tout danger des gelées printanières aura disparu? Il serait aujourd'hui impossible de prononcer un jugement. La seule chose certaine et fâcheuse, c'est que la production des primeurs a été presque ruinée pour l'année. On ne pourra pas remplacer les cultures détruites. Tout un commerce agricole généralement très florissant a été gravement atteint. Mais ce n'est pas là la grosse affaire de l'agriculture qui demeure en présence d'un inconnu encore insondable. De grands efforts couronnés de succès ont été faits pour ensemencer les terres qui n'avaient pu être mises en état de culture à l'automne. O.i doit attendre maintenant les résultats pour se prononcer sur l'étendue du mal causé par le long hiver pluvieux que nous avons traversé.

Y aura-t-il lieu de venir en aide à une végétation débile, par l'emploi d'engrais en couverture? Peut-être cela sera-t-il nétiessaire dans la première quinzaine d'avril. Mais, dans ce cas, nous conseillerons de toujours faire suivre Tépandage par un bon coup de herse, afin que la matière fertilisante ne reste pas à la surface et puisse pénétrer au moins dans la première couche du sol. Nous avons vu souvent l'engrais en couverture rester inutile, parce que cette précaution n'avait pas été prise. .Mais c'est surtout au mornent de la levée et pendant les premiers temps qui s'écoulent après que les plantes commencent à prendre de la vigueur que l'observation du cultivateur expérimenté est nécessaire, soit pour donner des sarclages, soit quelquefois pour plomber la terre ; l'agriculteur habile n'attend pas que ses récoltes poussent, il fait chaque jour la tournée de ses champs pour commander ici ou là quelque travail supplémentaire, et ce soin qu'il prend n'est jamais perdu. S'il y a stagnation, attente à certaines époques de l'année, pour savoir comment les choses tourneront, il ne pi3ut pas y avoir de repos absolu pour le cultivateur. Son attentif n doit toujours être en éveil; tous les soins qu'il prend sont féconds.

IL — Militaires mis à la disposition des cultivateurs.

Dans notre dernière chronique, nous avons reproduit (page 4i3) une circulaire de M. le ministrd de la guerre relative aux sursis

N« 729. — Tome I"- de 1883. — 3l Mars.

d'appel pour les cultivateura appartenant à l'armée territoriale. On annonce que M. le ministre de l'agriculture vient de saisir son co)lèo-ue de la guerre d'une autre question qui intéresse les populations des campagnes. On sait que, pour augmenter la main-d'œuvre au moment des grands travaux ai^ricoles, l'usages'est introduitde mettre chaque année, à l'époque des récoltes, un certain nombre de soldats à la disposition des cultivateurs. Ces soldats jouissaient de congés accordés en général pour une durée de quinze jours au maximum. M. Méline, voulant donner à l'agriculture une plus large satisfaction, a fait une démarche auprès de M. le ministre de la guerre pour obtenir de lui qu'à l'avenir le temps accordé aux soldats fût porté de quinze ' à vingt-cinq et même à vingt-huit jours. Il a insisté aussi pour qu'on fît coïncider autant que possible la plupart des congés avec l'époque des travaux de la campagne. On assure que M. le ministre de la guerre a immédiatement fait consulter les chefs de corps sur la possibilité et les moyens pratiques de répondre aux vœux de son collègue.

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