‹ Journal de l'agriculture (volume 2)Chapitre 374 sur 683 · V. — La ferme~scole du Lot · texte numérisé non relu

V. — La ferme~scole du Lot

A diverses reprises, nous avons eu à signaler la prospérité de la ferme-école du Montât (Lot), dirigée par M. Pierre Dufour, Nous trouvons une nouvelle preuve de cette prospérité dans le dernier compte rendu que nous venons de recevoir. Nous y constatons qu'aux derniers examens de sortie 1 7 élèves sont sortis avec leur certificat d'instruction. Le recrutement de la ferme-école se fait toujours facilement. 30 candidats, dont plusieurs étaient porteurs de certificats d'études primaires, ont pris part au concours d'entrée, qui a été des plus satisfaisants, et la Commission a pu faire un bon choix parmi eux. La plupart de ces jeunes gens , fils de petits propriétaires ou de fermiers aisés, viennent de communes qui ont déjà envoyé des élèves, et quelques-uns ont été précédés à la ferme-école par un ou plusieurs de leurs frères. 34 apprentis titulaires et 2 supplémentaires sont .présents à l'école. Le meilleur esprit règne parmi eux ; ils comprennent les avantages qu'ils peuvent retirer de leur séjour au Montât, et ils répondent par une application soutenue aux leçons du personnel enseignant. Employés tour à tour aux champs ou aux étables, ils se trouvent familiarisés, au moment de leur sortie, avec le maniement des divers instruments, les différentes opérations de la culture et les soins à donner au bétail.

YL — Le phylloxéra.

Le ministère de l'agriculture vient de publier le compte rendu des travaux du service du phylloxéra en 1882. Ce compte rendu forme un fort volume de 600 pages, renfermant un grand nombre de documents importants. A la suite des procès-verbaux de la session annuelle de la Commission supérieure, nous trouvons le rapport de M. Tisserand, directeur de l'agriculture, dont nous avons récemment présenté une analyse à nos lecteurs, les rapports des délégués régionaux, MM. Gastine, Catta et George Couanon, plusieurs rapports sur les expériences de viticulture entreprises à l'Ecole nationale d'agriculture de Montpellier; l'école a distribué en 1882, une grande quantité de boutures et de graines de vignes américaines : 1 18,000 boutures et un peu plus de 13 kilog. de graines. Il faut citer encore les études de M. Balbiani sur les moyens de détruire l'œuf d'hiver du phylloxéra, et les instructions rédigées par M. Foex sur l'établissement des pépinières de vignes américaines. Le volume se termine par 36 rapports de Comités d'études et de vigilance, et par 1 08 rapports sur le fonctionnement des syndicats de défense. Il est d'ailleurs accompagné de la carte dressée conformément au décret du 31 janvier dernier; cette carte ne comporte plus que deux teintes, l'une pour les arrondissements phylloxérés, l'autre pour ceux dans lesquels on a autorisé la culture des vignes américaines.

On a recommandé avec raison la formation de pépinières cantonales ou communales de vignes américaines. M. L.-V. de Frézenaud, délégué départemental de l'Ardèche, fait connaître une excellente initiative prise par une commune de ce département ; il s'exprime dans les termes qui suivent ;

« La possibilité de reconstituer aujourd'hui nos vignobles détruits par le phylloxéra au moyen des plants américains, pourvu qu'on ait le soin de Lien choisir les variétés qui conviennent au sol et au climat oi\ l'on veut refaire de la vigne,

étaHt un lait certain et prouvé par les nombreuses plantations qui existent dans nos départements méridionaux, nous ne saurions passer sous silence le bon exemple donné par la commune du Bourg-Saint-Andéol (Ardèche).

« Depuis plusieurs années, la vigne qui y donnait du très bon vin est totalement disparue des cultures de cette comtnune.

« La municipalité actuelle, désireuse de ramener la prospérité et l'aisance que possédait jadis le Bourg-Saint-Andéol, quand la vigne y était florissante, après avoir étudié ce qui se passe dans les départements voisins, vient d'établir une pépinière communale d'environ 13,000 mètres carrés, où se trouve une belle source qui permet d'arroser les boutures en été, le tout clos de murs, avec une habitation au milieu servant de logement au gardien de la pépinière.

ce Un bail de dix ans a été passé avec le propriétaire de l'immeuble, et 100,000 boutures des espèces suivantes, ont été achetées et plantées pour être distribuées l'année prochaine aux agriculteurs et vignerons de cette commune, savoir : 50,000 Riparias, 31,000 Jacquez, 1,500 Solonis, 7,000 Herberaonts, 1,500 Cuninghams, 1,000 Rupestris, 2,000 York, 2^000 Viallas, 2,000 Norton Virginias, 1,000 Taylor et 1,000 Elviras.

« En agissant ainsi, la municipalité donne aux vignerons la facilité de se rendre compte, sans sortir de chez eux, comment s'y comportent les diverses variétés plantées dans la pépinière et de pouvoir choisir parmi elles, celles qui leur paraîtront les plus avantageuses pour la reconstitution de leurs vignes.

« Il n'est pas douteux que si beaucoup de municipalités suivaient l'exemple de celle du Bourg-Saint Andéol, nous verrions dans peu d'années le vignoble français aussi florissant qu'ill'était avant l'invasion du phylloxéra. »

Dans notre dernière chronique (p. 484), nous avons signalé une étude de M. Duponchel, ingénieur en chef des ponts et chaussées, à iMontpellier, surîes irrigations artificielles insecticides. Une faute d'impression s'est glissée dans cette note, et nous devons la réparer. Ce n'est pas 100 mètres d'eau par hectare, comme il a été imprimé, mais une quantité de 1,000 mètres cubes qti'exigerait une irrigation insecticide, faite dans de bonnes conditions.

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