‹ Journal de l'agriculture (volume 2)Chapitre 403 sur 683 · VI. — Culture des pins en Sologne · texte numérisé non relu

VI. — Culture des pins en Sologne

Le Comité central agricole de la Sologne vient de décider qu'il décernera une médaille d'or (grand module) à l'auteur du meilleur mémoire sur la culture des pins en Sologne. — Ce mémoire devra, sous une forme très simple, résumer les meilleurs conseils donnés par l'expérience sur le choix des terrains et des essences de pins, les modes de culture, semis, plantations, aération, éclaircies, elagage. Il devra indiquer les moyens de défense contre les maladies, les gelées, les insectes, d'aménagement et d'exploitation, d'utilisation des menus bois et écorces, etc. Le Comité se réserve le droit d'éditer sous forme de petit livre et sous le titre de Planteur de pins en Sologne^ le mémoire couronné, et de le distribuer gratuitement; la propriété et le droit de l'éditer ultérieurement étant réservés à l'auteur. — Les manuscrits devront être adressés le 1" septembre 1883, dernier délai, à M. Ernest Gaugiran, secrétaire-archiviste du Comité, à Lamotte-Beuvron. — - Un billet cacheté renfermant les noms et adresse de l'auteur sera joint à chaque manuscrit.

YII. — Le commerce des vins.

La Société d'agriculture de la Gironde vient d'adresser à M. Je ministre de l'agriculture la lettre suivante :

« Monsieur le ministre, la Société d'agriculture de la Gironde s'est émue du résultat déplorable que ne peut manquer d'avoir, pour les intérêts de la viticulture, du commerce honnête et de la consommation, l'introduction en France des nombreux liquides qui, sous le nom de vins, et sous le bénéfice des tarifs avantaf^eux des traités de commerce, nous arrivent journellement de l'étranger, surtout de la frontière espagnole.

a Plusieurs de ces liquides ne sont qu'un composé d'eau, d'alcool et d'une matière colorante quelconque; les analyses officielles prati [uées sur l'ordre de la douane en font loi. D'autres, tout en se rapprochant de la composition du vin naturel, sont artificiellement alcoolisés a-vant leur entrée .en Fiance, afin de pouvoir être mouillés ultérieurement, et, pour cet usage, on se sert d'alcools de grains ou de betterave qui rendent tous ces liquides plus ou moins nuisibles à la santé publique.

« Après leur entrée en France, l'administration des contributions indirectes leur applique les mêmes droits qu'aux produits naturels de la vigne, ce qui permet à l'alcool aveclejuel ils ont étévinés d'échapper à la taxe intérieure de i56fr. par hectolitre.

«< La Société d'agriculture pense qu'en acceptant, au droit de 2 fr par hectolitre les vins espagnols ayant jusqu'à l3 degrés d'alcool, dans le but, sans doute, de ne pas entraver l'importation de quelques rares produits de la Péninsule qui atteignent naturellement ce degré de richesse, le gouvernement fiançais n'a pu autoriser, par le fait du traité de commerce conclu avec l'Espagne, que l'entrée eu France de vrais vins, produit naturel de la vigne, et non c lie de boissons falsifiées, qui sont en dehors de ces dispositions.

a Elle croit que leur admission ne peut être ({ue le résultat d'une surprise ou d'une fausse inlerpr tation des conventions intervenues entre les parties contractantes.

« Elle sait, du reste, que les agriculteurs espagnols souffrent et se plaignent, eux aussi, de cette déloyale concurrence.

« Si elle accepte, dans l'intéi^êt de la consommation et des affaires, l'introduction en France, à un droit réduit, de vins naturels, il n'en saui-ait être de même pour des baissons qui, en définitive, n'ont du vin que le nom

Cl Elle constate- en même temps, avec regret, que ces pseudo-vins, après avoir trompé la vigilance des autorités, viennent inonder les débits, et portent ainsi ua grave préjudice à la santé des classes laborieuses.

« En conséquence : la Société d'agriculture de la Gironde, au nom de la vitieultuie. au nom du commerce honnête, au iiom de la santé publique gravement

menacée, et dans l'intérêt du Trésor, proteste contre une fausse application du larif, ([uand il traile comnae vin un produit qui n'alï'ecte d'en prendre les allures et réti([uctte qne pour franchir notre frontière aux iiiêmes conditions que ce dernier, pour obtenir un permis de consommation qui devrait lui êire rigoureusement refusé;

« Elle appelle l'attention du gouvernement sur la nécessité d'une application plus sévère et plus exacte des lois existantes pour empêcher l'entrée en Fi'ance des vins non naturels, lesquels contiennent le plus souvent des substances nuisibles à la santé;

« Elle demande, en outre, que l'administration des contributions indirectes soit obligée de frapper de la taxe intérieure qui grève les alcools tout liquide reconnu par la douane comme étant constitué par un mélange d'alcool, d'eau, ■îtc.

« Nous avons l'honneur d'être, etc.

Le Secrétaire général^ S. Gojpérie. Le Président, A. Plumeau.

Nous espérons qu'il sera donné suite à ce vœu qui est celui de tous les viticulteurs. La Société d'asrriculture de la Haute-Garonne et la Société centrale d'agriculture de l'Aude ont exprimé des vœux dans ïc même sens.

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