‹ Journal de l'agriculture (volume 2)Chapitre 532 sur 683 · A M. LANGE, A FAUVILLE (SEINE-INFÉRIEURE · texte numérisé non relu

A M. LANGE, A FAUVILLE (SEINE-INFÉRIEURE

J'ai déjà dit ici, même autrefois, quand je trouvais encore quelques loisirs, un mot du pommier, peut-être aussi de la Bretagne. L'avenir de la Bretagne et l'avenir du pommier se manifestent en même temps par un développement de production qui dépasse de beaucoup le mouvement moyen de l'agriculture.

La production du cidre s'est élevée en Bretagne, en 1881, à 7,473,000 hectolitres, et en Normandie, à 7,01 1,000.

Cette production s'est réduite, en 1 882, en Bretagne, à 3,432,000 hectolitres, et en Normandie, à 3,275,000.

La Bretagne surpasse donc la Normandie, à l'heure actuelle, dans la production du cidre, tandis que nous avons vu longtemps cette rude Armorique, arriérée dans ses fermes, engourdie dans une séculaire immobilité. — Sans écoles et sans chemins, ses ressources demeuraient inexploitées.

Depuis vingt ans les routes ont animé la robuste contrée. Depuis dix ans les écoles ont réveillé le fier esprit de ses habitants. Le mouvement imprimé fera désormais surgir de ce sol du blé, des animaux, du cidre...., et des hommes de notre démocratie.

Tous les propriétaires aperçoivent aujourd'hui les avantages du pommier. Les défrichements et les plantations occupent les cultivateurs avancés. Les parages boisés, à l'abri des grands vents de la mer, se couronnent de pommiers.

Les cantons de Concarneau et de Touesnant, près de Quimper, présentent des vues pleines de ravissement par TOcéan au loin couvert de bateaux de pêche, et par des champs garnis de pommiers. Le chêne antique des Vénètes protège le pommier, le cerisier et le prunier.

J'ai planté et je conseille de planter le pommier en faisant des trous de 1 mètre carré d'ouverture et d'une égale profondeur.

Le fond des trous est garni des premières terres de la surface. Dans les terres argileuses, une couche d'ajonc placée sous ces premières terres, rend divers services appréciés en Normandie, et je recommande, moi-même, cette pratique. L'ajonc est un diviseur, et c'est un agent de fertilité.

En plantant, 2 ou 3 kilog. de phosphate de chaux par sujet, répandu avec la terre sur les racines, constituent une bonne opération. C'est une faible dépense : vingt à vingt-cinq centimes par pommier.

Nos terres siluriennes et granitiques manquent de calcaire. Le phosphate fossile de chaux agit sur ces terres avec énergie. Il se manifeste par un accroissement de récolte, soit répandu sur les cultures arables, soit employé sur les prairies. Son effet, sur les jeunes plantes, est de même sorte, s'il est directement employé dans la plantation. — Dans les récents défrichements, une brouettée de fumier de ferme par sujet forme en outre un apport d'aliments que je considère de première nécessité pour le jeune plant.

Voilà ce que je conseille dans la plantation.

La distance des plants peut varier de 7 à 10 mètres : en bordure 7 mètres; en quinconce, 10 mètres. J'ai fait des plantations en bordure à 6 mètres, mais en terrains secs.

La meilleure hauteur des sujets est de r"70 à 2 mètres. Une tête plus basse est incouimode. — Dans la taille des premières années, il convient de former des branches se dressant à la circonférence.

La défense du jeune pommier en place constitue une stricte obligation. Vous me signalez, monsieur, cette défense. Elle est une charge assez lourde dans les localités peu boisées.

Une bonne armature se fait, dans les fermes boisées, au moyen de trois ou quatre pieux solides, de la hauteur d'un homme, reliés par des taquets. Quatre pieux sont beaucoup plus sûrs que trois.

Les garnitures en tôle remplacent les pieux dans les localités peu boisées, mais sans les valoir, quoique peu coûteuses.

Dois-je terminer ma réponse par un mot encore sur l'avenir du pommier, et n'en ai-je point assez dit plus haut?

En septembre 1881, dans un voyage en Normandie, j'admirais partout la charge de fruits recouvrant les vergers. Chez un de mes amis, M. Emile Lafosse, maire de Saint-Samson-de- Bon-Fossé (Manche), un verger de 30 à 35 ares, planté de trente-cinq arbres, a dû fournir 350 à 400 hectolitres de pommes, au prix de quatre francs au moins. Cela constitue un produit de 1,400 francs. Supposant un rendement biennal, selon la production normale observée, le revenu moyen du verger se traduit par la somme annuelle de 700 fr. Je ne compte pas ici l'herbe récoltée ; je la laisse en surcroît de profit.

Ce verger n'est pas seul, mais réunissant de moitié ce résultat mentionné, on trouve encore 350 francs de revenu annuel pour trente-cinq arbres sur moins de 35 ares, soit 10 francs par are et par arbre.

Il n'est pas difficile de prévoir l'avenir du pommier quand de semblables résultats sont vus partout le monde. La seule chose nécessaire, c'est de bien dégager ces résultats et de bien y porter l'attention publique.

La Normandie est préparée à l'accroissement de ses plantations. Je viens encore d'y passer trois semaines, et j'ai vu comment le pommier y gagne d'espace.

La Bretagne, qui a plus à faire, qui a commencé plus tard, se monlre poussée par la même clairvoyance. Je vous ai donné plus haut le rendement de ses vergers.

Vous me dites que vous voyez avec regret les cidres de Bretagne se vendre moins cher sur la place de Paris que les cidres d'Alençon : 1 6 à 1 8 francs, au lieu de 24 à 25.

Cela tient d'abord au grand nombre de pommes acides de nos vergers. Cela dépend ensuite de la fabrication. Enfin, cela vient aussi de la conservation en fûts trop petits, de 2 hectolitres à 6 hectolitres.

Les nouvelles plantations corrigeront la qualité des fruits, en proscrivant les pommes acides. Les jeunes cultivateurs amélioreront la fabrication du cidre, par Tétude de cette fabrication dans les ouvrages spéciaux. La conservation deviendra meilleure à son tour par un changement progressif du matériel de nos celliers, en se procurant de plus grands fûts.

Laissons encore un peu agir le temps. La République nous donne les écoles. Attendons les résultats, en demandant seulement à ceux qui ont achevé leurs études par l'école, le livre et la pratique, de contribuer à ce résultat par leurs exemples et leurs conseils.

Pierre Méheust.

Je ne suis point professeur, et ce ne sont pas des leçons que je veux donner dans cette petite série d'articles ; ce sont tout simplement quelques faits observés dans ma longue carrière d'éleveur, dont je tiens à faire profiter ceux qui viendront après moi et que je crois utile d'enregistrer avant de quitter ce monde pour l'éternité. Je n'ai formé aucun plan, je ne suivrai aucune méthode; ce sera une causerie à bâtons rompus, tantôt sur un sujet, tantôt sur un autre; tantôt sur un principe, tantôt sur son application pratique; tantôt sur une espèce, tantôt sur une autre, mais en me renfermant toujours et exclusivement dans la pratique, ses petits secrets, ses moyens et ses observations. Voilà ma préface, elle est encore trop longue, mais pour, qu'on ne se méprenne pas sur mon but, je ne puis guère être plus bref.

Nécessairement je parlerai surtout de la race durham. Je ne connais que celle-là et ne veux pas en connaître d'autres. Je suis trop vieux maintenant pour m'occuper des autres races, lesquelles sont toutes inférieures, et de beaucoup, à celle qui est devenue, du consentement unanime des agriculteurs sérieux et intelligent, la seule qui vaille la peine d'être cultivée, soit pour elle-même dans toute sa pureté, soit comme élément essentiellement améliorateur par le croisement.

On a beau regimber, on a beau faire vibrer la corde chauvine d'un patriotisme frelaté et poussif, la race durham est incontestablement la meilleure qui existe au monde, c'est la reine de toutes les races bovines, celle dont on recherche toujours les éléments reproducteurs dans le monde entier, soit pour régénérer les vieilles races locales, soit pour les remplacer absolument. C'est la race de l'avenir, la seule dont la culture peut donner des bénéfices. C'est celle qui réunit, à un degré incomparable, toutesles qualités que comporte l'espèce bovine. C'est elle qui donne les rendements les plus abondants en lait et en viande, et celle qui, au point de vue esthétique, offre la symétrie la plus pure et la plus parfaite, l'équilibre le plus complet, le développement des formes le plus harmonieux et l'ensemble le plus agréable au regard. C'est cette race qui, pour la précocité, la qualité moelleuse de sa chair et de son toucher, s'adapte avec le plus de facilité, soit à la sécrétion laitière pour l'herbager, soit à la production prompte, facile et peu dispendieuse de la viande, c'est-à-dire du muscle et de la graisse pour l'engraisseur. Il ne s'agit point ici d'un parti pris, d'un enthousiasme exclusif, il s'agit encore moins de l'engouement irréfléchi d'un amateur aveugle et maniaque, il ne s'agit point d'un défi jeté par esprit de contradiction, aux adhérents des autres races, il s'agit d'une conviction profonde basée sur de longues études comparatives, et sur une pratique de plus d'un demi-siècle. Ma sincérité n'est donc pas douteuse, et je n'ai jamais eu d'autre ambition que celle de convertir à cette conviction, le plus grand nombre d'éleveurs possible, et d'étendre de plus en plus la sphère d'élevage de la race durham, non seulement en France mais dans le monde entier.

Le succès a, daps ces dernières années, donné un grand élan à ma propagande. Mon zèle pour cette puissante cause de progrès s'est rajeuni, et, au moment où j'allais songer à la retraite, laissant la car-, rière à des hommes plus jeunes et plus robustes, sinon plus zélés et

plus convaincus, les attaques de mes adversaires d'un côté, et de l'autre, le succès de plus en plus accentué qui récompense et encourage mes efforts, m'ont relancé dans la vie active du propagateur, et j'irai ainsi jusqu'à ce que la mort vienne y mettre un terme absolu. Mais, mon œuvre me survivra, mon nom pourra même disparaître dans l'oubli, mais le triomphe final de la race durham en Franco n'en sera pas moins assuré, ni moms fermement établi. D'ailleurs, les laits sont bien autrement éloquents que mes faibles paroles. Leur logique est, en faveur de ma thèse, d'une force irrésistible. Voyez ce qui se passe dans l'univers entier. Voyez ces chargements de reproducteurs Durhams qui, chaque jour, pour ainsi dire, partent de Liverpool, de Birkenhead, de Glascov^, de Southarapton et de Londres, à destination de toutes les parties du monde et des climats les plus les plus divers*.

Est-ce là une simple fantaisie de vogue ? iNon, car voilà bien des années déjà que ces expéditions se suivent sans interruption, et comme elles exigent de grands sacrifices d'argent, on ne peut éviter de conclure que l'expérience est faite, et que le succès de ces importations est si éclatant, que, malgré la dépense énorme qu'elles occasionnent, on sent partout la nécessité et l'opportunité de les continuer, car elles assurent à ces lointains pays, des éléments de progrès et de richesse, qui compensent, et bien au delà, les sacrifices que l'on s'impose. Mais sans aller si loin, jetons les regards autour de nous, dans nos concours, dans nos etables même. N'entendons-nous pas dire, quand on aperçoit un animal montrant des qualités qui n'appartiennent point à sa race primitive : ce n'est pas étonnant, il a du sang durham? Est-ce que dans nos expositions, les plus beaux animaux ne sont pas, soit pur sang Durham, soit croisés Durhams? Je l'ai maintes fois constaté, dans les concours d animaux gras du palais de l'industrie, n'est-ce pas l'élément durham qui invariablement rehausse l'éclat des expositions et par le nombre et par la qualité? Il faut être volontairement aveugle pour ne pas voir tout cela.

Maintenant ramenons cette énonciation d'un principe basé sur des faits aussi patents, aussi clairs, aussi incontestables, à la pratique agricole et voyons l'application qu'il faut en faire, sous peine de rester en arrière, dans la routine, c'est-à-dire dans l'impuissance.

Ce qui suit est le résumé succinct d'une correspondance que je soutiens depuis longtemps déjà avec des agriculteurs jeunes et vieux qui me font Ihonneur de m'écrire de tous les points de la France et de l'étranger. « Je lis avec attention et intérêt, me disent-ils, les articles que vous publiez dans le Journal de f agriculture, sur la race durham; je suis enfin convaincu que vous avez raison, mais cela coûte si cher, que nous autres pauvres cultivateurs n'avons guère le moyen d'acheter des Durhams, etc., etc. m C'est toujours la même histoire. On est convaincu, mais la question d'argent se met en travers et on ne se décide point. Voici ce que je réponds : Vous avez un troupeau de vaches, il vous en faut en agriculture, car, la production du fumier est une condition sine qua non de la culture lucrative du sol. Il y a des gens qui croient possible de se passer de fumier, pour n'employer que des

1. Au moment où j'écris ces lignes, un bateau à vapeur ciiinois le Kian(i-Yu embarque à Greenoclc pour la Chine, un cbargement de 50 reproducteurs do la race durham. N'est-il pas étrange que ces imporlaleurs ne sont pas vonus en France nous demander, de préférence, un chargement de noire race d'Aquitaine, mais, n'est-il pas plutôt proliable que ces bons chinois partagent mon ignorance, au sujet de cette fameuse race dont l'existence est pour moi un mythe' absolu.

engrais artificiels ; j'en connais même qui ont vendu toutes leurs bêtes à cornes sous prétexte que c'étaient des machines à faire du fjmier, trop dispendieuses, et que l'engrais, ainsi produit, était trop cher, etc. Je reviendrai sur cette question plus tard. A ces gens-là je crie qu'ils se trompent, que la culture sans fumier avec l'aide exclusif des engrais artificiels, est peut-être possible dans des terres fortes et profon les et naturellement très fertiles, à condition, comme à Loïs-Weedon, qu'elles soient profondément cultivées et soigneusement jachérées, mais que la généralité des terres ne comporte point cette condition. Il faut donc du bétail non seulement pour produire du fumier mais surtout pour produire du lait, du beurre et du fromage, puis finalement et fatalement de la viande. Seulement, il s'agit de bien choisir la race la mieux appropriée à ces productions, car avec une race ingrate, dure, lente à se développer, peu ou point laitière, grossière de membres, coriace de peau, dont la charpente osseuse n'est point recouverte de muscles, ayant peu ou point d'aptitude à l'engraissement, que la moindre sécrétion laitière, même la moins abondante, fait maigrir à un degré anormal, avec des hanches et des reins étroits, des épaules saillantes, des côtes plates, une échine décharnée, des cuisses maigres et fuyantes, une attache de queue fixée au milieu du dos, un cou dégagé, maigre et plat, une tête allongée, un cornage menaçant le ciel et des pattes longues et grossières, une poitrine étriquée, un flanc retroussé, etc., etc.; et qui ne reconnaît dans ce portrait le misérable bétail que nous voyons presque partout dans nos campagnes? avec tout cela, dis-je, un troupeau, ainsi caractérisé, ne peut être qu'un fardeau ruineux pour un agriculteur Mais, si malgré ces défecluosiiés flagrantes, au lieu du taureau de même acabit, qui sert à féconder ces tristes épaves , on se décidait à faire l'acquisition d'un taureau durham très pur de sang, avec une généalogie inscrite au Herd-book, comme garantie, d'une lignée suffisamment établie, et provenant d'une famille laitière, la baguette d'un magicien n'est pas plus puissante que l'emploi de ce taureau durham dans ce troupeau, à opérer une ti*ans- • formation radicale, qui se manifestera dès les premiers produits, par les qualités contraires aux défauts que je viens d'énumérer.

Il ne s'agit donc pas. tout d'abord, pour utiliser l'aliment améliorateur durham, de dépenser de grosses sommes pour acquérir un troupeau d'élite, et se mettre à fabriquer des taureaux purs, car j'admets' que cela coûte cher, mais tout simplement de faire l'acquisition d'un jeune taureau durham, bien choisi, laquelle n'entraînera qu'un sacrifice de tout au plus un millier de francs. Certes ce sacrifice n'est pas exhorbitanten comparaison du prix des taureaux normands; flamands, solognots, auvergnats, etc., etc., dont on ne craint pas de se servir dans les campagnes. Ces taureaux se paient souvent aussi cher qu'un taureau durham. Dans tous les cas la différence du prix, quand on la rapproche des résultats, est plus qu'insignifiante, et je n'hésite jamais à conseiller à mes correspondants, de se mettre enroule pour venir voir mon Iroupeau. C'est un petit voyage facile et peu coûteux qui ne demande ni beaucoup de temps, ni beaucoup d'arçrent, et que ceux qui se décident à suivre mon conseil, se félicitent toujours d'avoir accompli. Si je n'ai pas les animaux qui leur conviennent, ce qui arrive souvent, car la demande de taureaux excède de beaucoup ma production, je puis toujours, au moins faire voir à mes visiteurs des types convenables, et à

la première occasion, il m'est facile de leur trouver en Angleterre, à des prix très modérés, les reproducteurs ([ui leur conviennent.

Mon conseil aux jeunes éleveurs est donc de se procurer., avant tout, un bon taureau durhani. Mais il importe de le bien choisir et pour cela il faut non seulement examiner ses formes extérieures, sa symétrie, l'équilibre de ses lignes, la qualité de sa peau et l'élasticité de ses. muscles; il faut surtout étudier son pedigree, et c'est sur ce point que je vais offrir maintenant quelques considérations pratiques qui permettront, même à ceux qui sont le moins initiés à la science héraldique du lIerd-book,de pouvoir apprécier d'un coup d'œil, la valeur des généalogies.

Les généalogies des Durhams modernes se décomposent en deux parties distinctes ; celle, la plus ancienne, qui comprend les ancêtres de la race, à partir de leur enregistrement historique, lesquels sont communs à toutes les familles pures, puisque ce sont avec ces anciens reproducteurs que les grands éleveurs de la fin du siècle dernier et du commencement du présent, ont pu former, en race distincte, par les soins rigoureux d'une sélection judicieuse, sous le nom de race courtescornes^ les éléments de la race de ïeeswater ou de Holderness, lesquels étaient épars et disséminés dans le nord de l'Angleterre et surtout sur des bords de la rivière Tees, aux environs de Darlington, et dans la partie centrale des deux divisions du comté d'York. La seconde partie des généalogies comprend les taureaux des familles distinctes créées par les grands éleveurs, tels que les Booth et Bâtes. Ces deux éleveurs éminents ont pu, dès le commencement du siècle actuel, combiner les éléments que leur avaient fournis les frères Colling, Mason, Major Bower, Stephenson, Whitaker, Jolly, Hunter, Whelherell, Waistell, Penny man, Hutchinson, Marlerman, Major Rudd, Coates, Champion, lord Spencer, sir Charles Kinghtley, Jobling, sir H.-V. Tempest, etc. Voilà les principaux éleveurs qui ont fourni les premiers éléments de la race améliorée, et la plus ancienne partie de toutes les généalogies remonte aux troupeaux de ces premiers fondateurs de -la race améliorée de Teeswater^ maintenant la race courtes cornes, ainsi nommée pour la distinguer de la race longues cornes, dont Bakeweil avait entrepris 1 ingrate amélioration, à peu près à la même époque.

A côté de ces généalogies qui remontent directement à. une origine tracée "et inscrite dans les premiers volumes du Herd-book, il y en a d'autres, dont les ancêtres inscrits ont une date plus récente, mais dont la pureté de sang n'est pas moins authentique. A l'époque où le premier volume du flerd-book fut publié en 1822, il s'en fallut de beaucoup que les noms de tous les reproducteurs de la race durham fussent envoyés au rédacteur, M. Coates, pour être inscrits dans son registre. Un grand nombre d'éleveurs ne furent pas tout d'abord convaincus de l'utilité d'un semblable recueil, et ce n'est que plus taid, à partir du sixième volume, que l'inscription enfin reconnue comme indispensable à Tauthenticilé de la pureté de sang chez les reproducteurs de la race durham devint plus générale. C'est ce qui explique les généalogies relativement courtes de certains animau:^ dont l'inscription fut plus tardive, mais dont le sang n'est pas moins pur ni moins distingué. Pour ces généalogies c'est le nom de l'éleveur des premières générations qui devient la garantie de leur pureté de sang. D'un autre côté les directeurs du Herd-book n'ont jamais exigé plus de quatre généra-

tions d'ascendants inscrits, pour l'admission à l'inscription. L'assimilation absolue des produits aux traits caractéristiques de la race, étant une preuve que les premiers facteurs, sans être inscrits, possédaient une dose suffisante de sang pur, pour être reconnus comme appartenant à la race. Quoi qu'il en soit, il est bon de ne pas trop se fier à ces courtes généa]oii;ies, et même, à mérite individuel inférieur, préférer des animaux dont l'origine remonte d'une manière authentique à une longue lignée d'ascendants appartenant à une même famille, car là est la plus sûre garantie d'une transmission infaillible et continue, des qualités qui distinguent cette famille, et qui l'ont fixée dans l'estime des éleveurs, en lui donnant une renommée spéciale et reconnue.

Dans les derniers temps, la coutume s'est établie d'indiquer dans les catalogues privés le nom des éleveurs de chaque ascendant, et c'est une excellente innovation, car le mérite de l'éleveur s'attache à l'animal et contribue dans une large mesure, à lui douner de la valeur. Ainsi quand on voit qu'un animai a été élevé par tel ou tel éleveur, par exemple Robert et Charles CoUing, Bâtes, les frères Boolh, Mason, lord. Spencer dans les anciens temps, et dans les temps modernes, Jonas Webb, lord Bective, lord Donmore, le duc de Devonshire, le colonel Kingscote, les frères Slratton, lord Fitzhardinge, Hugh Aylmer, Leney, Kennard, lord Penrhyn, Georges Fox, Ashburner^ Fawkes, le colonel Towneleg, Eas wood, sir Charles Tempest, lord Ducie, Ambler, lord Feversliam, Loder, sir Henry Alsopp et plusieurs autres également illustres, on peut conclure que la généalogie est d'une pureté incontestable. Mais dans les anciens cataloo;ues et dans le Herd-book luimême, le nom des éleveurs n'est pas cité, et il faut pour les connaître avoir recours au Herd-book lui même, ce qui n'est point pratique, car cet ouvrage qui ne compte pas moins de 29 volumes, n'existe en France, surtout, que chez quelques éleveurs et est par conséquent difficile d'accès et de plus très dispendieux.

Pour guider les recherches de ceux qui ne possèdent pas ces volumes, je* vais citer quelques taureaux dont les noms, figurant à l'origine des généalogies, sont une garantie, non seulement de pureté de sang, mais de grande distinction. Je citerai ensuite les généalogies des familles les plus laitières, de manière à guider, autant que possible, le choix des jeunes éleveurs. Ceci fait, je traiterai de la seconde partie des généalogies, c'est-à-dire celle qui comprend les ascendants modernes.

[La suite prochainement). F.-R. de la. Tréhoninais.

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