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IV. — Service sanitaire du bétail

Dans notre dernier numéro, nous avons publié (page 232) deux décrets relatifs, le premier aux bureaux de douane ouverts à l'importation et au transit du bétail, le second aux ports de mer ouverts à l'exportation. Des vétérinaires sont commissionnés, dans les ports, pour la visite des animaux destinés à l'exportation ; un arrêté de M. le ministre de l'agriculture a décidé que leurs honoraires seraient fixés de 30 à GO centimes par tête pour le gros bétail, et de 10 à 20 centimes pour les moutons, chèvres, porcs, suivant le nombre d'animaux soumis à leur examen. Pour la méthode à suivre dans cette visite sanitaire, les instructions suivantes devront être observées ponctuellement :

Aux termes du décret du 22 juin 1 882, portant règlement d'administration publique pour l'exécution de la loi du 21 juillet 1881, les animaux exportés par mer ne peuvent être expédiés que par certains ports spécialement déterminés par décret et sur la présentation d un ci-rificat de santé délivré par un vétérinaire.

Pour l'exécution de ces prescriptions, un décret du 6 avril dernier a dcsigné les ports ouverts à la sortie des animaux.

Dans chacun d'eux le permis d'embarquement n'est délivré qu'après l'accomplissement de mesures sanitaires ayant pour objet de sauvegarder les intérêts de notre commerce, en prévenant l'envoi à l'étranger de tout animal atteint ou suspect de maladie contagieuse.

Dans les ports où les circonstances permettent l'organisation d'un service sanitaire, la visite des animaux destinés à l'exportation s'eliectuera sur le quai même d'embarquement et seulement de jour.

Elle portera sur clinique animal individuellement, et le certificat de santé ne pourra être délivré qu'après l'inspection de tous les animaux. présents sur le quai.

Le véléi inaire devra s'assurer 'le la salubrité du navire eraj)l»yé au transport et constater le bon état de propreté des parties destinées à recevoir les animaux, des pontons et passerelies, et en général de tous les objets servant à l'embarquement.

Si, pendant l'examen d'un troupeau, un cas de maladie contagieuse est constaté, le certificat de santé sera rigoureusement refusé, non seulem-'nt pour l'animal malade, mais pour tous les animaux susceptibles de contracter la mè(ne maladie soit qu'ils fassent partie du même troupeau, soit qu'ils aient été trouvés en contact avec les animaux atteints.

De plus, les uns et les autres seront immédiatement isolés, les malades séparés de ceux simplement suspects et les au'orités de police averties.

Enfin, les quais et les emplacements où les animaux auront stationné seront désinlectés après chaque départ.

Par ces mesures, l'organisation du service sanitaire des animaux est absolument complète en France, aussi complète que dans tout autre pays. La suspicion, d'ailleurs peu légitime, que l'on entretient avec complaisance dans quelques contrées, notamment en Angleterre, contre notre commerce d'exportation du bétail, devra disparaître. Les satisfactions les plus complètes sont données à toutes les exigences. Il en est, d'ailleurs, de même à l'intérieur; le service sanitaire fonctionne aujourd'hui avec régularité dans la plupart des départements, au grand bénéiîce des agriculteurs et du commerce du bétail.

Y. — Herd-book de la race normande.

Depuis plusieurs années, on se préoccupe activemetit de la création d'un herd-book spécial pour la race bovine normande. La réalisation de ce progrès important paraît être sur le point d'aboutir. En effet, une Commission spéciale a été récemment créée pour organiser un livre généalogique de la race bovine normande dans les quatre départements du Calvados, de l'Eure, de la Manche et de la Seine-Inférieure. Sur ce herd-book seront inscrits les animaux reproducteurs de race pure, qualifiés au point de vue des formes et des aptitudes, ainsi que les animaux issus de père et de mère déjà inscrits. Les éleveurs doivent envoyer les demandes d'inscription, à la préfecture du Calvados : ces demandes sont reçues depuis le 1" mai jusqu'au 15 septembre 1b83 pour les animaux appartenant aux départements du Calvados et de l'Eure, et jusqu'au 15 mars ISS't pour les animaux des départements de la Manche et de la Seine-Inférieure.

VL — Nécrologie.

Nous avons le vif regret d'annoncer la mort de notre confrère de la Société nationale d'agriculture, M. le com.te d'Esterno. Il était âgé de soixante-dix-huit ans, et sa longue carrière a été tout entière vouée à la défense des intérêts agricoles. Il fut, en 1844, un des membres les plus actifs du Congrès central d'agriculture dont il a été secrétaire; il fut aussi un des fondateurs de la Société d'économie p ilitique. On lui doit plusieurs ouvrages importants, écrits avec verve et talent, sur les privilèges dont souffre l'agriculture et sur le crédit agricole. Dans ces dernières années, il s'était voué avec une ardeur vraiment juvénile à la destruction des loups; nos lecteurs se souviennent certainement des articles intéressants qu'il a publiés dans nos colonnes. Il possédait à la Vesvre, près d'Autun (Saône-et- Loire), un grand domaine sur lequel il avait exécuté d'importants travaux de reboisement et d'irrigations.

VII. — Souscription pour élever un monument à Léonce de Lavergne. Voici la dixième liste de la souscription ouverte pour élever un monument à Léonce de Laver£:ne :

Fr.

Report de la neuvième, liste: 9,183 50

Liste de V Ecole Mathieu de Dombasle, à Nancy.

MM. Thiry, directeur de l'Ecole 5 00 \

Berb'ain , directeur de l'abattoir de Nancy, professeur \

de zootechnie 5 00 1

Bichat, piofesseur de physique à la Faculté des

sciences de Nancy 5 00

Crépey, surveillant 2 00

Dapp, professeur d'allemand 5 00

Grandeau, doyen de la Faculté des sciences, professeur de chimie agricole 5 00 \ 63 00

Guillaume, surveillant général 2 00 (

Henry, professeur d'horticulture et d'arboriculture. 2 00 l Lapointe, ingénieur civil, professeur de génie rural. 5 00 \ Pargon, professeur départemental d'agriculture,

directeur des études ' 5 00

Puton, directeur de l'Ecole forestière de Nancy, professeur à l'Ecole 5 00

Les élèves de l'Kcolc 17 00 /

Comice agricole de Samt-A\Qnan sur Iloé (Mayenne)

Sociéi é d'agriculture de Verdun (Meuse)

MM. Java!, ingénieur *

Lemoine (Victor)

Lemoine (Emile)

Meurinne, conseiller général de l'Oise

Naurois j de)

Comice agricole de Toul (Meurthe-et-Moselle)

Société d'agriculture de Compiègne (Oise) 25 00 )

Collecte faite parmi ses membres à la séance de mai. . . 45 00 \

Total de la neuvième liste 9,i3o 50^

Nous rappelons à nos lecteurs qu'ils peuvent envoyer leurs souscriptions à M. Henry Sagnier, secrétaire du Comité, aux bureaux du Journal de t agriculture.

Vin. — Monument élevé à M. Dutertre.

Nos lecteurs savent qu'une souscription a été ouverte pour élever un monument sur la tombe de M. Dutertre, ancien directeur de l'école nationale de Grignon, dans le cimetière de Thiverval. L'inauguration du monument aura lieu le jeudi 24 mai. Le Comité d'honneur qui dirigera cette cérémonie a pour président d'honneur M. Dumas, président de la Société nationale d'agriculture, et pour président M. Boitel, inspecteur général de l'agriculture, président actuel de l'association amicale des anciens élèves deGrignon. Le départ de Paris aura lieu le 24 mai, à midi et demi, par la gare Montparnasse.

IX. — Militaires mis à la disposition des cultivateurs. M. le ministre de la guerre a adressé, à la date du 30 avril, la circulaire suivante à tous les généraux commandant les corps d'armée :

« Mon cher général, j'ai décidé que des travailleurs militaires seront mis cette année, comme les années précédentes, à la disposition des cultivateurs pour les travaux des récoltes, en tenant compte des besoins des diverses contrées.

« A cet effet, des permissions de trente ou de vingt jours, suivant le cas, pourront être accordées aux militaires qui en feront la demande, dans les conditions déterminées par les circulaires ministérielles des 5 juillet 1877, 24 juin 1878, 12 août 1879, et les lettres collectives des 28 mai 1881 et 25 mars 18'<2.

« Je vous prie de donner les ordres et avis en conséquence, dans l'étendue de votre commandement.

« MM. les ministres de l'intérieur et de l'agriculture sont informés de la décision dont il s'agit.

Le minisire de la guerre^ Thibaudin. »

Il est à souhaiter que tous les militaires qui seront mis à la dispo-

sition des cultivateurs pour les travaux des récolles, jouissent de congés de trente jours, comme le fait espérer la circulaire que l'on vient de lire. Ainsi se trouverait réalisé un des vœux que les agriculteurs ont le plus souvent exprimé depuis quelques années.

X. — Concours pour des chaires dans les écoles d'agriculture.

Deux chaires sont vacantes actuellement dans les écoles nationales d'agriculture, et des concours seront ouverts prochainement pour la nomination des titulaires.

Un concours sera ouvert à Paris, le lundi 20 août 1883, pour la nomination à un emploi de professeur de physique, chimie, minéralogie et géologie appliquées, dans les écoles nationales d'agriculture.

Un concours sera ouvert à Paris, à l'Institut national agronomique (Conservatoire des arts et métiers), le lundi 6 aoijt 1883, pour la nomination d'un titulaire à la chaire de génie rural de l'école nationale d'agriculture de Grignon (Seine-et-Oise) .

Le programme de ces concours est adressé aux personnes qui en font la demande au ministre de l'agriculture.

XL — Machines propres aux irrigations.

Une exposition internationale de machines et appareils élévateurs des eaux pour l'irrigation des terres et pour l'abreuvage des animaux, sera ouvert à Gagliari (Sardaigne), à partir du l" juin 1883. Les demandes d'admission seront reçues par le Comité directeur jusqu'au 15 mai prochain. On distribue le programme de cette exposition, au ministère de l'agriculture, bureau des encouragements, boulevard Saint-Germain, 244.

Xn. — Préparation des fumiers.

La Société d'agriculture de l'arrondissement de Meaux, présidée par par M. Gatellier, ouvre un concours entre les cultivateurs du canton de Grécy pour la fabrication, la conservation et l'emploi des fumiers de ferme. La Société considère, à juste titre, que parmi les progrès à réaliser dans l'intérêt de l'agriculture, figurent au premier rang ceux relatifs à la bonne fabrication des fumiers de ferme, et à l'application des procédés les meilleurs pour empêcher l'évaporation des principes fertilisants qu'ils contiennent. Le jury aura à examiner les procédés employés pour la bonne composition et la conservation des fumiers de ferme, les mesures prises pour recueillir et utiliser les purins, déjections humaines, déchets divers; le tassement soigné des fumiers; les abris, procédés mécaniques ou chimiques pour arrêter l'évaporation des gaz fertilisants ; les appareils pour le transport; les méthodes pour l'emploi des fumiers dans les champs. Les concurrents devront s'inscrire au secrétariat de la Société, à l'hôtel de ville de Meaux, avant le 1*"" juin 1883. Il pourra être attribué par le jury, pour la moyenne et pour la petite culture, une médaille d'or, une médaille de vermeil et une médaille d'argent. De plus, pour la petite culture, une somme de 1 00 fr, est mise à la disposition du jury.

XIIL — Exposition d' horticulture à Paris.

La grande exposition annuelle de la Société nationale et centrale d'horticulture de France s'ouvrira à Paris le mardi 22 mai, dans le pavillon de la ville de Paris, derrière le palais de l'Industrie, aux

^Mt CHRONIQUE AGRICOLE (19 MAI 1883).

Champa-Élysées. On sait que cette exposition est <<énérale. Sous l'habile direction de M. La\allée, président de la Société, et de ses collaborateurs, elle a pris depuis quelques années une grande importance; elle peut rivaliser aujourd'hui avec les plus belles solennités florales de la Belgique et de l'Angleterre,

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