‹ Journal de l'agriculture (volume 2)Chapitre 589 sur 683 · EXPOSITION GÉNÉRALE D'HORTICULTURE · texte numérisé non relu

EXPOSITION GÉNÉRALE D'HORTICULTURE

Les lots qui, par ordre de mérite, viennent après ceux que nous venons de citer, étaient encore fort remarquables, et, dans une exposition moins fournie en plantes que ne l'a été celle-ci, ils n'eussent pas manqué que d'attirer l'attention du jury. Parmi eux il convient de citer ceux fournis par M. Savoye et Delavier à qui sont échues les médailles d'or et d'argent.

Sans nous arrêter longuement aux immenses massifs de rhododendrons et d'azalés fleuris qui ne manquaient cependant pas que de charmer le public par la fraîcheur et la diversité de leur coloris et parmi lesquels l'on remarquait ceux présentés par M. Croux et Moser disons quelques mots des orchidées nombreuses disposées en deux grandes corbeilles. Comme toujours, ces plantes n'ont pas manqué que d'attirer l'attention du visiteur. Quoi de plus remarquable et de plus bizarre en effet que ces fleurs aux couleurs si diverses et si douces de ton, aux formes étranges et aux odeurs souvent si pénétrantes? La culture de ces plantes gagne rapidement à mesure qu'on la connaît mieux ; au début elle était comme entourée de mystère et considérée comme ne pouvant se faire qu'à la température de la serre chaude. Bon nombre de nos plus intéressantes orchidées sont aujourd'hui cultivées en serres tercpérées ou même en serres froides oii elles résistent parfaitement. Ce sont d'ailleurs des plantes souvent peu exigeantes dont la floraison dure des mois entiers; il n'est donc pas étonnant de voir la marche ascensionnelle que suit la culture de ces plantes intéressantes à tant de points de vue différents.

Un bien remarquable lot de Caladium aux feuilles de toutes les couleurs avait été présenté par M. Bleu à qui il a valu une médaille d'or bien dignement méritée. Personne ne cultive les Caladium comme M. Bleu, et l'on est bien sûr quand il se présente dans un concours que c'est à lui forcément que reviendra la plus haute récompense pour ce genre de plantes.

Quelques plantes nouvelles attiraient l'attention des connaisseurs ; c'étaient celles rapportées par M. Ed. André de ses nombreux voyages. Parmi celles-ci une des plus remarquables est le Tillendsia Lindeni tricolor, une broméliacée aux formes exiguës, mais portant de longues inflorescences composées de bractées d'un rose vif, pressées les unes contre les autres dans l'ordre distique et à l'aisselle desquelles sortent de grandes fleurs d'un beau violet foncé. C'est une plante d'unegrande beauté qui se répandra rapidement. Deux autres broméliacées intéressantes à signaler, le Paya gigas et le f^. pastensis, plantes capables de prendre un très grand développement et de devenir presque des arbres.

Le président de la Société d'horticulture, M. Lavallée, avait envoyé trois plants de vigne du Soudan qui avaient été cultivées en serres chaudes. Il est intéressant de prendre note de ces essais culturaux afin de se rappeler que ces vignes ne pourront jamais résister à notre climat et qu'il serait bien inutile d'en tenter la culture en grand.

Revenant aux plantes courantes, signalons les massifs de plantes annuelles présentés 1 un par la maison Vilmorin, l'autre par M. Lecaron; les deux fort bien cultivés et très élégamment groupés ont été récompensés, l'un par la médaille d'honneur, l'autre parla n)édailled'or.

Enfin citons encore un lot de clématites du Japon, envoyé par M. Christen, qui est sans contredit le plus considérable que l'on ait

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encore vu dans aucune exposition. Il est très remarquable de constater combien la bonne culture et les semis intelligemmsnt conduits ont donné de variétés diverses, toutes plus belles les unes que les autres, et passant par les nuances les plus diverses.

Les roses tenaient une grande place cette année, et les énormes corbeilles de M. Ch. Verdier, qui ont eu un prix d'honneur, et de MM. Margoltin et Levêque, embaumaient l'air par leur senteur, en même temps qu'ils charmaient la vue par leur élégance.

Passant aux cultures d'utilité, il faut porter en tête les vignes portant de superbes raisins mûrs, de M. Margottin, puis les' lots d'asperges de M. Lhérault, et la grande quantité de légumes divers exposés par les maraîchers de la Seine, réunis en Société.

En somme, il faut le constater, les expositions horticoles prennent chaque jour plus d'importance à Paris, grâce aux hommes dévoués placés à la tête de la Société d'horticulture, dont le dévouement à la cause horticole ne se dément pas un seul instant. J. Dybowskt,

chargé des conférences horticoles à l'école de Grignon

V. Machines et instruments agricoles. — Si nous n'avions en vue que la description des machines et instruments que nous avons eu l'occasion d'examiner en détails ces jours-ci, nous aurions pu passer sous silence cette partie de notre compte rendu, sentant bien que les lecteurs du Journal de Vagriculture sont très au courant de tout ce qui les intéresse et les concerne, peu de fermes en France n'étant aujourd'hui pourvues d'un matériel complet et perfectionné choisi parmi ceux qui conviennent le mieux à chaque région.

Mais nous avons eu devant nous des efforts tellement importants, et cette exposition était si belle, que nous manquerions à tous nos devoirs en ne la signalant pas d'une façon tonte particulière, mis à part notre désir de relever quelques particularités et d'inscrire les observations que nous a suggérées l'étude que nous en avons faite.

Les instruments d'agriculture occupaient au concours de Bsl-Abbès une superficie d'un hectare environ, et se faisaient remarquer aussi bien par le nombre et la variété, que par la quahté de chacun d'eux; car l'on y admirait une douzaine de moissonneuses, 14 batteuses mues par la vapeur ainsi qu'un très grand nombre de machines et objets des plus perfectionnés, tels que faucheuses, batteuses à manège, une grande quantité de pompes, de pressoirs, de filtres, de charrues pour tous les usages.

Nous ne saurions oublier de citer notamment quelques grandes maisons habituées à de réels succès chaque fois qu'il s'agit de ces luttes toutes pacifiques, de regretter de ne plus voir quelques-unes d'entre elles qui nous avaient vivement intéressés les années précédentes, comme la maison Aultmann et Gie, et de constater avec peine que quelques autres n'ont pu arriver à temps suivant leurs promesses.

C'est ainsi que l'on a tout d'abord admiré l'exposition de M. Billiard d'Alger, une des plus complètes du concours, avec ses laucheuses Wood et Favorite, le cultivateur Goleman, les herses diverses, de nombreux instruments* de la maison Pilter que chacun de nous a pu apprécier et qu'il est inutile de rappeler en détail, la moissonneuse-lieuse de Wood, les batteuses Garrett, plusieurs numéros de pompes, de charrues, de pressoirs, d'alambics, de fihres, l'excellent et économique porteur Decauville, dont féloge n'est plus à faire. M. Billiard est un des plus anciens intermédiaires des Algériens et des constructeurs de la Métropole, aussi la délégation de la Société d'encouragement à l'agriculture de Paris a-t-elle reconnu ses efforts persévérants en lui accordant une médaille d'or, indépendamment des six prix qu'ont obtenus ses instruments soumis aux expériences du jury.

Il en est de même de M. Plissonnier fils de Lyon qui ne présentait pas moins de 69 numéros comprenant batteuses, locomobiles, faucheuses, moissonneuses indispensable et heuse, charrues, pompes, moulin, pressoirs, et qui a remporté 8 prix dans les essais faits par la Commission.

Il nous faudrait mentionner tous les exposants en raison de leurs raériles réels, aussi est-ce à regret que nous nous bornons, faute de place, à citer les parties suivantes que le public nous a plus particulièrement signalées : les instiuments vinicoles justement appréciés, de M. "Vigouroux qui a remporté 2 médailles d'or et 1 d'argent; les charrues et scarificateurs de M. Bergougnoux de Bel-Abbès qui a obtenu 4 prix; la machine à battre à vapeur de Al. Breloux de Nevers; le pressoir à parallélogramme universel de M. Champion à Tours; les trieurs de M. Glert à Niort; les charrues et la noria Letellier de M. Eichatter à Bel-Abbès; les pressoirs Mabille frères, à Amboise; l'ébullioscope Malligand; les charrues Mougeot de Bel-Abbès; les ventilateurs et barattes de M. Mure à Lyon; les pompes Noël de Paris; le pressoir Piiiuet de Sartrouville ; les trieurs, hache-paille et pressoirs de M. Presson à Bourges; les filtres llouhette de Paris; les batteuses à vapeur Ruslon-Proctor; les machines de la Société française de Vierzon dont une locomobile recouverte toute en cuivre extérieurement, essai qui, nous le craignons, ofrira bien des difficultés; les charrues de M. Souron des Trembles; les herses, faucheuse Albion, moissonneuse Buckcye, locoraobile Marshal, batteuse, et moissonneuse-lieuse à la ficelle de MM. TiiioUier d'Alger.

Dans cette énumération, on vient de le voir, la part qui revient aux constructeurs de la colonie est grande et on ne saurait trop les féliciter d'être entrés résolument dans cette voie.

Nous remarquons, en effet, que 19 exposants de cette division, sur 50, appartiennent exclusivement à l'industrie algérienne. Cette proportion un peu plus faible que celle relevée au concours de Constantinel'année dernière, est la raêine que celle qui a été constatée à Alger en 1881, et nous ne comptons pas dans ce nombre MM. Billiard et ThioUier considérés cependant comme Algériens.-

Ces 19 exposants ont apporté 86 instruments, tous appliqués aux besoins les plus urgents des cultures de la colonie, et, en général, construits parmi ceux qui n'exigent pas les complications et les frais des grandes manufactures; aussi ne les avons-nous vu prendre part qu'aux expériences des instruments d'extérieur de ferme ou ils ont remporté le tiers des prix accordés.

Ces essais que nous allons rappeler sommairement ont porté sur des machines et instruments désignés au programme ministériel de telle sorte qu'ils ont été certainement peu utiles pour notre contrée.

Nous devons en tirer cet enseignement pour l'avenir que ces expériences n'offriront un caractère sérieux que tout autant que les intéressés de la circonscription du concours, et notamment la Société d'agriculture de l'endroit, auront indiqué les instruments à essayer; dans le cas contraire on court le risque de perdre l'intérêt qui doit s'attacher à ces épreuves, et même de faire des essais sans résultat, comme cela a eu lieu ici où le programme comprenait les faucheuses, alors que nous n'avons pas de prairies, et où l'on avait omis de porter les batteuses, moissonneuses, semoirs, toutes machines très bien appropriées aux besoins agricoles de cette région, ainsi que les machines à élever l'eau d'une grande profondeur qui sont indispensables dans bien des endroits où il faut aller chercher ce précieux élément à 30 et 40 mètres.

Les délégués des associations agricoles, les membres du jury et les exposants sont bien appelés, pendant le concours, à proposer des modifications qu'il convient d'apporter à l'an été ministériel de l'année suivante; mais cette réunion ne peut accorder les avantages que nous réclamons, car à ce moment, le lieu de la prochaine expoation n'étaut pas encore connu, on ne peut que suivre les errements du passé et formuler des propositions par à peu près.

La nature même de notre demande tendrait à donner à ces essais un véritable caractère régional, local, c'est-à-dire le plus utile de tous, avec cette pensée toutefois que l'Etat procéderait ensuite à d'importants concours spéciaux, comme il le fait en France, à des époques bien choisies pour faire ces essais confiés aux personnes les plus compétentes de la colonie entière, ayant à leur disposition le temps nécessaire et tout ce qu'il faut pour faire une étude comparée des plus complètes.

Nous croyons sérieusement que cette manière d'agir aurait le triple avantage de favoriser l'industrie locale de la constraction d'instruments, de donner satisfaction à ceux qui désirent surtout avoir pour juge le public et la clientèle de crainte d'une erreur qui devient ensuite très préjudiciable à leurs intérêts, de ne pas négliger pour cela les encouragements dus aux perlejtionnements, mais de leur donner tout au contraire une importance considérable soit par la valeur des

prix accordés, soit par la nature même des expériences spéciales auxquelles on les soumettrait.

Les essais de Bel-Abbès ont donné lieu aux quelques remarques suivantes que nous devons à l'obligeance de MM. Lavenne et Fabriès et que nous abrégeons le plus possible pour ne pas trop dépasser les limites de cette notice. Parmi les instruments d'extérieur de ferme le premier prix a été décerné à M. Billiard pour sa faucheuse « Favorite » à engrenages renfermés, instrument d'une grande simplicité qui se recommande par le peu de traction nécessaire, la régularité du travail et la légèreté, 276 kilog.; vient ensuite la faucheuse « Diamant » de M. Plissonnier, à deux chevaux, dont l'engrenage indépendant, la scie glissière et les doigts en fonte malléable constituent une bonne amélioration On obtient également un bon travail de la faucheuse « Paragon » du même constructeur, qui est légère et exige peu de traction.

La charrue sans avant-train de M. Bergougnoux de Bel-Abbès, l" prix, a produit un défoncement moyen de 0'".32 dans un terrain à sous-aol de tuf, dur, avec 10 chevaux et mulets; elle est très facile à conduire par les mancherons; la charrue de M. Billiard destinée au défoncemeot pour plantation de vignes, n" 18t du catalogue, présente comme avantage un Ijec de canne double en acier se démontant très facilement, le soc ayant 0"'.39 de largeur; la profondeur moyenne du labour a été de 0"'.35 avec 12 chevaux. Dans les conditions à peu près semblables la défonceuse Mougeot a atteint 0'".30 avec 8 bêtes, celle de M. Sourou 0™.26 avec 10 bêtes, celle enfin de M. Plissonnier en fer et acier, 0'".27 avec une traction de 8 bêtes.

Le scarificateur de M. Plissonnier à 7 dents triangulaires fait un travail, très bon comme labour d'été, de l'".25 de largeur sur 0™. 12 de profondeur avec 8 bêtes ; celui de M. Bergougnoux donne l'".30 de largeur, G™. 10 de profondeur, et celui de M. Billiard, 1"M0 de largeur sur û"M4 de profondeur avec le même nombre d'animaux.

La herse pour grande culture de M. Michel de Bourbon-Lancy, à dents aciérées, fait un très bon travail; il en est de même de celle de M. ThioUier, n" 585, à articulations qui, avec 3 bêtes, prend 1">.80 de largeur, et de celles de MM. Billiard, n" 83, Bergougnoux, n" 63 et Plissonnier n" 472, qui ont été jugées bien construites.

Le rouleau brise-mottes, n" 527, de M. Plissonnier, prend l'".85 de largeur avec 3 bêtes ; son prix de 240 francs le met à la portée de tous les agriculteurs ; le n" 176 à M. Billiard fait un travail de 1".65 de largeur avec 4 bêtes, ses disques de 0^.70 de diamètre développent très bien dans les terrains légers; le n" 64 à M. Bergougnoux fait 1"'.30 de travail sous une traction de 3 bêtes, ses disques n'ont que 0'".60 de diamètre, son prix est de 400 francs; le n" 404 à M. Michel donne 1™.60 de large avec 4 bêtes.

Les instruments d'intérieur de ferme soumis à des essais particuliers étaient également au nombre de 5 séries que nous allons examiner successivement.

Il existait au concours un très grand nombre de pressoirs, mais 7 seulement sont entrés en lutte comme remplissant les conditions suivantes requises par le programme : diamètre de la cage 1 mètre, hauteur de la charge dans la maie O'^.ôS, diamètre minimum de la vis 0"'.08. La matière à presser, uniformément préparée à l'avance, pesait pour chacun 200 kilog., le temps accordé au maximum étant de 1 kilog. avec faculté d'arrêter l'expérience au moment jugé convenable par l'exposant.

Le pressoir de M. Piquet, n" 456, dont la maie, indépendante du reste de l'instrument, est rendue étanche par l'interposition de lames de caoutchouc entre ses joints, a sa vis prise par 2 moises, double tourillons pouvant se remplacer; trois dents seulement sont prises par les engrenages, les clavettes en dessous sont mues par des ressorts; son bras de levier est de 1"'.80; le graissage de l'instrument est facile ; la course de l'opérateur, qui agit en allant et en venant, très courte. Cet appareil a donné 35''. 500 de liquide en 30 minutes.

Le n" 379 à M. Mabille, est à clavette taillée en biseau sans ressort, et levier multiple sans engrenage avec excentrique; les 2 clavettes marchent d'un demi trou, le levier est court, l'opérateur ne se déplace pas, car l'on serre en allant et en venant; 38''. 600 de liquide ont été obtenus en 41 minutes.

Le n" 602 à M. Vigouroux n'a pas d'engrenage; on peut fonctionner même avec la couronne cassée, la maie peut être resserrée; le bras de levier a 4'". 30; il a donné 34''.500 de liquide en 39 minutes.

Le pressoir Champion possède à peu près le même système de clavettes que

celui de M. Mabille; l'effort est symétrique; 4 clavettes agissent et diminuent la course; la vis est mobile, le levier a 2 mètres de longueur, il n'existe pas d'engrenage; 30^.700 de liquide en 30 minutes.

Le pressoir Mabille n" 373 offre cette différence avec celui que nous avons décrit plus haut de la même maison que l'excentrique est remplacé par des engrenagesil a produit 43 kdog. de liquide en 41 minutes.

Le pressoir Presson, qui possède 2 clavettes et dont le bras de levier est de 2 mètres de long, a rendu 30 kilog. de liquide en 39 minutes. Celui de M. Plissonnier, ayant 2 clavettes que l'on peut changer pour faire varier la vitesse, a un levier de 2'". 30, une course peu étendue- Résultat : 34^200 en 44 minutes. On peut donc dire que tous ces instruments sont dans de très bonnes conditions.

Pour les pompes à vin, le liquide était élevé à 3'". 70, et le récipient à remplir offrait une capacité de 604 litres. Les résultats obtenus sont, en général, très satisfaisants, aussi nous bornons-nous à quelques détails seulement.

La pompe, n" 610, à M. Vigouroux se distingue par un bon guidage, une visite facile de l'instrument, 4 boulets en caoutchouc contenus dans la même boîte à soupape formant clapets; durée de l'expérience 6 minutes 1 seconde. — le n" 488 à M. Plissonnier, double engrenage, piston en cuivre, centre de gravité bas, visite facile, amis 4 m. 58 s. — M. Beaume a présenté les n'" suivants : n" 21, levier oscillant, pompe verticale, durée de l'expérience 4 m. 56 s. ; n" 27, piston à segment' 4 boulets en caoutchouc dans la même boîte, mouvement avec pignon et crémaillère, 6 m. 27 s.; n" 24 comme la précédente pour la construction, la crémaillère étant remplacée par un villebrequin, 4 m. 29 s. ; n" 34 pompe à rotation, aspirant dans les 2 sens à connexion directe, 5 m. 08 s.; n^SO, rotation à palettes, pompe étancho parle fond, 7 m. 30 s. — La pompe n" 437 à M. Noël, dont le centre de gravité est très bas, et le démontage moins facile, a mis 5 m. 33 s.

Deux filtres à vin seulement étaient en présence ; celui de M. Vigouroux, dont le démontage a demandé 30 s., le montage 5 m. qui filtre rapidement, donne d'excellents résultats, une netteté parfaite du liquide, un écoulement à peu près constant quelle que soit la pression, la cuve n'étant pas toujours en charge : surface filtrant 6'".50, liquide filtré en 2 heures, 91 kilog.; rapport par mètre carré de surface filtrante 14.6; et celui deM. Rouhette, montage J m., démontage 4 m., écoulement du liquide régulier, mais avec une pression constante, résultat excellent aussi, 3". 70 de surface filtrante, 72 kilog. de liquide obtenu, 19''.5 par mètre carré de surface filtrante.

Pour les appareils propres au nettoyage des graines, aucun prix n'a été décerné. Quant aux hache-paille à grand travail, 200 kilog. de paille ont été coupés à 2 centimètres de longueur en 4 m. par l'appareil à 3 lames, débrayage facile, de M. Plissonnier ; en 7 m. par celui de M. Billiard, système Pilter à 3 couteaux à arrêt instantané et mouvement de recul; en 16 m. par celui de M. Presson. Ces 3 instruments sont, en outre, faciles à faire fonctionner.

On nous a dit que les colons avaient fait peu d'acquisitions de machines au concours et que par suite les constructeurs, qui s'étaient donné beaucoup de peine, partaient un peu désappointés. Nous croyons cependant que cette opinion est celle du début de l'exposition et que vers la fin, au contraire, il s'est traité quelques bonnes affaires, la pluie étant venu donner un peu de courage aux intéressés, car il ne faut pas oublier que nous venons de traverser trois mauvaises années et que les Sociétés de crédit, qui précédemment avaient fortement encouragé les cultivateurs à user de leurs ressources, les ont depuis quelque temps complètement et brusquement arrêtés dans cette voie.

Quoi qu'il en soit, nous sommes convaincu que tous ces efforts ne seront pas perdus etque les constructeurs de machines ont jeté leurs semences dans un excellent terrain, s'étant adressés à une population travailleuse, ardente au progrès et qui, dans notre seul arrondissement, possède déjà une vingtaine de batte'uses à grand travail mues par la vapeur.

Au moment où en France chaque exploitation est pourvue de tous les meilleurs instruments, l'Algérie doit "être pour eux un champ d'action des plus importants, car ici presque tout est encore à faire sous ce rapport, et le moment est peu éloigné où les cultivateurs de la colonie, voyant leurs terres s'épuiser et la maind'œuvre devenir rare, s'adresseront à la mécanique pour obtenir les bonnes pratiques agricoles et le plus économiquement possible.

^ De leur côté les constructeurs doivent par tous les moyens en leur pouvoir, s'ils ne veulent pas compromettre cet avenir, n'employer que d'excellents maté-

riaux pouvant résister aux grandes variations de la température de ce pays, et s'eflorcer d'introduire dans la colonie de bons mécaniciens, ces deux causes ayant jusqu'ici ralenti l'introduction des machines perfectionnées dans une région où la population est cependant très portée à les utiliser. {La suite prochainement). L. Bastide,

Président du Comice de Sidi-Bel-Abbès

Saint-Jean-d'Ataux, \:> mai 1883.

En avril, nous avons eu 13 jours de beau ciel et 17 de temps plus ou moins couvert, ayant fourni : 7jours de pluie (13, 19, 23, 24, 27, 29, 30); 2 de brouillard (2 et 4) ; 9 de rosée (3, 5, 15, 16, 17, 18, 20, 21, 22); 3 de gelée blanche (12, 14, 25). Dms cette période, il est tombé millimètres 79,75 d'eau; l'averse la plus considérable, celle du 27, a donné 0'"'".35. La température la plus élevée, + 24 degrés centigrades a été observée les 2 et 26 ; la plus basse, — 1, le 14 ; la moyenne générale du mois a été de + 1 1",85. La pression barométrique la plus forte, 755.70, s'est produite les 16, 17, 22; la plus faible, 733.15, le.s 26, 27, 28; la pression moyenne a été de 747,35. Le vent a soufflé 8 jours du nord, 4 du nord-est, 3 de l'est, 1 du sud-est, 1 du sud, 2 du sud-ouest, 5 de l'ouest et 6 du nord-est.

Les jours relativement beaux que nous a donnés la première quinzaine d'avril ont été mis à profit par les cultivateurs pour semer des pommes de terre et préparer les terres à maïs; mais ce travail, loin d'être terminé, a été interrompu par les pluies presque incessantes de la dernière quinzaine d'avril et des premiers jours de mai. Par s-uite de ce mauvais temps, les autres travaux sont aussi en souffrance, les vignes ne sont pas bêchées, les terres à tabac n'ont reçu ni fumiers ni labours; ij en est de même de celles qui sont destinées aux maïs et aux haricots ; quel sera le résultat de ce retard désastreux? Une mauvaise récolte sans doute.

Les céréales de toute nature, seigle, blé, avoine, présentent le plus triste aspect, elles sont comme frappées d'anémie ; ie sol sursaturé d'eau ne s'étant pas réchauffé à temps, le tallage n'a pu s'effectuer ; encore ici des déceptions faciles à prévoir. La vigne est très en retard pour la même cause.

Les prairies naturelles, farouchs et jarosses, ont belle apparence, et si rien ne vient arrêter leur essor, elles donneront un bon rendement.

Tous les arbres à fruits, sauf les pommiers, sur lesquels on ne peut encore se prononcer, ne donneront qu'un chétif produit. E. de Lentilhac.

Séance du 30 mai 1883. — Présidence de M. Dumas.

M. Ayraud, correspondant de la Société, vétérinaire et agriculteur, écrit pour sa candidature à une place de membre associé national dans la Section d'économie des animaux.

M. Ducos de Lahaille, à l'île d'Oleron (Charente-Inférieure), adresse deux mémoires sur les meilleurs moyens de retenir à la campagne les ouvriers agricoles, et sur les déboucliés commerciaux à ouvrir à l'agriculture française.

M. Nadault de Buifon, conseiller honoraire, envoie une notice sur ror[)lielinat agricole auquel a été donné le nom de son père, ancien membre de la Société.

M. Rogy adresse une note sur les divers modèles de charrues-tilbury qu'il se propose d'importer en France.

M. Pierre Pont présente une petite machine à battre les faulx et une notice sur l'emploi de cette machine.

M. Le Bian fait hommage de la nouvelle édition, qu'il vient de publier, de sa brochure sur la culture des panais fourragers.

M. de Retz fait une communication relative à la marche des éducations des vers à soie, qui se poursuivent dans des conditions clima-

tériques favorables, de telle sorte qu'on pourrait espérer une bonne récolte de cocons si la feuille des mûriers ne faisait pas défaut, les vers ayant marché plus vite que le développement de la feuille. Le prix de la feuille est actuellement de 10 fr. par 100 kilog., et il est à craindre qu'il s'élève, comme l'an dernier, à des taux beaucoup plus élevés.

M. Prillieux, rappelant les faits qu'il a sii^nalés en 1882, relativement à une maladie qui attaque les sainfoins, fait connaître le fait curieux d'une pièce qui a parfaitement réussi et qui a présenté une végétation superbe, au milieu de pièces presque détruites. M. de Gasparin fait remarquer qu'il serait important de savoir si cette pièce n'est pas établie sur un terrain moins fatigué par la répétition de cette culture que les terres voisines.

M. Dumas demande à la Société de s'associer à la protestation émanant de la Société d'agriculture de l'Hérault (voir la chronique de ce numéro), relativement aux attaques dirigées contre les travaux et les découvertes de M. Pasteur; il fait ressortir éloquemment les services qu'a rendus M. Pasteur à l'agriculture et à l'industrie. Cette proposition est acceptée par acclamation. — Après avoir remercié la Société, M. Pasteur fait connaître le résultat d'expériences récemment pratiquées en Allemagne sur la vaccination de bœufs et de moutons contre le charbon, et qui ont eu un succès complet.

M. Bouley présente, de la part de M. Gagny, vétérinaire à Senlis (Oise), une étude sur l'emploi de la ligature élastique dans l'amputation de la queue sur les animaux domestiques. — Renvoi à la Section d'économie des animaux. Henry Sagnier.

SITUATION AGRICOLE DANS LOT-ET-GARONxNE

Les travaux d'art exécutés dans le but de rétrécir le lit de notre fleuve portent aujourd'hui leurs fruits : la Garonne ayant opéré presque pendant tout l'hiver de petites sorties qui, certainement n'eussent pas eu lieu si le fleuve eut conservé son état normal d'autrefois, toutes les céréales de la basse plaine sont détruites ou très gravement compromises.

Les chaleurs excessives inopinément survenues fatiguent beaucoup notre bétail et nous sommes obligés de labourer presqu'autant la nuit que le jour.

L'hiver qui a été très pluvieux n'aura pas provoqué une bien grande abondance de foin.

La vigne nous montre déjà un nombre de grappes très satisfaisant; mais le mildew qui a presque tout compromis, l'année dernière, nous préoccupe autant et même peut-être davantage que le phylloxéra, dont la marche ijuoique effrayante dans nos coteaux paraît presque stationnaire dans nos alluvions.

Les abricots et les pêches sont très rares, la prune est tarée et tombe en grande quantité. Les cerisiers, guigniers, etc., dont la floraison a été contrariée par des pluies presque permanentes, n'ont conservé qu'à peu près la moitié de leurs fruits.

A. Leyrisson.

REVUE COMERGIALE ET PRIX COURiNT DES DENRÉES AGRICOLES

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