‹ Journal de l'agriculture (volume 2)Chapitre 597 sur 683 · I. — Les concours régionaux · texte numérisé non relu

I. — Les concours régionaux

Les deux tiers des concours régionaux de 1883 sont maintenant terminés, savoir ceux d'Amiens, Bourg, Foix, Vannes, Digne, Blois, Rochefort, Troyes; il ne reste plus que ceux de Caen et d'Aurillac qui auront lieu en juin, de Mende qui se tiendra en septembre, et de Nice qui se fera en novembre. Le succès des huit solennités achevées a été très divers. Les expositions de bétail les plus remarquables ont été celles de Rochefort et de Vannes ; d'après les déclarations et les prévisions, on peut admettre que Caen leur disputera la palme. C'est dire que, dans les régions où le commerce du bétail et des produits animaux est le plus développé, se trouve aussi aujourd'hui l'agriculture la plus riche. Dans les autres concours, il régnait une honnête médiocrité; le public agricole eût même complètement fait défaut dans certains, si, à un jour donné, n'étaient venus quelques ministres qui ont attiré la foule. Dans plusieurs concours, les municipalités ont fait des fêtes, mais elles en ont placé si singulièrement les dates que c'est après la fermeture des concours agricoles qu'on s'.occupera de fêter l'agriculture ; à ces réjouissances posthumes, l'agriculture sera absente. Partout, ainsi que cela avait été réglé sous le ministère de M. de Mahy, des expositions hippiques ont eu lieu à côté des concours régionaux ; nous pourrions dire : presque partout, à côté et en dehors. Ce n'est pas tout à fait ce qui avait été promis. Les visiteurs devaient souvent payer deux fois, notamment à Rochefort, à Blois. De là, impossibilité d'aller et de venir à volonté d'un concours à l'autre, comme si les chevaux ne faisaient pas partie des animaux domestiques des fermes. Nous n'avons jamais rien vu de semblable ni en Angleterre, ni en Belgique, ni dans aucun autre pays où il y a des solennités agricoles. C'est tout à fait à tort que le monde hippique, on pourrait dire aristocratique, tend à faire chez nous bande à part dans les choses agricoles. Si nous comprenons que les haras dirigent les concours hippiques, nous n'admettons pas que ce soit une raison suffisante pour qu'il y ait séparation. Il faudrait entente, conciliation, fusion. Nous savons bien que ce sont les municipalités qui prélèvent les droits d'entrée dans les concours régionaux; mais un accord préalable devrait fiiire établir une seule enceinte, lorsque ce serait possible, ou bien des distributions de billets qui serviraient à tous les concours, lorsque la disposition des lieux ne permettrait pas de tout réunir. Nous avons entendu des plaintes générales sur l'organisation adoptée, et ce nous est un devoir de les signaler, dans le vif désir de voir le succès le plus complet dans tous

N° 739. — Tome II de 1883. — 9 Juin

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nos concours régionaux, et tout aussi bien dans la partie hippique que dans la partie plus essentiellement agricole.

Des observations sont faites également en ce qui concerne les expositions d'instruments. Les agriculteurs d'abord, les constructeurs eiisuite, regrettent presque unanimement la disparition des concours spéciaux et des essais, qui n'ont été conservés que dans un petit Dombre de solennités régionales.. De là, uoe diminution dans les ventes faites par les constructeurs, et une certaine indifTérence delà part des agriculieiirs qui se figurent que, puisque le gouvernement ne t'ait plus d^ expériences publiques, il faut en conclure que rien de nouveau n'est à examiner en fait de machinerie agricole. Nous avons la conviction que l'administration de l'agriculture prêtera une oreille bienveillante k ces observations. Des progrès considérables sont encore à faire dans l'outillage agricole; les inventions mécaniques sont loin d'avoir .'it leur dernier mot. Il faut ouvrir le marché aux nouveaux venus, exciter l'émulation, et faire que les anciens triomphateurs ne s'endorment pas dans leurs succès passés. On peut connaître combien les concours sont utiles, à voir l'ardeur que mettent de 1res anciennes maisons à lutter dans les très rares concours encore ouverts. Exciter à aller en avant, empêcher de rester sur place, tel est le rôle qui appartient, selon nous, à ceux qui sont appelés à diriger l'agriculture. Ici encore il est juste de dire que ne pas faire, de progrès, c'est reculer,

Dans sa séance du 6 juin, la Société nationale d'agriculture a procédé, ainsi que nous l'avons annoncé, à l'élection d'un membre associé étranger dans la Section hors cadre. M. J. Triana, consul général des Etats-Unis de Colombie, a été élu par 49 voix, sur 50 suffrages. Depuis de longues années, M. Triana est connu par des travaux de bot inique d'une grande importance; on lui doit des recherches précieuses sur les plantes utiles de l'Amérique centrale, et notamment uq^p raouograpliie complète des arbres à quinquina.

La séance publique annuelle de la Société se tiendra le mercredi 27 juin, sous la présidence de M. Méline, ministre de l'agriculture.

III. — Souscription pour élever un mmumcnl à Léonce de. Lavergne.

Voici la treizième liste de la souscription ouverte pour élever un monument à Léonce de Lavergne :

Fr.

Report de la liste précédente 9,9l0 50

Conseil général du d^parteineat de La Creuse 1 ,000 00

MM. Fayolle, sénateur président du Conseil généralde la Creuse.. f)0 00

Desraigne. (Charles) , ancien député ,^0 08

Riscal (marquis de), à Madrid 100 00

Nicolas, inspecteur de ragricullure en Algérie 10 00

Société d'agriculture du Gard (Comice de Nîmes) 2.5 09

M. Gausse (Louis), président de la Société d'agriculture du Gard. 20 09

Total , 11,165 50

Nous rappelons à nos lecteurs qu'il peuvent envoyer leurs souscriptions à M. Henry Sagnier, secrétaire du Comité, aux bureaux du Journal de lAgricuUure.

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