‹ Journal de l'agriculture (volume 2)Chapitre 673 sur 683 · Voir le Journal du 23 juin, page 418 de ce volume · texte numérisé non relu

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entre les deux cavaleries était visible. L'Allemagne nous avait envahis, non seulement par ses hommes si durs à la marche, si exercés, mais aussi et surtout par ses chevaux de guerre, si nombreux, si entraînés, et, il faut bien l'avouer, par ses cavaliers si aguerris, si rompus au service d'éclaireurs, si habiles à former le rideau mobile derrière lequel s'accomplissait méthodiquement, mécaniquement, l'invasion de notre territoire.

Il y avait là un avertissement qui était bien de nature à solliciter les réflexions de nos hommes de guerre. Sous l'empire, une admiration de commande, qui remplaçait toute critique, vantait notre puissance chevaline à l'égal de notre puissance militaire. Nous étions invincibles sur tous les points. Notre cavalerie, comme notre armée, était à la hauteur de toutes les lâches que l'empereur voudrait bien lui confier. On pouvait le croire, car des efforts considérables avaient été demandés aux départements producteurs et éleveurs de chevaux. L'empereur, de son côté, passait pour aimer les chevaux, pour être un homme de cheval, pour avoir toujours libéralement distribué les encouragements de l'Etat aux producteurs et aux éleveurs. Comment les résultats avaient-ils si prodigieusement déçu notre attente? Il serait trop long de revenir sur les causes de défaillances déjà anciennes. Qu'il nous suffise de rappeler la principale, celle qui suffit à tout expliquer.

L'empereur, dans la question chevaline, comme dans toute autre, avait supprimé l'initiative et le contrôle des Chambres. Il avait fait de l'utile institution des haras, tant par lui-même que par ses favoris, une institution de bon plaisir et sans contrôle, soumise à toutes les fluctuations et aux caprices de quelques courtisans. On vit alors l'esprit de changement irréfléchi se donner carrière et soumettre les éleveurs à des volontés souvent contradictoires.

Nous habitions à cette époque un de nos principaux départements normands; nous y étions conseiller général et, pendant neuf années, nous ne cessâmes de nous élever contre la mobilité incessante de l'administration des haras. Nous y étions invité souvent par nos éleveurs eux-mêmes, qui souffraient de ces continuelles incertitudes. Nous connaissions leurs secrètes pensées, nous nous y associions par nos protestations; mais ce fut en vain ; au lieu de nous savoir gré d'une opposition dont l'unique but était d'arrêterM. le directeur général des haras de ce temps sur une pente dangereuse, on nous sut mauvais gré de notre indépendance.

Si nous rappelons ces faits déjà loin de nous, ce n'est point pour le frivole plaisir de nous donner une satisfaction posthume, mais afin de bien faire comprendre que, sur ce point comme sur tant d'autres, ce sont les fautes de l'Empire que nous avons expiées en 1870-1871 . La destruction de la jumenterie de Pompadour, en 1860, aurait dû hanter comme un remords le cerveau de ceux qui l'avaient accomplie. Que de fois, pendant cette guerre désastreuse, nous avons songé à nos anglo-arabes systématiquement supprimés par un caprice de M. le ministre d'Etat! Il y avait dans ces chevaux des ressources de résistance dont nous nous serions bien trouvés dix ans plus tard. Mais on avait voulu uniformiser la race, propager dans le Midi la race anglo-normande ! Ce fut une très grande faute, et nous en souffrons encore. Car, en fait de races, si le bien est lent à venir, le mal est l'affaire d'une heure. Autant la création est longue, autant l'amélioration demande

du temps, autant il en faut peu pour la destruction. Un moment suffit pour renverser ce que des siècles d'efforts patients ont édifié. L'Empire a eu une funeste influence sur les destinées du cheval de guerre. L'Empire commit une autre faute plus grave et dont la suppression de la jumenterie de Pompadour, si funeste à l'élevage du Midi et du Centre, n'avait été qu'un indice. La direction des haras sous l'Empire, malgré l'impulsion très vive donnée aux éleveurs de la région normande et les sommes relativement considérables consacrées à l'encouragement de la race chevaline, avait abouti à la destruction partielle ou totale de nos races indigènes, par un vice de méthode et l'abus d'un système : vice de méthode qui consistait à tout sacrifier à une vaine et fausse uniformité; abus d'un système qui pourrait se caractériser d'un mot : le croisement continu. Cette double erreur nous fut fatale; mais comme nous étions sous un régime où l'on était habitué à dire comme le maître, jurare in verha mngistri, il fallut la guerre pour mettre cette double erreur dans tout son jour et en faire apprécier les désastreuses conséquences, lorsqu'il était déjà trop tard pour y remédier. La mise à l'encan des juments de Pompadour, quelles que fussent les déplorables suites d'une mesure qui dispersait au feu des enchères une réunion sans pareille d'animaux d'élite et en enrichissait, comme à plaisir, les haras de la Russie et de l'Allemagne, n'avait été, disions-nous, qu'un indice, mais un indice révélateur. Le but vraiment funeste que Ton poursuivait, c'était la destruction d'une race excellente, d'une race confirmée, la race anglo-arabe, au profit de la maison de jeu du Jockey-Club qui se sentait menacée par cette redoutable concurrence et l'avènement prochain des anglo-arabes sur le turf. Faire rétrograder la race orientale qui avait conquis le monde, devant l'anglo-norraand dont la direction des haras entendait imposer la suprématie et faire le type unique; vouloir améliorer la population des pays au sud de la Loire et même de la Bretagne, par une infusion exclusive du demi-sang, ce fut là une très grande faute, et, nous ne craignons pas de le dire, une des causes de nos désastres. Certes, nous ne refusons pas à nos anglo-normands les qualités qui font le cheval d'armes, le cheval de carrière. Mais, du moment que l'Empire, par suite d'une rivalité séculaire avec l'Allemagne, devait être amené tôt ou tard au choc terrible de 1870, il a manqué d'esprit de suite et de prévoyance en ne préparant pas la transformation inévitable du cheval de guerre par une infusion de plus en plus large du sang oriental. Ainsi le voulaient la loi du progrès moderne et le rôle tout nouveau de la cavalerie. Nous n'en étions plus à l'époque des tournois et des carrousels. La cavalerie, dans la guerre moderne, devenait, comme nous l'avons dit, le rideau mobile derrière lequel toute une armée se dissimule, les yeux ouverts sur l'ennemi. Le rôle d'éclaireurs a partout remplacé celui des masses profondes faisant trembler la terre. C'est donc la vitesse substituée au poids qu'il fallait surtout demander aux éleveurs : la vitesse qui n'exclut ni la solidité ni la résistance, qui les suppose au contraire. Nos ennemis l'avaient bien compris et, lorsque la guerre éclata, l'apparition du uhlan signala partout cette évolution nouvelle qui étonna, qui terrorisa presque nos braves populations de lEst. C'est que l'Allemagne, mieux inspirée et préparant scientifiquement la guerre, eu avait renouvelé lentement et méthodiquement tpus les éléments essentiels, tandis que, éblouis par nos pré-

cédents succès, nous restions attachés à la vieille routine ou soumis au caprice du Prince et à la légèreté de ses conseillers.

Un vice de méthode avait empêché la transformation nécessaire du cheval de guerre et préparé, malgré la bravoure du cavalier, malgré des charges héroïques devenues légendaires, la ruine de notre cavalerie. L'abus du système accomplit la destruction partielle ou totale de nos races indigènes. Ce système, que nous avons déjà caractérisé, ce fut celui des croisements continus, partout substitué à une sélection intelligente et aux effets lents mais sûrs de la consanguinité '. La direction des haras ne sut pas réagir contre un entraînement funeste : son. devoir était de résister à des caprices que rien ne justifiait; elle se montra inférieure à sa tâche et laissa accomplir des destructions néfastes. Elle professait alors un mépris superbe pour nos races indigènes et une ignorance profonde des admirables découvertes de Darwin. Mais, nous dira-t-on, Darwin est Anglais, et l'on ne pouvait demander à notre école des haras une connaissance des langues étrangères, qui faisait trop souvent défaut à nos savants eux-mêmes. Nous admettrons, si l'on veut, l'objection, bien qu'on puisse trouver étrange que des hommgs dont la vocation spéciale devait être l'étude de la science du cheval ne fussent point assez familiarisés avec la langue de nos voisins pour s'assimiler des notions devenues communes en Angleterre. Et d'ailleurs, à défaut de Darwin et de son livre classique sur ÏOrigine des espèces, avaient-ils consulté les travaux de nos savants français, d'un Milne-Edwards, d'un Quatrefages? Nullement. Le beau livre de ce dernier sur V Espèce^ qui devrait être dans les bibliothèques de nos dépôts d'étalons, ce livre, comme tous les travaux vulgarisés par son auteur dans un enseignement fameux et semés par lui dans nos principaux recueils, était resté lettre morte pour notre personnel des haras. Les théories transformistes n'avaient point pénétré dans ce milieu fermé à l'étude, ouvert à la légèreté et à la faveur. On n'y avait point recueilli les leçons de nos physiologistes sur les grandes lois de la nature, qui procè Je par transformation lente et progressive, qui repousse et élimine les changements brusques et violents, qui punit les saccades par d'inévitables retours aux origines. La question de l'hérédité, c'est-à-dire de cette faculté qu'ont les êtres vivants de transmettre les variétés acquises, faculté distincte de la loi spécifique qui assure la permanence des caractères généraux de l'espèce, cette question, si agitée par des botanistes comme M. Alphonse de Candolle, par des zootechnistes comme le professeur Sanson, par des philosophes comm.e M. Ribot, avait-elle du moins suscité quelques idées neuves dans cette école des haras d'où sortent ceux à qui nous confions, avec le dépôt du sang, l'avenir de nos races chevalines? Nous y cherchons en vain la trace de ce mouvement novateur qui a produit ailleurs des merveilles.

Cette coupable indifférence s'explique d'autant moins qu'à défaut de la science, ils avaient sous les yeux les résultats de l'expérience. La pratique raisonnée des éleveurs anglais était venue donner la confirmation des règles posées par les savants. Darwin lui-même reconnaît tout ce qu'il doit et rend un hommage mérité à ces hommes qui,

1. La Nouvelle Renie a publie, dans son numéro du l" juillet 1882, un travail intéressant dont le titre éiait : Sur la consingainiié et lus effets de l'hérédité, à propos d'un livre de M. V. La Perre de Roc. On peut aussi consulter les articles parus sur le niéme sujet dans la Semaine agricole, ovgàae de La Société nationale d' encouragement à L'agriculture (u" des 15 et 29 octobre 1882).

par remploi de la sélection, avec une connaissance approfondie des lois de l'hérédité, avaient amélioré les races d'animaux domestiques et produit des variétés curieuses ou vraiment utiles. Sur ces principes s'est élevée toute une science dont les résultats ravissent d'admiration quiconque s'en occupe. On s'est mis à chercher la transmission des variétés acquises, à produire la répétition exacte des caractères individuels qui tendent à s'accumuler, à se fixer chez les descendants, comme les caractères spécifiques eux-mêmes. C'est ainsi qu'on est arrivé, chez nos voisins, à créer, ou tout au moins à améliorer des races indigènes qui présentaient des caractères suffisants de fixité et de stabilité.

Dans ce pays d'Angleterre où la théorie n'est rien tant qu'elle n'est pas démontrée par ses applications, des praticiens éminents n'ont pas craint d'ouvrir un Stud hook particulier pour la race Clydesdale, qui n'est pas une race de pur sang, qui est une race de trait. Là encore, un éducateur célèbre, Robert Blackwell, résolut d'appliquer à la production du cheval de trait les principes d'amélioration qui lui avaient si complètement réussi dans l'élève des autres espèces domestiques, et, par un juste mélange de croisements intelligents, puis d'accouplements consanguins, il obtint une variété nouvelle dont les caractères furent ensuite fixés par la persévérante application de Vin and in, le hlack horse^ ou cheval noir anglais. Qu'en pensent ces messieurs du Jockey Club? Est-il une réfutation plus directe, plus complètement scientifique de leur exclusivisme jaloux et de cette prétention, pour le moins singulière, de ne laisser ouvrir de registre généalogique à aucune famille équestre, que celle du pur sang ?

D'oij vient que l'administration des haras, instituée pour veiller sur les richesses hippiques de la France, pour les améliorer et les augmenter sans cesse, fit alors cause commune avec la Société d'encouragement pour le cheval de pur sang, laquelle suit un ordre d'idées, une conception, et aussi sans doute des combinaisons très différentes de celles que doit se proposer une administration consciente du but qui lui est tracé? C'est un mystère que nous ne nous chargeons pas d'éclaircir. Mais à voir la façon dont elle mania alors nos races indigènes, sans discernement comme sans scrupules, il faut bien reconnaître qu'elle allait directement contre le but de la nature et les résultats certains de la science. On peut dire même que ceux qui la dirigeaient ont, sans s'en douter peut-être, travaillé à détruire les variétés acquises, au lieu de les fixer, et à nous priver de races utiles au lieu de les améliorer. Demandez à nos collègues des départements d'Eure-et-Loir et de l'Orne, formés pour partie du Perche, ce qu'on avait fait, sous l'Empire, de la race percheronne. Demandez à ceux qui représentent, dans la région du Nord, l'Artois, le Ponthieu, le Boulonnais, ce qu'était devenue dans leurs mains la race boulonnaise. La direction générale des haras avait passé le niveau d'une trompeuse uniformité sur tous ces produits : elle avait recommandé partout les croisements avec les étalons anglo-normands de demi-sang; et, joignant les actes aux préceptes, elle n'entretenait plus d'autres reproducteurs dans ses dépôts et n'en envoyait plus d'autres dans ses stations.

Ne fallait-il pas faire pour les écuries de l'empereur des postiers bais, destinés à nous délivrer des percherons à robe grise? Ne fallait-il

pas, sur un signe de M. le grand écuyer, faire violence à la nature en substituant partout les produits d'un croisement uniforme et à haute dose aux variétés naturelles améliorées de nos provinces ' ? On vit alors les Américains venir acheter sur le marché français nos plus beaux étalons du Perche et nous les enlever à prix d'or, tandis que le directeur des haras prussiens écrémait chaque année le marché normand et faisait filer sur Trakehnen nos derniers arabes.

Enfin la guerre, avec ses péripéties sanglantes et terribles, acheva notre ruine : on le croyait du moins, et comment nos ennemis ne se seraient-ils pas réjouis en voyant la débâcle de février 1871 et la catastrophe de notre armée de l'Est! Lors de l'internement de cette armée, 1 1 ,000 chevaux entrèrent en Suisse, parmi lesquels ceux des escadrons de dépôt des cuirassiers et carabiniers de l'ex-garde impôriale\ Ainsi dispersés partout, car ceux qui n'étaient pas morts sur les champs de bataille allaient peupler les écuries deTétranger, nos chevaux semblaient finis, épuisés, vaincus, comme la France, et notre ennemi pouvait bien, dans son triomphe, répéter le mot funèbre : Finis Gallisel Mais, là encore, son attente fut heureusement trompée; grâce aux efforts unanimes, tentés par les éleveurs, par le pouvoir exécutif de la République et l'administration, comme par les représentants de la nation, la régénération de notre race chevaline fut entreprise sous la direction des haras réorganisés avec le concours de l'Assemblée nationale. Foucher de Careil,

{La suite prochainement.) sénateur.

CONCOURS RECtIONAL DE ROCHEFORT

I. — Mis en goût par ma visite de l'an dernier au concours régional de Niort, j'ai voulu voir et étudier celui qui vient de se tenir à Rocliefort, dans ce département de la Charente-Inférieure si renommé par ses eaux de vie incomparables, mais qui, en proie depuis plusieurs années aux étreintes du phylloxéra, passe pour être plus mort que vif au point de vue agricole.

Ayant demandé à mon directeur et obtenu de sa bienveillance l'autorisation de résumer mes observations pour le Journal, je me suis mis en route par une belle matinée et ai rapidement atteint la Hmite orientale du déparlement que l'on aborde par Surgères en venant de Niort par le chemin de fer. Je m'attendais à traverser un pays désolé, à me trouver en face de coteaux jonchés çà là de souches maladives, noircies, à végétation souffreteuse; ou bien à traverser des plaines arides, dénudées, calcinées par l'inexorable soleil du mois de juin, à peine vivifiées par quelques indigènes se traînant péniblement dans le dénuement le plus affreux. Quelle n'a pas été ma surprise, quand Je me suis vu, emporté par la vapeur, rafraîchi par les paysages les plus agrestes, les plus gracieux que l'on puisse concevoir, animés par une population nombreuse, respirant la bonne humeur que donne, non pas cette candide innocence que d'aucuns souhaiteraient tant dans nos campagnes, mais l'intelligence alerte et curieuse, une gaieté quelque peu rabelaisienne, et surtout la confiance en soi-même, source de force et d'énergie pour parer les coups de l'adversité, quand elle prend la fantaisie de se montrer plus ou moins inopinément. Donc, nul indice de faiblesse sur ces physionomies éveillées, à l'œil légèrement gouailleur, mais bien au contraire, tous les signes de vigueur et de résistance tenace pour ces grandes luttes contre Dame Nature, si revêche et si dure parfois pour notre pauvre humanité, mais au fond bonne personne, et rendant la main, quand elle se trouve aux prises avec des gars bronzés et de bonne trempe, comme ceux de l'Aunis et de la Saintonge,

1. On peut consulter avec fruit .sur ce sujet une lettre de M. Ricliard \â\i Cantal) à M. Isidore Geoffroy Saint-Hilairo, sur les haras et les remontes de l'armée.

2. 70 à 80 de ces chevaux, casernes à Thun, lurent achetés par la Confédération Suisse pour le service de ses écoles d'olficiers. Parmi ces chevaux, on ne tarda pas ;'i reconnaître des descendants d',-1 rnadt's, l'un de ces étalons de Humpadour qui avaient imprimé îi la race vendéenne des marais de Saiut-Gervais un tel cachet d'élégance, qu'en revoyant ces jolis chevaux, faits par lai dans nos stations de l'Ouest, nos amis s'écriaient : « Voilà des Bourhaki ! »

C'est sous l'influence de ces impressions réconfortantes que je suis arrivé à Rochefort, siège du concours delà région. Mon premier soin, au débotté, devait être nécessairement de chercher, avant toutes choses, à me rendre compte de mon mieux, des circonstances de sol ot de climat au milieu desquelles on a obtenu les produits animaux et végétaux offerts à l'examen public. Cette partie de ma tâche m'a été grandement facilitée par l'obligeant concours de M. le secrétaire de la souspréfecture et de M. E. Pacaud, président de la Société d'agriculture, des belleslettres, sciences et arts de l'arrondissement. Crâce aux renseignements puisés dans leurs archives, et aussi aux exphcations recueillies auprès de plusieurs personnes compétentes, notamment auprès de MM. d'Aviau de Piolenc, Verneuil, et G. Delavaud, pharmacien en chef de la marine, que je me fais un devoir de remercier de tout cœur, voici à peu près quelle serait la constitution agricole du département de la Charente-Inférieure.

Géologiquement, le sol appartient aux quatre formations suivantes : A. Terrain jurassique ouoolithiqm. — Il est couvert par fies territoires de la Rochelh MathE

Brizembourg, de Burie, et s'étend jusqu'à la Gironde.

G. Terrain tertiaire. — Il occupe la base des coUines de Mirambeau, de Montendre, de Montlieu et deMontguyon, et renferme les marnes argileuses de la mollasse, du sable et du grès.

D. dépôts marins modernes. — S'étend sur une bande du littoral de 30 à 35 kilomètres et renferme des argiles compactes désignées dans le pays sous la dénomination de 6n ou terre de bri.

Agricolement parlant, on distingue six classes de terres arables : P Les groies, ce sont des terres calcaires plus ou moins argileuses ou pierreuses; quand elles ont peu de profondeur et qu'elles reposent^ sur l'oolithe, les arbres y végètent pauvrement, mais la vigne y pousse à merveille. Abondent dans l'arrondissement de Saint-Jean-d'Angely, où l'on distingue les groies arg lieuses j qui sont bonnes à cultiver ; les groies sablonneuses et les groin pierreuses.

2° Les varennes, terres silico-calcaires ou silico-argileuses, dépourvues de pierres, de couieur fauve, ayant de 4 à5 mètres de profondeur. Se rencontrent surtout dans l'arrondissement de la Rochelle et au nord des arrondissements de Rochefort et de Saint-Jean-d'Angely. On distingue les varennes inférieures, qui sont plus calcaires et dont la couleur est blanchâtre; les varennes humides, appelées ttrres batteuses ; ies, varennes crayeuses, appelées brisords.^

3° Les alluvions d'eau douce^ terres noirâtres, friables, fertiles, dans les fonds des vallées.

4» Les terres de landes^ sables plus ou moins fins reposant sur l'argile ; dépourvus de calcaires ; fréquents dans le midi du département.^

5° Les Bri ou lais de mer (voir plus haut en D), formés d'argiles gris-bleuâtre très compactes, propices aux herbages.

6" Les Misolles, alluvions très sablonneuses situées entre les dunes et la mer.

Une autre classification également courante dans le pays et qu'il convient de

citer aussi si l'on tient à connaître les divers aspects agricoles de la contrée, et à

comprendre la signification des termes employés dans les descriptions locales, est

celle-ci :

La Champagne^ région du vignoble qui produit le vin d'où l'on extrait l'eau-devie renommée qui porte ce nom, constituée par de la terre reposant sur du tuf crayeux appelé bauche ou banche; à cheval sur les arrondissements de Saintes et de Jonzac.

Le Bocage, formé par des collines relativement élevées sur les confins des Deux- Sèvres.

La Double, terres de landes, vallons marécageux, insalubres [nauves), dans la partie méridionale de l'arrondissement de Jonzac, difficiles à traiter, aptes néanmoins à produire le pin maritime. .^

Le Pays-Bas, plaine ondulée, encadrée de collines calcaires, entre la rivière de la Charente et une Ugne tracée par Burie, Brizambourg, Saint Jean-d'Angely, Matha, Neuvicq.

Le Marais, formé d'alluvions marines ou fluviales, couvrant 70,000 hectares sur le littoral et' dans les vallées de la Sèvre, de la Boutonne, de la Charente, du Mignon, de la Seudre et de la Gironde.

Enfin les Dunes, occupent une superficie évaluée à 55,000 hectares, dont une partie en forêt (forêts de la Tremblade et de Royan).

Le climat de la Charente-Inférieure (climat girondin) passe pour être très variable. L'hiver y est plutôt humide que froid, avec une température moyenne de 4". 2; le printemps est précoce avec gelées tardives ; l'été a les matinées et les soirées fraîches, avec des températures de 28 à 29° G. à midi, donnant une moyenne de 19". 4 ; pendant l'automne cjui est tempéré les pluies sont fréquentes. La tampérature la plus chaude de l'année dépasse rarement 34", la |tem{)érature moyenne se ramène aux environs de 1 1°.6.

On compte 139 jours de pluie ainsi répartis : 37 jours pendant l'hiver, 33 pendant le printemps, 31 pendant l'été, 38 pendant l'automne, fournissant une quantité moyenne annuelle d'eau de 0""".638. Il grêle assez souvent à l'intérieur du département, mais rarement sur le littoral. Les vents dominants jsont ceux du Sud-Ouest qui est frais et humide, du Nord-Ouest, du Nord-Est, et du Sud-Est qui est humide et chaud.

On me pardonnera, je l'espère, ces détails quelque peu arides. Mais il paraîtra indispensable de les avoir présents à la mémoire pour l'intelligence des faits culturaux dont nous avons à entretenir le lecteur.

Ces faits auront leur éloquence, soit qu'on interroge ceux qui, ayant un caractère général, nous indiqueront les tendances de la culture usuelle, telle qu'elle se pratique le plus communément; soit qu'on examine ceux qui, ayant été relevés chez quelques cultivateurs plus avancés, auront un caractère exceptionnel, mais témoigneront de ce qu'il est possible de faire dans un même milieu quand on a plus de capacité, plus d'instruction, plus d'initiative, parfois plus de capitaux.

Si nous nous adressons aux documents statistiques officiels, que l'on ne consulte peut-être pas aussi souvent qu'on devrait le faire, nous verrons, rien qu'en comparant la répartition des cultures à quatre ans de distance, 1879 à le82, que des modifications sensibles dans le régime agricole du département se sont manifestées à la suite de l'invasion phylloxérique.

La vigne qui, en 1879, occupait encore 161,000 hectares en nombre rond avec un produit de 92^4,000 hectolitres est descendue comme surface à 88,000 hectares, mais adonné en 1882 une production de 979,000 hectolitres de vin. Cette augmentation de produit sur une surface diminuée atteste Je succès des efforts des vignerons charentais pour arrêter le fléau qui menaçait de ruiner l'une de leurs industries les plus lucratives.

Sur le froment, diminution très sensible aussi des emblavures, 128,000 hectares en 1882 contre 14(7,000 en 1879, mais en somme rendement sensiblement rapproché, 1,600,000 hectolitres et 1,765,000 hectolitres respectivement, grâce à un rendement spécifique plus élevé.

Le méteil, le seigle, l'orge, l'avoine, le maïs, les pommes de terre, occupent tous en l^82 des surfaces beaucoup plus étendues qu'en 1879; leur ensemble a été porté de 82,000 à 122,000 hectares. La surface occupée par les betteraves à sucre et les betteraves fourragères qui n'était en 1878 que de 378 hectares, est montée à 1690 hectares en 1882, et a augmenté ainsi de plus de 400 pour 100 en quatre années. Aujourd'hui les fourrages herbacés ne couvrent pas moins de 133,000 hectares dans le département, ainsi répartis : 94,550 hectares de prairies naturelles, 10,188 hectares de trèfle, 13,585 hectares de luzerne et 15,172 hectares de sainfoin.

De ces quelques chiffres il semblerait résulter que le cultivateur charentais, se conformant avec sagesse aux indications économiques de l'époque, réduit ses emblavures de froment et accroît celles des végétaux, céréales, racines ou fourrages qui trouvent un idacement plus rémunérateur dans l'industrie du bétail et dans les autres industries rattachées directement à l'exploitation du sol.

Mais les conséquences de cette conduite si rationnelle, éclairée et renforcée par des vues plus progressives, vont ressortir bien mieux encore du résumé que je vais faire du rapport remarquable de M. Nadaud, agriculteur, à Chazelles (Charente), rapporteur de la Commission chargée de décerner la prime d'honneur, les prix culturaux et les médailles de spécialités. Grâce à l'obligeance de cet agronome distingué, j'ai pu prendre à loisir communicaiion de ce travail que je m'etlorcerai de reproduire aussi fidèlement que possible. Mais, auparavant, je donnerai la liste complète des récompenses du concours régional :

Prime d'honneur. — Uu objet d'art. — M. Duquénel, aux Cheminées, commuae de Saiat- Sorlin-de-Conac.

Rappel de prime d'honneur. —M. Bouscasse, directeur de la ferme-école de Puilboreau, près la Rochelle.

Pnix DE SPÉCIALITÉS, — Un objet d'art spécial, M. le D' Menudier, à Plaui-Chermignac. — MédaillPs d'or grand module, MM. A. Bouineau, propriétaire, à la Vezouzière, commune de Dolus (île d'Oléron); Boutirou, à P'avaut, commune de Breuil-la-Réorte ; Vallein, à Ciiermip;nac, près Saintes. — Médailles d'or, MM. Ambert, à Villeneuve, commune de Tonnay-Charentc ; Ellie, aux Robins, commune de Saint-Hilaire-du-Bois; Guérin de Sossiondo, à Fond-Rémy, commune de Chaniers.

Récompens's aux agents de l'exploitation qui a obtenu la prime d'honneur. — Médailles d'argent, MM. Loui? Ozanne, chef d'attelage; Pierre Gendron, laboureur; Henri Achenelly, vacher. — Médailles de bronze, MM. Sarrazin, berger; Auguste Brochon, vigneron; Gautier, laboureur; Privât, charretier.

Espèce bovine.

l" Catégorie. — Race Maraichine. — Mâles. — Section unique. — Animaux de 1 à 2 ans. — 1" prix, M. Pelon, à Saint-Clément (Charente-Inférieure); 2% M. Amberl, au Jard, commune de Âluron (Charente-Inférieure); 3'', M. le comte de Briey, à la Roche, commune de Magné (Vienne); 4', M. Porche, à Tonnay-Charente (Charente-Inférieure). — Femelles. — l'''^ Section. — Génisses de 1 ans à 2 ans. — 1"^ prix, M. Ambert; 2". M. Delisle, à Boupère (Vendée). — 2* Section. — Génisses de 2 à 3 ans. — 1" prix, M. J. Ambert, à Tonnay-Charente (Charente-Inféneure). — 3° Section. — Vaches de plus de 3 ans. — 1^'' prix, M. .T. Ambert; 2% M. A. Moine, à Préveraye (Charente-Inférieure); 3°, .M. E. Baudry. au Morillon (Charente-Inférieure); 4", M. J. Imbourg, commune de Loir (Charente-Inférieure). — Mentions honorables, M. J. Ambert.

2" Catégorie. — Race Parthenaise et ses dérivés (Vendéenne et Nantaise). — Mâles. — Section unique. — Animaux de 1 an à 2 ans. — 1" prix, Mme la bnronne de Pervinquière, à Bazogesen-Pareds (Vendée); 2% M. A. Chaigneau, aux Anges-Bertières (Deux-Sèvres); 3% M. A. de Ponsay, à la Domangère (Vendée); 4", M. A. Germain, à la Roussière (Daux-Sèvres). — Femelles. — 1" Section. — Génisses de 1 à 2 ans. — 1=' prix, M. R. Delisle; 2° M. Magnoux, à Courle (Deux- Sèvres). — 2" Section. —Génisses de 2 à 3 ans. — 1" prix, M. A Frère, à la Papinaudière (Deux-Sèvres); 2% M. de la Massardiôre, à la Gâlinalière (Vienne); 3% M. Seguinot, à la Chevrette (Vienne). — 3" Section. — Vaches de plus de 3 ans. — 1" prix, M. L. Blay, à Nalliers (Vendée) ; 2^ Mme la baronne de Pervinquière; 3% M. Ambert; 4% M. A. Bouille, à la Marotière (Deux-Sèvres).

Prix d'ensemble décerné au meilleur lot d'animaux de l'espèce bovine des 1"= et 2*= catégories.

— Ce prix qui consiste en un objet d'art a été décerné à M. J. Ambert.

3' Catégorie. — Race Limousine. — Mâles. — P* Section. — Animaux de 6 mois à 1 an. — l"' prix, M. Ch. de Léûbardy, au Vignaud (Haute-Vienne) ; 2", M. Teisserencde Bort, à St-Priest, Thaurion (Haute-Vienne). — Prix supplémentaires, MM. Duvert, à la Gabie (Haute-Vienne) ; Rioblan, au Vigenal (Haute-Vienne); 0. Guybert, à Courdelas (Haute-Vienne). — Mentions honorables, MM. Rouard du Card, îi Limoges (Haute-Vienne); J.-B. Robert, au Boucheron (Haute- Vienne). — 2"^ Section. — Animaux de l an à 2 ans. — p"" prix, M. Lamy de la Chapelle, à Limoges (Haute-Vienne) ; 2", M. deLéobardy ; 3", M. Caillaud; 4", M. Barny de Romanet, à Romanet (Haute-Viennel; h", M. J. Robert. — Prix supplémentaires, MM. Nouaillier; Duvert. — Mentions honorables, MM. Rouard de Card; Tondeau de Marsac, à Vogères-Saint-Léman (Haute-Vienne). — Femelles. — P" Section. — Génisses de 6 mois à 1 an. — 1" prix, M. Guibert; 2", M. de Léobardy.

— Prix supplémentaires, MM. Lamy de la Chapelle; Tondeau; Duvert. — Mentions honorables, MM. Rouard de Gard; Ch. de Léobardy. — 2° Section. — Génisses de 1 an à 2 ans. — l^'' prix. MM. Rouard de Card; 2", 0. Guibert; 3% Ch. de Léobardy; 4", M. M. Duvert. — Prix supplémentaires, MM. Barny de Romanet; G. Nouaillier ; J. Dadat, au Masbatier (Haute-Vienne). — Mention honorable, M. Rouard de Card. — 3° Section. — Génisses de 2à3 ans. — 1" prix, M. de Léobardy; 2', M. 0. Guibert; 3% M. M. Duvert; 4°, M. Rioblan, au Vigenal (Haute-Vienne). — Prix supplémentaires, MM. Lamy de la Chapelle; R. Francez, à Mas-Rome. — Mention honorable, M. A. Duboucheroy, à Goupillay (Haute-Vienne). — 4" Section. — Vaches de plus de 3 ans. — 1" prix, M. Lamy de la Chapelle; 2% M. Caillaud; 3'', M. Teisserenc de Bort; rappel de k" prix, M. Datac; 4° prix, M. Alfred Guibert; .V, M. Nouailhier, château de Brignac (Haute-Vienne). — Prix supplémentaires, MM. Ouvert: Barny de Romanet; Parry, à Limoges (Haute-Vienne); Rouard de Card; R. Fiancez.

4° Catégorie. — Race Garonnaise. — Mâles. — Section unique. — Animaux de 1 an à 2 ans. — p'' prix, M. J. Régiraond, à Saint-André-du-Gard (Gironde); 2°, M. N. Tujas, à Couranle (Gironde); 3% M. Monchany, à Merterrieux (Gironde); 4°, M. J. Courrech, à Taudin (Gironde). — Femelles.

— 1" Section. — Génisses de 1 an à 2 ans. — P'prix, M. Mapataud (Haute-Vienne); 2°, M. J. Régimon. — Prix supplémentaire, M. L. Courrech, à la Maronne (Gironde). — 2= Section. — Génisses de 2 à 3 ans. — l" prix, M. N. Tujas; 2% M. J. Régimon. — Prix supplémentaire, M. Dulilh, au Jura (Gironde). — 3*= Section. — Vaches de plus de 3 ans. — P' prix, M. J. Régimon ; 2% M. J. Courrech; 3% M. N. Tujas.

5" Catégorie. — Race Razadaise. — Mâles. — Section unique. — Animaux de 1 an à 2 ans. — 1" [rix, M. Monda fils, à Maillard (Gironde); 2°, M. G. Calhalot, à Bordeaux (Gironde); 3% M. Elle Darquet, à Beaulac (Gironde). — Femelles. — P" Section. — Génisses de 1 an à 2 ans.

— 2° prix, M. Bernard-Boutejac, à Castillon (Gironde). — 2= Section. — Génisses de 2 ans à 3 ans.

— l""prix, M. Courrégelongue, à Cudoz (Gironde) ; 2°, M. Cathalot. — 3'-" Section. — Vaches de plus de 3 ans. — l'"'" prix, M. Elle Darquet; 2", M. Cathalot ; 3% M. Baillet-Laulan.

6' Catégorie. — Race Durham. — Mâ'es. — l^' Section. — Animaux de G mois à 1 an. — l^prix, M. le marquis de Surineau, à la Gaudinière (Vendée) ; 2', M. G. Duquénel, aux Cheminées (Charente-Inférieure). — Prix supplémentaire, M. le comte de Chabot, à MoLchamp (Vendée). — Mention honorable, M. Richard, à l'Oimeau (Charente-Inférieure). — 2' Section. — Animaux de 1 an à 2 ans. — 1" prix, M. le marquis de Surineau; 2% M. G. Duquénel. — Mentions honorables, M. R. Segot, à Baunay (Maine-et-Loire); Richard. — 3° Section. — Animaux de 2 à 4 ans. — Prix unique, M. G. Cacaud, à Saint-tiervais (Vendée). — Mention honorable, M. J. Proux. — Femelles. — 1'''= Section. — Génisses de G mois à 1 an. — Prix unique, M. J. Putier, à Fouras (Charente-Inférieure). — Prix supplémentaire, M. R. Segot. — Mentions honorables, MM Richard; Duquénel; Richard. — 2" Section. — Génisses de 1 an à 2 ans. — Prix unique, M. J. Proux. —

Prix supplémentaire, M. G. Duquénel. — Mention honorable, M. R. Segot. — 3" Section. — Génisses de 2 ans à 3 ans. — l"' prix, M G. Duquénel; 2", M. R. Segot. — Mentions honorables, M. J. Proux; G. Duquénel. — 4" Section. — Vaches de plus de 3 ans. — l"' prix, M. Ed. Gaboriaux, à Breuil-Magné (Charente-Inlérieure) ; 2% M. R. Segot; '.]% M. J. Proux. -r Prix supplémentaire, M. G. Duquénel. — Mention honorable, M. le comte de Briey.

7° Catégorie. — Croisements Darham. — Mâles. — Section unique. — Animaux de 1 an à 2 ans.

— Prix unique, M. G. Cacaud. — Mentions honorables, MM. G. Boutiron, à la Grignollée (Charente- Inférieure) ; G. Duquénel. — Femelles. — P'' Section. — Génisses de l an à 2 ans. — Prix unique, M. J. Monnerie. — Mention honorables, MM. G. Cacaud; Duquénel. — 2'- Section. — Génisses de 2 à 3 ans. — l" prix, M. J. Monneiie; 2", M. Duquénel. — tentions honorables, MM. G. Cacaud; L. Nadaud ; J. Monnerie. — 3' Section. — Vaches de plus de 3 ans. — P' prix. M. Putier; 2°, M. Jules Moinier; 3', M. L. Nadaud. — Mentions honorables, MM. C. Boutiron; Duquénel.

8° Catégorie. — Races d'Ayr, de Jersey et analogues. — Mâles. — Section unique. — Animaux de 1 an à 2 ans. — P'' prix, M. le marquis de Dampierre, à Plassac (Charente-Inférieure). — Mention honorable, M. le marquis de Dampierre. — Femelles. — P'= Section. — Génisses de 1 an à 3 ans. — \" prix, M. le marquis de Dampierre. — Mentions honorables, M. le marquis de Dampierre. — 2" Section. — Vaches de plus de 3 ans. — l" prix, M. le marquis de Dampierre ; 2°, M. Babin, au Grand-Vergeroux (Charente-Inférieure). — Mentions honorables, M. le marquis de Damp'erre.

9° Catégorie. — Races laitières françaises ou étrangères pures, à l'exception des races ayant une catégorie spéciale. — Mâles. — Section unique. — Animaux de 1 an à 2 ans. — 2" prix, M. J. Camentron, à Mérigna (Gironde). — Kemelles. — P" Section. — Génisses de 1 an à 3 ans.

— l^'prix, M. Camentron; 2', M. J. Ristor. — 2° Section. — Vaches de plus de 3 ans. — P' prix, M. A. Pouzon, à Reparsac (Charente) ; 2*, M. J. Camentron; 3", M. P. Cibot. — Mention honorable, M. Putier.

Prix (Vensemble décerné au meilleur lot d'animaux de l'espèce bovine. — Ce prix qui consiste en un objet d'art, a été décerné à M. Ch. de Léobardy.

Espèce ovine.

1" Catégorie. — Races françaises diverses. — Mâles. — l" prix, M. Blanchaud, Saint-Ouen (Haute-Vienne); 2°, M, Ducellier, à Lathus (Vienne); 3% M. Poinet, àSaulzé (Vienne). — Femelles.

— P''' prix, M. Blanchaud ; 2% M. Poinet; 3% M. Ducellier.

2'' Catégorie. — Races étrangères diverses. — 1" Section. — Animaux de 1 an à 18 mois. — Mâles. — l"prix, M. Teisserenc de Bort, à Saint-PriestTaurion (Haute-Vienne); 2% M. le marquis de Dampierre; 3", M. Boncenne, à Fontenay-le-Comte (Vendée); 4", M. Duquénel, à Saint- Sorlin-de-Conac (Charente-Inférieure). — Mention honorable, M. le marquis de Dampierre. — Femelles. — P'' prix, M. Teisserenc de Bort; 2% M. le marquis de Dampierre; 3% M. Boncenne.

— Mentions honorables. MM. Duquénel; Teisserenc de Bort; Boncenne. — 2" Section. — Animaux de plus de 18 mois. — Mâies. — 1" prix, M. Teisserenc de Bort ; 2°, M. le marquis de Dampierre ; 3", M. Duquénel; 4% M. Céran-Maillard, 4 Turqueville (Manche). — Mentions honorables, MM. le marquis de Dampierre, Boncenne. — Femelles. — l" prix, M. Teisserenc de Bort; 2", M. Boncpnne; 3", M. le marquis de Dampierre. — Mention honorable, M. Teisserenc de Bort.

3° Catégorie. — Croisements divers. — Mâles. — l" prix, M. Teisserenc de Bort; 2% M. Poinet; 3% M. Pradier, à Saint-Laurentde-la-Prée (Charente-Inférieure). — Femelles. — 1" prix, M. de Léobardy, à la Jonchère (Haute-Vienne); 2% M. Poinet; 3% M. Cacaud, à Saint-Gervais (Vendée).

Prix d'ensemble à attribuer au meilleur lot d'animaux de l'espèce ovine, un objet d'art, M. Teisserenc de Bort.

Espèce porcine.

1'= Catégorie. — Races indigènes pures ou croisées entre elles. — Mâles. — P"' prix, non décerné; 2'^, M. Paintault, à Cherveux (Deux-Sèvres) ; 3°, M. Baraton, à Saint-Christophe-sur-Roc (Deux-Sèvres). — Femelles. — Pas d'animaux présentés.

2" Catégorie. — Races étrangères pures ou croisées entre elles. — Mâles. — l"" prix, M. de la Massardière, à Antran (Vienne); 2% M Nadaud, à Chazelles (Charente) ; 3", M. Girardin, à la Jonchère (Haute-Vienne); 4', M. le marquis de Surineau, à Saint-Vineent-sur-Graon (Vendée); 5% M. Bouscasse, à Puilboreau (Charente-Inférieure). — Femelles. — P- prix, M. Nadaud; 2% M. Duquénel; 3% M. J. Proux, à Saint-Germain (Charente-Inférieure); 4", M. Girardin; o=, M. Bouscasses. — Prix supplémentaires, MM. de Léobardy ; de la Massardière.

3° Catégorie. — Croisements divers entre races étrangères et races françaises. — Mâles. — Prix unique, non décerné. — Femelles. — P' prix, M. Nadaud ; 2°, M. de Léobardy.

Prix d'ensemble à atiribuer au meilleur lot d'animaux de l'espèce porcine, un objet d'art, M. L. Nadaud, à Chazelles (Charente).

Animaux de basse-cour.

1" Catégorie. — Coqs et poules. — P° Section. — Race de Barbezieux. — P"' prix, M. le comte de Lestrange. à Perfonts (Charente). — 2° Section. — Races limousine et du Poitou. — 1" prix, M. Ambert, à Tonnay-Charente (Charente-Inférieure); 2°, M. Cormerais, au Péré îCliarente-Inférieure). — 3" Section. — Races françaises diverses. — l^urix, M. Cormerais ; 2", M. Gouin, à Ciré d'Aunis (Charente-Inférieure); 3°, M'. Soul-é, à Ballon (Cliarente-Inférieure). — 4" Section. — Races étrangères diverses. — P' prix, M. Cormerais. — 5' Section. — Croisements divers. — Prix unique, médaille d'argent, M. Bouscasse.

2' Catégorie. — Dindons. — Prix unique, médaille d'argent, Mme de Laroque-Latour, à Salles (Charente-Inférieure).

3° Catégorie. —Oies. — 1" prix, M. Cormerais; 2', M. Ambert.

4* Catégorie. — Canards. — 1" prix, M. Matiiey, à Rochechouart (Haute-Vienne) ; 2% M. Cormerais; 3% M. Breuil, à Thoiré (Gtiarente-Inférieure)

5° Catégorie. — Pintades. — P'prix, M. Breuii; 2", M. Ambert.

6' Catégorie. — Pigeons. — jl" prix, M. Cormerais; 2% M. Bertrand, à Rochefort (Ghareate- Inférieure).

V Catégorie. — Lapins et léporides. — P' prix, M. Mathey; 2°, M. Boncenne, à Fontenay-le- Comle (Vendée).

Prix d'ensemble, un objet d'art, non décerné.

Recompenses aux serviteurs ruraux, pour les soins intelligents donnés aux animaux primés des espèces bovine ovine et porcine. — Médailles d'argent, MM. P. Royer, domestique cliez M. Léobardy; A. Degas, vacher chez M. Ambert ; L. Faure, berger chez M. Teisserenc de Bort; J. Blanchard, domestique cl^ez M. Nadaud; Achenelly, vacher chez M. Duqucnel. — Médailles de bronze, MM. J. Durepaire, berger chez M. Blanchard ; L. Bourgucil, domestique chez M. de la Massardière ; J. Tujas, domestique chez M. Tujas ; Maillard, vacher chez M. de Dampierre ; P. Chapelau, domesuque, chez M. le marquis de Suriueau ; Bastié, domestique chez M. Régimond; Chauveau. domestique chez M. Mapataud.

Machines et instruments agricoles.

Concours spécial de machines à greffer la vigne. — l" prix, médaille d'or, M. J. Comy, à Garons (Gard); 2% médaille d'argent, M. Villadary, à Siint-Philippe d'Aguille ; 3% médaille de bronze, M. Pierre Gratereau,à Saint-Sulpice (Charente-Inférieure).

Récompenses aux contre-maîtres et ouvriers des constructeurs desdites machines. — Médaille d'argent, M. A Comy, contre-maître chez M. Comy. — Médailles de bronze, MM. A. Pralong, contremaître chez M. Villadary; Joseph-Vincent, chef-ouvrier chez M. Comy; 20 fr. M. Jaubert fils, contre-maître chez M. Despujols.

Produits agricoles et matières utiles à l'agriculture. — Concours spéciaux.

l" Catégorie. — Vins de la région (récolte de 18S2). — l"' prix, médaille d'or, M. Guyot-Proux, à Bois, île de Ré (Charente-Inférieure) ; 2% médaille d'argent, M. Pacaud, à Rochefort (Charente- Inférieure).

2° Catégorie. — Eaux-de-vie de la région (récolte de 1882). — 1" prix, médaille d'or, M. le comte de Lestrange, à Bois-Breteau (Charente) ; 2% médaille d'argent, M. Viaud, à Chambon (Charente-Inférieure); 3", médaille de bronze, M. Virbonnet, à l'usine de Cherves (Charente).

3" Catégorie. — Vins américains (production directe, récolte de 18S2). — 1" prix, méiiaille d'or, M. E. Verneuil, à Villars -en-Pons (Charefnte-Inférieure) ; 2", médaille d'argent, M. Petii, à Toulenne-Langoc (Gironde).

= 4" Catégorie. — Vins provenant de cépages greffés sur .vignes américaines. — 3" prix, médaille de bronze, M. le comte de Lestrange.

h^ Catégorie. — Huîtres de Marennes. — I" prix, médaille d'or, M. F. Verneuil, à la Tremblade (Charente-Inférieure).

6= Catégorie. — Moules de Bouchot. — Pas de produits présentés.

7= Catégorie. — Expositions scolaires. — 1'''= Section. — Matériel d'enseignement agricole, collections, dessins, objets de cours, etc. — {""'prix, médaille d'or, M. Duru, à Bordeaux (Gironde). — 2" Section. — Travaux spéciaux et objets d'enseignement agricole, présentés par les professeurs, les ins ituteurs et les élèves des écoles primaires. — I" prix, médaille d'or, M. Bouleilier, à Nesmy (Vendée) ; 2% médaille d'argent, M. Suire, instituteur, à Lussant (Charente-Inlérieure) ; 3°, médaille de bronze, M. Raimon, instituteur, à Thou (Charente-Inférieure). — Mention très ho'norable, M. Laugrand, à Ardillières (Charente-Inférieure). — Mention honorable, M. Rideau, à Saint-Laurent-de-k-Prée (Charente-Inférieure).

8" Catégorie. — Expositions collectives faites par des administrations publiques, les Sociétés et Comices agricoles et horticoles. — Médaille d'or à la Société d'agriculture et au Comice agricole de Rochefort.

9" Catégorie. — Produits divers non compris dans les catégories précédentes. — Médailles d'or, MM. Ambert, à Tonnay-Gharente (Charente-Inférieure) ; Pineau, à Beauvais-sur-Malha (Charente- Inférieure) ; Lhérault-Salbœuf et fils, à Argentcuil; Ferrand, à Segonzac (Charente). — Médii'les d'argent, MM. Renaudet, à Béni-Méred (Algérie); Arbouin, à Lignières-Sonneville (Charente) ; Va laud, à Saint-Bonnet-la-Rivière (Haut'',-Vienne) ; Duquénel, à Saiiit-Sorlin-de-Conac (Cliarenie- Inférieure) ; Etienne Charles, à Rochefort; Deauriac, à Samt Astier (Dordogne) ; le mai-quis de Moneys, à Allas-Bocage (Charente-Inférieure); Pouvreau, à Saint-Léger-lès-Melk (Deux-Sèvres); Judical, à Siirgères (Chareiile-Inférieure); Mme Gouin, à Ciré-d'Aulnis (Charente-Inférieure). — Médailles de bronze, MM. Etienne Charles; Bousca-se; le mari]uis de Moneys; Bou-casse; Duquénel; le comte de Lestrange; Duquénel; Rousseau, à Sainl-Jean-d'Aiîgely (Charente-Inférieure); Mme Rabin, au Grand-Vergeroux (Charente-Inférieure); MM. Fradin, à Moncoulant (Deux- Sèvres) ; René Francez, à Limoges (Haute-Vienne) ; Mureau, à S,;unt-L;i,urent-de-la-Prée (Charenle- Inferieure) ; Nauges, à Montauban (Tarn-et-Garoune) ; Eudrivet, à Saiut-Seuria-d'Uzès (Charente- Inférieure); Rousseau; Guiot-i'roux.

J. Laverrières,

Bibliothécaire Je la Société nationale d'agriculture.

REVUE GOIMRGliLE ET PRIX CDURiNT :DES DENRÉES AGRICOLES

(23 JUIN U83) I. — Situation générale.

Les marchés agricoles sont toujours peu fréquentes à cette époque de l'année, la moissons des céréales est commencée dans le Midi. La coupe des foins et le fanage occupent les agriculteurs dans tout le restedu p^ys. Les appréciations sur les premières récoltes sont assez contradictoires, ainsi qu'il arrive toujours au moment où elles se font; il laut attendre encore avant de pouvoir se prononcer.

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