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VI. — Le phylloxéra

Pendant que, dans quelques départements, mêmeencoie peu envahis par le phylloxéra, les viticulteurs piraisseni n'avoir de confiance que dans la culture des vignes américaines résistantes, tlans quehpies

autres départements, on cherche, au contraire, à lutter par tous les moyens dont la science et l'expérience ont aujourd'hui démontré la valeur. C'est ce qui se passe aujourd'hui dans le département des Landes. En réponse à un projet de création d'une pépinière de vignes américaines, un grand nombre de viticulteurs ont adressé à M. le ministre de l'agriculture la pétition suivante, que nous croyons utile de reproduire :

« Nous soussignés, propriétaires-viticulteurs du département des Landes, vous prions d'accepter i}os vifs remercîments pour le puissant concours que vous êtes disposé à nous accorder, le cas échéant, dans la lutte contre le phylloxéra.

« Tout en vous exprimant nos sentiments de reconnaissance, nous venons vous exposer les raisons qui militent en faveur de la non-introduction des plants américains dans notre département :

« l" Nos vignes qui occupent une superficie de 30,000 hectares et qui représentent un capital d'environ 100 millions de francs, ont été elficacement protégées jusqu'à ce jour par un arrêté préfectoral qui prohibe, dans le département, l'entrée et la circulation des plants étrangers;

« 2" Sur ces 30,000 hectares de vignes, on ne compte guère que 3 hectares environ qui sont plus ou moins atteints;

« 3" L'mvasion qui n'est encore qu'à son début pourrait être arrêtée par les traitements administratifs;

« 4" D'après les prévisions les moins optimistes, on peut espérer que le vignoble Landais ne sera sérieusement menacé que dans huit à dix ans, en supposant même que d'i'-i là on n'applique aucune mesure de défense;

« 5° Nos vignes, séparées les unes des autres par de grands espaces et protégées de certains côtés par de profondes forêts de pins, sont, par cela même, beaucoup moins exfiosées à l'essaimage que partout ailleurs. Les quelques taches constatées sont dues à des importations anciennes;

« 6" Depuis que les terres sableuses sont reconnues réfractaires au phylloxéra, des Sociétés viiicoles se sont formées pour l'exploitation du sol par la vigne; d'autres Sociétés sont en voie de formation; des viticulteurs étrangers venus de pays phylloxérés plantent chaque année des milliers d'hectares de vignes dans nos Landes; les habitants en très grand nombre suivent l'exemple, et, si ce mouvemtnt très reinitrquable n'est pas contrarié, on peut espérer que dans quelques années nos vastes étendues de landes seront transformées en vignobles;

« 7° Le département des Landes, moins que tout autre, n'a besoin de recourir aux plants américains; il se trouve dans une situation tout à fait exceptionnelle, grâce à la nature du sol; ce sol étant lui-même un remède contre le phylloxéra;

« 8° Si, dans un avenir qui parait encore assez éloigné, on doit recourir aux plants américains, il nous sera toujours loitsible de le faire. Nous mettrons alors à profit les études de sélection et d'adaptation auxquelles nos voisins se seront livrés ;

« 9" On ne saurait, il nous semble, prendre trop de précautions avant de statuer définitivement sur la question. Tel est aussi l'avis de la Commission centrale d'études et de vigilance des Landes contre le phylloxéra. Presque tous les membres de cette Commission partagent l'idée d'une nouvelle réunion, et cette idée est d'autant plus juste que, dans une première séance, 6 membres seulement sur 16 dont se compose la Commission étaient présents, l'objet de la convocation n'ayant pas été indiqué.

« Si nous ne craignions de vous fatiguer, monsieur le ministre, nous pourrions examiner d'autres côtés de la question et vous dire l'émotion causée dans le pays par la nouvelle de la création d'une pépinière de plants américains dans une propriété dite de Lapeyrade qui a été offerte à M. le préfet, et qui se trouve à proximité d'une région coQtaminée.

. « Espérant, monsieur le ministre, que vous voudrez bien prendre nos intérêts viticoles sous votre haute protection, nous vous prions de ne pas autoriser l'introduction de plants américains dans notre déparlement, et de ne donner aucune suite, pour le moment du moins, au projet de création d'une pépinière départementale de vignes américaines dans les Landes. »

Nous ne saurions trop insister, pour notre part, sur ce fait que les viticulteurs ne doivent avoir recours aux vignes américaines que

GtlUONIOUE AGRICOLE (6 JANVIER 1883). II

lorsque la lutte par les insecticides ne peut pas donner des résultats suffisants, soit à raison de la nature du sol, soit à cause des frais trop élevés qu'ils entraînent, par suite de la valeur des produits obtenus.

VII. — Enscujmiiimt di parle mental du fagriculiure. Les professeurs départementaux se soit constitués, comme nos lecteurs le savent, en une association spéciale, dans laquelle sont appelés à prendre rang les nouveaux professeurs, au fur et à m'^sure de leur nomination. Cette association a à sa tête un bureau qui est actuellement composé comme il suit : président, M. Sauvage; vice-président, M. Magnien; vice-secrétaire, M. Franc; trésorier, M. Duplessis. Elle vient de publier son quatrième Bulletin; nous y trouvons que 57 départements sont actuellement pourvus de chaires d'agriculture, donto en Algérie. Le même fascicule renferme une pétition adressée par les professeurs d'agriculture au ministère de l'instruction publique, relativement à l'organisation de leur enseignement dans les écoles normales. Cette pétition a été favorablement accueillie; il est, en effet, de la plus haute importance que le double enseignement par les cours dans les écoles normales, et par les conférences dans les campagnes, puisse se faire régulièrement.

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