II. — Marthe du bétail sur pied
Cours officiels
l'» qualité
Animaui amenés. Invendus
Bœufs 2, 258
Vaches 893
Taureaux... 335
Veaux 1,832
Moutons.... Il,08i
Porcs gras.. 5,752
— maigres. . » » »
Vente mauvaise sur toutes les espèces.
moyen
gînéral
kil.
Cours des commissionnaires en bestiaux.
qaal.
quai.
3* quai.
Prix extrêmes.
quai.
2* quai.
3" qaal.
Prix extrêmes.
BOITE AUX LETTRES
7?. M., à R. (Seine-et-Marne). — Les eaux qui s'écoulent de vos terres tombent dans un fossé, qui traverse un village dont il reçoit également les eaux, et débouche dans une mare (|u'il traverse pour continuer son cours. D'un autre côté, vous avez soin de recueillir tous les purins de vus e'tables qui sont dirigés dans une vaste citerne, de telle sorte que ce sont les seules eaux de
pluie qui s'écoulent par le fossé. Le locataire de la mare prétend que ces eaux la salissent au point que ses animaux ne peuvent plus s'y abreuver, et il élève la prétention de vous forcer à leur donner un p.utre cours. G'est^ là une prétention qui ne saurait être admise; aux termes de l'article 640 du Gode civil, les fonds inférieurs sont assujettis envers ceux qui sont plus
BOITE AUX LETTRES
élevés à recevoir des eaux qui en découlent naturellement, sans que la main de l'homme y ait contribué; le propriétaire inférieur ne peut point élever de digue qui empêche cet écoulement; mais le propriétaire supérieur ne peut rien faire qui aggrave la servitude du fonds inférieur. On ne saurait vous forcer à détourner vos eaux et à les faire couler en sens contraire de la pente naturelle; il est d'ailleurs probable que, si ces eaux se salissent à l'excès, c'est dans la traversée du village que le fait se produit, ce qui i\e saurait vous être imputé à aucun titre.
G. D.* à N. [Sarlhe). — Les taupiers font défaut, en ce moment, dans votre contrée, et vous désirez qu'on vous indique, en quelques mots, le moyeu le plus facile pour détruire les taupes et les mulots sans dangers pour les animaux domestiques et pour le gibier. — En ce qui se rapporte aux taupes, le meilleur moyen est d'avoir recours à des pièges qu'on place dans les galeries de ces animaux qui paraissent les plus récentes et les plus fréquentées; ces pièges consistent généralement en un cylindre en terre cuite, muni d'une trappe en fer aplati, maintenue par un ressort qui est détendu par le passage de la taupe et qui l'emprisonne.
Les appâts empoisonnés qu'on pose dans ces galeries ne paraissent pas donner de fameux résultats. — Pour les mulots, on vous conseillera d'essayer la myoktanine, qu'on peut se procurer au laboratoire de la Bourse du commerce, rue du Louvre à Paris.
Le Journal du 24 septembre et du 22 octobre 1892 a donné des détails complets sur son emploi et sa préparation qui se fait en imprégnant des tranches de pain avec ce poison. Les cadavres des souris mortes et des morceaux de pain empoisonnés sont sans danger pour les autres animaux, de telle sorte que les oiseaux de bassecour, le gibier et les animaux domestiques peuvent les manger sans en subir d'inconvénient.
P., à G. [Ain). — Vous demandez si le propriétaire riverain d'une rivière non navigable ni flottable peut en changer le lit, en ayant droit à tout l'ancien lit, et si le propriétaire de la rive opposée qui n'a rien fourni peut être appelé à revendi([uer la moitié de l'ancien lit. La réponse ne saurait être
douteuse; le propriétaire de chaque rive est le propriétaire de la moitié du lit qui est de son côté ; on n'a donc pas le droit de l'en déposséder. Si le cours de la rivière est changé par un des riverains, c'est pour lui une affaire de convenance, dans laquelle son voisin n'a pas à intervenir, et ce ne peut être un motif pour déposséder ce dernier.
— ■ Vous demandez s'il existe un instrument pratique et peu coiàteux pour le teillage du chanvre. Les broies qui servent à cet usage sont des appareils répandus dans les régions où l'on cultive le chanvre, mais qui n'ont pas reçu de perfectionnements notables, malgré les essais faits à diverses reprises.
M., à St-M. {Seine-et-Marne). — La vesce velue s'est vendue à l'automne dernier, au prix de 50 et 60 francs les 100 kilog. et même plus, chez les principaux marchands grainiers, Vilmorin, Forgeot, Delahaye, Denaiffe (de Garignan). Vous pouvez vous adresser à ces maisons pour vous en procurer actuellement, mais il paraît peu probable qu'elles puissent vous donner satisfaction, car cette graine était déjà très rare à l'automne dernier; c'est pourquoi, dans le dernier numéro du Journal auquel vous pouvez vous reporter, M. Schribaux conseillait à ceux qui ont essayé cette plante de faire de la graine.
K., à W. (yllsace). — Les presses à fourrages à bras peuvent comprimer, par jour, avec deux hommes, 4 000 à 5 000 kilog. de foin, en lui donnant une densité de 150 à 200 kilog.
au mètre cube; les presses à manège peuvent comprimer 5000 à 6 000 kilog.
en réalisant une densité de 250 à 300 kilog. par mètre cube. Parmi ces dernières, la plus répandue est la presse Dederick, construite en France par Albaret, à Liancourt (Oise), et par Trilschler. à Limoges (Haute-Vienne).
La presse Pilter, qui fait des balles cylindriques, peut comprimer 8 000 à 10000 kilog. par jour. Tels sont les constructeurs auxquels vous pouvez vous adresser.
Avis. — Les lettres et communications relatives à la Boîte aux lettres doivent être adressées à la Rédaction du Journal de l'AgriculLure^ 2, carrefour de la Groix-Rouge, à Paris.
Le Gérant : A. Bouché.
CHRONIQUE AGRICOLE (13 mai 1893).
La fin provisoire de la sécheresse. — Les gelées du 7 mai. — Hégâts dans la région de l'Est. — Les cultures de betterave-; à sucre. — Le pâturage dans les lorèts de l'Etat. — Lettre de M. Daubrée. directeur des forêts au .Ministèie de l'agriculture. — Les fourrages à semer pour les provisions d'été et d'automne. — Les racines fouriagères. — Les pommes de terre dans l'alimentation du gros bétail. — La pluie pendant le mois d'avril. — Observations de .M. Debérain à l'Académie des sciences sur la proportion de la sécheresse du sol. — Discussion à la Chambre des députés sur la suppression des octrois. — Texte adopté par la Chambre. — Caractère de la proposition. — Texte définitif de la proposition de loi sur le crédit agricole et populaire. — Les prochains concours régionaux. — Analyse du programme du prochain concours régional de Privas. — Programme du concours spécial de la race bovine d'Âubrac et du coricour? des races gasconne et carolaise. — Concours spécial d'industrie laitière à Besançon. — Nécrologie. — Mort de M. L. de Lamolhe. — Organisation d'un ministère de l'agriculture en Russie. — Le phylloxéra en Champagne. — Expériences faites dans l'arrondissement de Château-Thierry sur l'adaptation des vignes américaines. — Le drainage hygiénique des écuries. — Note de M. Brisemure. — Le projet de canal des Deux-Mers. — Dates des concours du Comice de Bourg, de la Société d'agriculture de la Gironde, de la Société d'agriculture de Saint-Marcel lin.
L — La situation.
Les conditions climatériques se sont profondément modifiées dans le courant de cette semaine; la période ininterrompue de sécheresse a pris fin, et des pluies sont survenues dans la plupart des régions. Ces pluies seront-elles suffisamment abondantes pour pénétrer dans le sol et rendre à la végétation la vigueur qui lui est nécessaire, c'est ce qu'il est encore impossible de dire ; on ne peut que l'espérer. Malheureusement, cette nouvelle période météorologique a été précédée par un refroidissement vif, accompagné d'un vent âpre et violent, et des gelées assez intenses en ont été la conséquence. C'est surtout dans la nuit du 6 au 7 mai que le froid s'est fait sentir, et il a produit des dégâts assez considérables dans un assez grand nombre de régions. Celle de l'est paraît avoir été particulièrement atteinte : dans^ les départements de l'Ain, du Doubs, du Rhône, de la Loire, de Saôneet-Loire, de la Côte d'Or, et même dans celui de l'Yonne, on n'a pas seulement constaté des gelées blanches, mais des gelées à glace, dont les effets sont particulièrement pernicieux. Ces effets se sont produits sur les vignes et ils sont d'autant plus dangereux que les pousses étaient plus avancées; on les signale aussi sur les jeunes pousses de pommes de terre; on craint que les épis de seigle n'aient été atteints, ainsi que beaucoup de cultures légumières. Ce sont là des pertes considérables pour un grand nombre de cultivateurs. D'autre part, les jeunes betteraves à sucre, là oîi elles ont levé, sont violemment attaquées par les insectes, et leur résistance est d'autant moindre, que leurs ennemis pullulent davantage; c'est ainsi que, dans quelques parties de la région septentrionale, on signale une invasion exceptionnelle du silphe opaque, dont on avait signalé les effets pernicieux en 1888, mais qui n'avait plus beaucoup attiré l'attention dans les années suivantes. La sécheresse a créé des circonstances particulièrement favorables pour le développement d'un grand nombre de parasites; c'est encore une conséquence fâcheuse des anomalies du printemps actuel.