‹ Journal de l'agriculture (volume 3)Chapitre 550 sur 691 · VII. — Concours spécial de la race tarentaise · texte numérisé non relu

VII. — Concours spécial de la race tarentaise

Le concours spécial de la race bovine tarentaise ou tarine se tiendra à Chambéry le 10 juin. Comme pour les autres concours du même genre^ tous les éleveurs de cette race en France pourront y prendre part.

VIII. — Conférence de M. Méline à Rouen. Le Comité agricole, industriel et commercial de Normandie, présidé par M. ïhouroude, a organisé le 19 mai, à Rouen, une fête en l'honneur de M. Méline. Nous recevons, sur cette réunion, la note suivante qu'on lira certainement avec intérêt :

« C'est au milieu d'une nombreuse assemblée, composée d'industriels, de commerçants et particulièrement d'agriculteurs, qu'a eu lieu vendredi 19 mai, dans la vaste salle du Palais des Consuls, la conférence de M. Méline, ancien ministre de l'agriculture et président de V Association de l'industrie française.

« Dans un langage clair et incisif, l'orateur expose qu'il ne faut pas s'endor-

mir sur les succès acquis. Les adversaires de la protection qui, s'ils sont une minorité comme nombre, disposent de grandes ressources financières, continuent à faire campagne pour amener le Parlement à modifier les tarifs votes l'année dernière. Or, l'expérience pour ces tarifs n'est pas suffisamment faite pour en changer les facteurs, et d'ailleurs jusqu'à présent, les résultats obtenus confirment en tous points les prévisions qui les ont fait relever. Ce n'est pas pour asservir telle ou telle classe de la nation que les traités de commerce ont été repoussés, mais pour protéger la nation elle-même contre l'invasion des pays étrangers. Ma devise est celle-ci, s'est-il écrié : Du travail pour les Fraiiçais avant tout.

« Mais pour lutter contre l'état-major du libre-échange recruté parmi la grande finance et les gros importateurs, il faut une organisation puissante, par le nombre et disposant de ressources multiples. C'est pourquoi il convient d'augmenter nos adhérents principalement parmi les cultivateurs, car l'agriculture est encore la meilleure et la phis importante clientèle de l'industrie. D'ailleurs, elle est ellemême une très grande industrie.

« Cette union s'impose. C'est pour la cimenter entre tous les intérêts, ceux du commerce, de l'industrie et de l'agriculture, que je suis venu aujourd'hui prendre la parole. Il faut que notre organisation soit assez forte pour qu'elle survive aux hommes qui lui ont donné naissance. Aussi, à côté d'elle, doit-il y avoir un organe, c'est-à-dire un journal pour la représenter, la renseigner ou la défendre. Les principes de ce journal seront franchement républicains. La République doit être un gouvernement à progrès et largement ouvert à ceux qui viennent à lui sincèrement et sans arrière-pensée.

« Ce journal pourrait être intéressant quoique sérieux, grâce à la plume alerte de M. Domergue. Il étudierait des questions régionales mal connues à Paris et stimulerait les intéressés pour la mise en œuvre du crédit agricole lorsque les Chambres l'auront voté.

« A six heures et demie un banquet offert à M. Méline, par le Comité agricole, industriel et commercial de la Normandie, réunissait à l'île Lacroix près de deux cents convives accourus des diverses parties de la région pour rendre hommage au vaillant champion des intérêts économicjues du pays. »

M. Méline a été élu récemment président de l'Association de l'industrie française ; le programme qu'il a développé à Ilouen recevra certainement le concours de tous ceux qui sintéressent à la défense de la production nationale.

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