‹ Journal de l'agriculture (volume 3)Chapitre 579 sur 691 · II. — Marchés du jeudi 25 mai · texte numérisé non relu

II. — Marchés du jeudi 25 mai

I. — Cours de la viande à l'abattoir {par 50 kilog.) Bœufs, Veaui.

1" qua).

fr.

2*qnal,

S' quai, fr.

1' quai.

fr.

2* quai, fr.

3* quai, fr.

l'*qual.

fr.

Moutons.

2* quai, fr.

S' quai,

Cours de la charcuterie. — On vend à la Villette par 50 kilog. 66 à 70; 2", 60 à 65; poids vif, 44 à 46 fr.

IL — Marché du bétail sur pied.

V^ qualité

Animaux amenés. Invendus

Poids

moyen

généra'

kil.

Cours officiels

Cours des commusic en bestiaux.

qaal.

Bœufs 1,780 00 345 1.48

Vaches 626 21 231 1 44

Taureaux... 197 37 390 1.14

Veaux 2,057 732 79 1 90

Moutons 11,997 877 20 1.90

Porcs gras.. 5,oii 27 7 7 1.50

— maigres. . » » » »

Vente facile sur le gros bétail et les porcs, mauvaise sur les veaux et lalme sur les moutons.

quai.

3* quai.

quai.

quai.

3' quai.

Prix extrêmes.

BOITE AUX LETTRES

R., à E. (Seine-et-Oise). — Vos prédécesseurs ont acheté, à la fin du siècle dernier, sans aucune exception ni réserve, un jardin clos de murs de tous côtés. Ces murs subsistent encore sur l'un des longs côtés et sur l'un des houls. Sur le long côté, le mur porte un égoût en tuiles du côté des vendeurs ; l'autre mur porte un chaperon de votre côté seulement, sans aucune apparence du côté du vendeur. Vous désirez savoir quelle est votre situation de propriétaire relativement à ces deux murs. Le mur qui sépare deux enclos, c'est-à-dire deux terres entourées de telle façon qu'on puisse les présumer comme closes, est présumé mitoyen; mais si l'une des terres n'est pas réellement close, le mur dépend de celle qui est close, à moins qu'il n'y ait un titre, à cet égard, ce qui n'est pas le cas. Tel est le principe de la jurisprudence pour l'application de l'article 653 du Gode civil. En

outre, d'après l'article 654, la direction du chaperon est une marque de nonmitoyenneté ; par conséquent le mur qui n'a de chaperon que du côté de votre jardin, vous appartient sans aucun doute. Quant à l'autre mur, dont l'égout est du côté du voisin, s'il longe un enclos réel, il appartient au propriétaire voisin; mais vous dites que, depuis plus de trente ans, des scellements d'os de moutons y ont t té opérés pour le palissage d'arbres fruitiers ; dans ce cas, la mitoyenneté du mur a été acquise à voire profit par prescription, le voisin n'ayant pas mis d'opposition à ces ouvrages apparents.

E. P., àL. [Gironde). — Vous désirez qu'on vous donne des renseignements sur les écuries où l'on place les chevaux sur un plancher nu ; sans aucune litière; vous voudriez en faire l'essai. Ge système est usité dans quelques pays du nord de l'Europe, Suède et

BOITE AQX LETTRES.

nême dans plusieurs

ooiagne du nord, où le

abondant et n'a p is grande

plancher est formé de plan-

lallèles, éloignées de 4 à 5 cen-

.3 les unes des autres, pour laisser

-les liquides, et ])ortant sur des

iidriers, de manière à être au-dessus

.. u sol, de quelques centimètres. Vous

demandez si les chevaux ne refuseraient

pas de s'y coucher pendant tout le

temps nécessaire au repos nocturne; il

est évident qu'il y a là une question

d'éducation ; des chevaux habitués à

une litière souffriraient probablement

s'ils étaient soumis brusquement à ce

régime, quoiqu'il soit meilleur pour

eux que des pavés inégaux et pointus,

comme on en rencontre parfois dans

certaines écuries.

H. A., à G. (Suisse). — Vous demandez quels sont les tourteaux qu'on peut conseiller actuellement pour la nourriture du bétail. On doit se guider, à ce sujet, sur le prix auquel on peut se procurer ces tourteaux, eu égard à leur composition. Vous trouverez les cours régulièrement dans la Revue commerciale de chaque numéro. Voici, d'autre côté, le tableau des compositions moyennes qui pourra vous guider :

Matières Matières Autres azotées. grasses. matières nutritives.

Colza.... 30.62 11.10 39.36

Lin 31.50 9.89 40.88

Pavot 30.75 10.50 32.41

Chanvre 30.69 6.20 47.24

Sésame 39.62 9.89 26.97

Colon brut 40.94 16.40 24 76

— dwcorticiué 24.31 6.18 52.57 Arachide brute . . 33 . 56 8.12 42 . 07

— décortiquée 40- 69 9.60 32.85

Palmiste 14.94 13.55 57.75

Cocotier 24.13 4.70 52.23

Vous pouvez vous procurer ces tourteaux à Marseille, par exemple chez Dinner, ou chez Allier. C'est, pour les tourteaux exotiques, le point le plus rapproché pour vous.

E. S., à B. (Algérie). — Vous demandez quel est le remède le plus efficace à employer pour la gale du mouton. Dans le Dictioiin.airc (TagricuUure, M. Cadiot, professeur à l'Ecole vétérinaire d'Alfort, recommande spécialement le bain de Tessier, composé d'une dissolution de 10 kilog. de protosulfate de fer et de 1 kil. 500 d'acide arsénieux dans 100 litres d'eau. Il ne suffit pas de badigeonner simplement es parties galeuse'^, il faut préalable-

ment savonner la peau pour la débarrasser des croilites qui la recotivrent, puis frictionner avec le liquide acaricide pour le faire pénétrer dans les couches superficielles de la peau. Si la gale est généralisée, on traite d'abord une moitié du corps, et l'autre moitié quelques jours après. On doit réitérer le traitement au bout de quelques jours, si la gale n'a pas disparu : on reconnaît la guérison à la cessation du prurit. Quant aux spécialités pharmaceutiques préconisées contre la gale, il est difficile d'en garantir absolument l'efficacité.

L. R., à V. [Allier). — Vous avez l'intention de semer du maïs dans une terre argilo-siliceuse qui a été chaulée l'an dernier, mais qui n'a pas reçu d'engrais depuis quatre ans et dans laquelle vous ne pouvez pas mettre de fumier. Dans ces conditions, la fumure ffui paraît devoir donner les meilleurs résultats serait composée de 400 kilog.

de superphosphate (à 15 0/0 d'acide phosphorique) et 200 kilog de nitrate de soude, enfouis par un hersage avant la seraaille; mais il conviendrait de n'opérer le mélange des deux engrais qu'au moment do s'en servir.

L. F. à F. (Suisse). — Vous demandez s'il serait possible de donner quelques détails sur la conservation des fourrages verts par l'ensilage, notamment du maïs. Le Journal a traité cette question à maintes reprises depuis quinze ans, et on peut la considérer comme épuisée. On peut pratiquer l'ensilage de deux manières. L'ensilage en silos de maçonnerie convient surtout pour la grande culture. Dans les autres exploitations, le système le plus simple est l'ensilage en pein air, qui consiste en meules bien dressées, lesquelles se conservent facilement. Dans les deux cas, la condition capitale de la conservation est de donner au fourrage une couverture pesante (environ 350 à 400 kilog. de pierre par mètre carré) qui expulse l'air et en empêche l'accès à l'intérieur. Le Journal reviendra d'ailleurs prochainement sur toutes ces questions.

Avis. — Les lettres et communications relatives à la Boîte aux lettres doivent être adressées à la Rédaction du Journal de l'Agriculture^ 2, carrefour de la Croix-Rouge, à Paris.

Le Gérant : A. Bouché.

JLMN 1>SV3)

Projet d'organisalioii d'une Associ.ilion de l'industrie et de l'agriculture française. — Caractères de ce projet. — Evaluations publiées par le Ministère de l'agriculture sur la situation des cultures fouiragères en France au milieu de mai. — Les ini|iot talions de blé depuis le \" août 1892 jusqu'au 30 avril. — l^es maladies contagieuses du bétail. — Tableau de la situation des dépaitements sous le rappoit de la fièvre apliteuse. — • La désinfection des marchés. — ISotc de M. Japy. — L'ensilage dfs brancliettes d'arbres. — Nouvelle lettre de M. Gaston Gormouls- Houlès. — Concours du mérinos champenois à Ciiâlons. — Discours de M. Tisserand. — Liste des récompenses de ce concours. — Fête des élèves de l'Ecole nationale d'agriculture de Grignon. — La lutte contre le phylloxéra en Suisse en 1892. — Les rabougrissements de souches dans les vignes. — Prochain congrès de r.\ssociation pour l'avancement des sciences. — Ajournement de l'exposition féd'U-ale d'agriculture en Suisse. — Le prix de la viande. — Démarche du Syndicat agricole de la Haute-Saône. — Opérations du Syndicat des agriculteurs des Ardennes, — Erratum — Les eaux-de-vie nouvelles des Charentes. — Concours du Comice de Chàtcaudun à Cloyes et du Comice de l'arrondissement de Chartres. — Principaux lauréats de ces concours. — Le Congrès de la Société nationale d'horticulture. — Récompenses pour les mémoires présentés à ce congrès. — Décorations dans l'ordre du Mérite agricole.

I. — L'Association de l'industrie et de V agriculture françaises.

On connaît le rôle important qui a été rempli, depuis quinze ans, par l'Association de l'industrie française dans les diseussions économiques. Formant en quelque sorte le faisceau de la production industrielle nationale, elle a puissamment contribué à provoquer et à développer le mouvement d'opinion qui a abouti à la réforme douanière; elle a acquis ainsi des droits à la reconnaissance de toutes les industries françaises, et non seulement de ces industries si variées, mais aussi de l'agriculture ; en effet, dans les dernières années, elle a apporté tout son concours à l'union des intérêts agricoles et des intérêts industriels, qui a assuré la victoire dans la grande bataille économique. M. Méline a été élu récemment président de l'Association ; il a eu immédiatement la pensée de la transformer, afin d'en accroître l'autorité et la puissance. S'appuyant sur ce fait que l'union de l'agriculture et de l'industrie doit rester permanente, non seulement pour maintenir la réforme douanière, mais pour provoquer toutes les autres mesures propres à assurer l'avenir de la production nationale, il a conçu le projet de créer de toutes pièces V Âswcialion de l'industrie et de Vagricullure françaises. Les cadres industriels sont fournis par l'Association elle-même, qui est entrée immédiatement dans ces vues ; il s'agit désormais de constituer les cadres agricoles. Ceux-ci seront formés par des délégués des Associations agricoles, auxquelles une circulaire, dont on trouvera le texte plus loin (p. 849), est adressée dans ce sens. Une Assemblée générale aura lieu à Paris le 14 juin, dans laquelle seront élaborés les statuts de cette grande ligue, en même temps que seront clioisis les membres du Comité de direction.

Il est inutile d'insister sur l'utilité delà nouvelle organisation. Centraliser d'une façon définitive les forces de la production nationale, donner à l'agriculture la place à laquelle elle a droit dans le faisceau des industries françaises, former un centre d'études dans lequel se résolvent les conflits qui peuvent survenir entre les diverses branches de la production, maintenir l'union permanente nécessaire pour consolider les résultats acquis, tels sont les conséquences qu'il est facile de prévoir. Il dépend des associations agricoles que cette conception passe de l'état de projet à une réalisation immédiate; elles y puiseront une force nouvelle sans rien perdre ni sans rien abandonner de leur situation actuelle; elles conserveront d'ailleurs leur légitime indépendance €t leur complète autonomie. Aussi leur adhésion ne saurait être dou-

N» 1385. — TOME l" DE 1893. — 3 juin.

leuse ; dans quelques semaines nous pourrons saluer la constitution définitive de Talliance qui se prépare, pour assurer l'avenir contre toutes les attaques et toutes les menées hostiles d'adversaires vaincus aujourd'hui, mais qui escomptent déjà le triomphe de demain, II. — Situation des cultures fourragères. Dans notre chronique du 27 mai (p. 802), nous avons puhlié le résumé des évaluations du Ministère de l'agriculture sur la situation des cultures de céréales, au 1 5 mai. Le Journal officiel du 27 mai nous apporte des évaluations semblables sur les prairies et les cultures fourragères. Les renseignements ont été recueillis, comme les précédents, par les professeurs départementaux d'agriculture. Les notations adoptées sont les mêmes. En ce qui concerne les étendues cultivées, celles-ci sont évaluées en comparaison avec les surfaces occupées en 1892, le nombre 100 s'appliquant à ces dernières. Quant à l'état des cultures, il est représenté par des coefficients qui signifient : 100, très bon ; 80, bon ; 60, assez bon ; 50, passable ; 30, médiocre; 20, mauvais. Voici ces documents condensés, par régions :

Fourrages annuels. Prairies artificifllps. Prairies. Pommes de terre.

Etat des Etat des Etat des Etat des

Superficie, cultures. Superficie, cultures. Superficie, cultures. Superficie, cultures.

1" Nord-Ouest. . 106 35 91 .33 100 ' 35 100 82

2^ Nord 95 34 99 35 102 39 100 69

3» Nord-Est.... 125 36 85 29 100 30 103 55

4° Ouest 114 40 102 32 100 32 89 47

b" Centre 101 26 94 23 100 23 98 53

6« Est 97 27 102 32 100 28 100 63

7= Sud-Ouest . . 103 34 103 34 100 34 104 50

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