IX. — Monument en V honneur d'Isidore Pierre
La Société d'agriculture de Caen a pris l'initiative d'ouvrir une souscription pour ériger le buste d'Isidore Pierre. Son président, M. le comte de Saint-Quentin, nous communique une circulaire qui rappelle les titres d'un savant éminent, à un bommage mérité de la part des agriculteurs. En voici les termes :
« Dans sa séance du 17 mars dernier, la Société d'agriculture et de commerce de Caen a pris l'initiative d'ouvrir une souscription pour ériger le buste de son secrétaire et président, Isidore Pierre. C'est là un hommage mérité, rendu à la mémoire de l'un des chimistes et des agronomes les plus éminents de notre époque. Nous espérons que vous voudrez bien vous y associer en nous adressant votre souscription.
« Isidore Pierre appartenait à une famille d'agriculteurs de Seine-et-Oise. Il naquit à Buno-Bonneraux, le 14 novembre 1812.
« Après avoir suivi pendant deux années, 1834-1836, comme élève externe, les cours de l'Ecole polytechnique, il embrassa la carrière de l'enseignement.
« Préparateur de physique et de chimie au collège Henri IV en 1837, préparateur de Regnault, au collège de France en 1840, aide-chimiste au laboratoire de l'Ecole des mines en 1842, professeur de chimie suppléant à la Faculté des sciences de Gaen en 1847 — poste qu'il occupa jusqu'à sa mort, survenue en 1881 ■ — Isidore Pierre a consacré sa vie tout entière aux travaux de physique et de chimie les plus variés. Ses expériences sont des modèles de méthode et a'exactitude.
« Spontanément et sans subsides, il organisa dès son arrivée à Gaen, en dehors de son enseignement réglementaire, un cours de chimie agricole et installa un laboratoire agronomique. — Les subventions du Ministère de l'agriculture ne vinrent que plus tard.
« Ses nombreuees expériences fournirent la matière de plus de 60 mémoires, que publièrent les diverses revues agricoles de l'époque. Réunis plus tard en •ouvrage, ceux-ci ont formé quatre volumes intitulés : Etudes théoriques et pratiques sur divers sujets d' agronomie et de physiologie végétale. De même, ses leçons devinrent un traité de Chimie agricole qui compte six éditions.
« Nous devons encore citer, parmi ses travaux les plus remarquables, les Recherches thermométriques et études sur la dilatation des liquides.
« Plusieurs découvertes importantes pour la pratique agricole sont dues à Isidore Pierre. Le premier, dans ses belles études sur le colza et sur le blé, considérés dans leurs différentes parties à diverses époques de leur développement, il précisa les transformations que subit la composition des plantes au moment de la maturation.
« Ses recherches sur les alcools commerciaux déterminèrent les produits étrangers à l'alcool vinique et dangereux à la santé que ceux-ci renferment, et indiquèrent les méthodes de séparation qu'on peut leur appliquer.
« Non content d'étendre le domaine de la science, Isidore Pierre se préoccupait de la vulgariser en publiant, sur les sujets qui intéressaient les agriculteurs, de petites brochures à bon marché, écrites avec autant de clarté que de simplicité. »
Les souscriptions sont reçues par M. Gallier, secrétaire-adjoint de la Société d'agriculture, 2, rue Leroy, à Gaen. Il est à souhaiter qu'un grand nombre d'agriculteurs répondent à cet appel. X. — Le régime des boissons.
La discussion sur le régime des boissons s«^. poursuit devant le Sénat. Les propositions de la Commission des finances ont eu, jusqu'ici, un sort assez varié. Si le Sénat a adopté la suppression de l'exercice dans les débits de boissons, il a maintenu la situation actuelle en ce qui concerne les droits de circulation sur les vins et les cidres, et il a repoussé l'application d'un droit de circulation aux raisins de vendange et aux fruits de pressoir. C'est sur l'insistance du Gouvernement que ces deux votes ont été acquis; ce dernier donne ainsi raison aux nombreuses protestations faites auprès de lui, surtout au nom des producteurs de cidre.