‹ Journal de l'agriculture (volume 3)Chapitre 66 sur 691 · Betteraves porte-graines. — 30,000 kilog. de fumier · texte numérisé non relu

Betteraves porte-graines. — 30,000 kilog. de fumier

19. Betteraves porte-graines. — 30,000 kilog. de fumier et 250 kilog. de nitrate de soude.

20. Betteraves porte-graines. — 625 kilog. de nitrate de soude et 200 kilog, de superphosphate.

Les résultais constatés sont résumés dans le tableau suivant :

Azote

Rapport de l'azote

par m. c.

de l'eau

Poids (les récoltes. A

zolc (les récoltes

Eau

d'eau de

Azote entraîné

de drainage à celui

Cases

i. par hectare.

par hectare.

decJrainage.

drainage.

par hectare.

des récoltes

kilog.

kilog.

millim.

gr.

kilog.

Foin = 6,000

Foin = 77.5

Racines = 38, 2M Rac

. etf. = 120

Grain = ï,575lQ,.ain Paille = 3,750i

et p. = 51.75

Grain = l,700)r;,.„i„ jPaille = 4,000r'^'"

et p. — 55.5

1 Grain = l5 92.i/r;„:„ . „ — p,q n iPa.lle= 3,750r ^"""^P- " ^^'^

Ttiberc. = 37.. 500 Tul).

et l'an. = 162.5

En vert = 77,500

Foin = 2,750

.Grain = 2, 4001 jPaille= 2,750(

Graines = 2,134

Ces constatations sont accompagnées d'observations que M. Dehérain présente dans les termes suivants :

« Le drainage des sols cultivés est beaucoup moins abondant que celui des terres nues, il est d'autant plus faible que le sol est plus longtemps couvert, que la formidable évaporation des végétaux fonctionne plus avant dans la saison.

« C'est ainsi que les betteraves à sucre, arrachées tardivement, n'ont laissé couler en moyenne que ll'""\9, tandis que les betteraves porte-graines, récoltées plus tôt, ont, malgré leur végétation luxuriante, laissé arriver jusqu'aux drains 45°"". 8. Après la récolte du blé, la terre de la case 6 est restée nue : on a recueilli 39"'"'.? ; au contraire, immédiatement après la moisson, on a semé sur 7 et 8 de la vesce ; l'écoulement n'a plus été que de 17""'". 8.

« La quantité d'azote nitrique contenue dans 1 mètre cube d'eaude drainage est, cette année, considérable ; l'eau écoulée de la terre nue, sans engrais, renfermait 158 grammes par mètre cube, ce qui est exceptionnel. Les terres sans cultures, fumées même au nitrate de soude, n'ont pas donné des eaux plus chargées que la terre nue sans engrais; l'influence des engrais a été nulle sur la richesse en azote des eaux de drainage.

« Quand on exnmine, dans le tableau ci-joint, la teneur en azote des eaux écoulées des cases cultivées, on reconnaît que toutes renferment des quantités notables de nitrates; les betteraves elles-mêmes, qui, non seulement utilisent l'azote nitrique à la formation de leurs albuminoïdes, mais en outre, emmagasinent les nitrates dans leurs tissus, ont laissé couler des eaux renfermant 31, 39 et 95 grammes d'azote nitrique par mètre cube; l'èau, qui a traversé la terre cultivée en maïs-fourrage, renferme 89 grammes d'azote nitrique par mètre cube, bien que le maïs soit très avide de nitrates, qu'on retrouve en nature dans sa

« Il est vraisemblable que, lorsque la terre des cases sera mieux tassée, la

nitrification y sera moins énergique et que les eaux de drainage seront moins chargées, mais dès cette année, si l'on examine la colonne du tableau indiquant la quantité d'azote soustraite par les eaux de drainage à la surface d'un hectare, on est très frappé de voir que ces pertes sont liées bien plus étroitement à la quantité qu'à la richesse des eaux écoulées; ainsi la betterave et le maïs laissent couler des eaux assez riches en nitrates, mais, comme la quantité d'eau de drainage recueillie est très faible, les pertes à l'hectare sont minimes.

« Je retrouve, pour la culture du blé, non suivie de culture dérobée, les pertes

3ue j'avais déjà signalées les années précédentes; on a trouvé dans les eaux de rainage d'un hectare 54 kil.6 d'azote nitrique correspondant à 364 kilog. de nitrate de soude valant (à 22 francs les 100 kilog.^ 80 francs, c'est-à-dire, représentant ainsi que je l'ai fait remarquer le prix du loyer d'un grand nombre de sols de fertilité moyenne. Quand la vesce a été semée, les pertes n'ont plus été que de 17 kil. 4 d'azote nitrique, correspondant à 116 kilog. de nitrate de soude, valant 25 francs, elles sont donc près de quatre fois moindres que dans le cas précédent.

ce On sait que les légumineuses ne profitent guère des fumures azotées; cette année même, la nitrification exagérée qui s'est produite dans la terre dés cases semble avoir gêné le développement du trèfle, qui n'a donné que 2,750 kilog. de loin, tandis que le ray-grass en a fourni 6,000 kilog.

« En s'appuyant sur cette différence des légumineuses à l'égard des nitrates, il semblerait, au premier abord, que le choix que l'on fait souvent de la vesce, pour occuper le sol pendant l'arrière-saison, soit peu justifié, et que d'autres plantes à développement rapide comme la moutarde ou le colza conviendraient mieux. Il faut remarquer toutefois que si la vesce ne retient pas avidement les nitrates, elle s'assimile l'azote de l'air et qu'en outre, ainsi qu'il vient d'être dit, ce qu'il faut rechercher, c'est de couvrir le sol d'une plante à végétation assez luxuriante pour évaporer toute l'eau tombée et empêcher complètement l'écoulement par les drains; nous venons de voir, en effet, que les pertes sont réglées non par la composition des eaux de drainage, mais par leur abondance.

« Nous avons inscrit dans la dernière colonne la quantité d'azote nitrique contenue dans l'eau de drainage pour 100 d'azote dans la récolte. Les betteraves donnent les nombres les plus faibles; viennent ensuite le maïs-fourrage, puis les pommes de terre; quand la récolte est médiocre, le rapport se rapproche de l'unité; le trèfle qui a mal réussi, l'avoine qui n'a donné qu'une récolte passable, ont laissé entraîner par l'eau de drainage une quantité d'azote qui atteint la moitié de celle qui existe dans la récolte; enfin la case 6 portant un mauvais blé a fourni de l'eau qui renfermait plus d'azote que n'en contenait la récolte.

« Ce dernier fait mérite attention : tout azote nitrifié dans le sol est assimilé ou perdu; quand la récolte est mauvaise, le cultivateur est doublement lésé : par la faiblesse des produits obtenus, par l'appauvrissement de sa terre, r,

Cette série de recherches importantes confirme de plus en plus les observations présentées depuis longtemps sur l'importance, pour les cultivateurs, de recueillir autant que possible les eaux de drainage des terres arables pour les employer en irrigations; c'est le meilleur moyen de compenser les pertes provoquées fatalement par l'écoulement des eaux.

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