‹ Journal de l'agriculture (volume 3)Chapitre 672 sur 691 · L'ACARIEN OU MITE DU POIRIER · texte numérisé non relu

L'ACARIEN OU MITE DU POIRIER

L'étude des insectes nuisibles au pommier et au poirier a fait depuis quelques années de grands progrès dans le domaine de l'entomologie agricole. C'est une des connaissances les plus utiles aussi bien au point de vue de la science que de l'agriculture en Normandie ; la question du rendement du plant de la ferme étant toujours la grande préoccupation du cultivateur.

On a beaucoup écrit dernièrement et avec raison, sur l'anthonome, la chématobie, les rhynchites, etc., mais nous ne croyons pas que l'acarien des feuilles du poirier ait été signalé. Peut-être a-t-on confondu ses dégâts avec ceux du tigre ; s'il en était ainsi, cette erreur serait regrettable car les deux parasites sont loin de se ressembler.

Dans le Calvados, depuis plusieurs printemps nous avons observé cet acarien ; mais, son petit nombre, les dégâts qu'il causait, étaient insignifiants. Cette année-ci, au contraire, par suite de la sécheresse et d'un milieu favorable, il a pris un développement incroyable et les feuilles attaquées ne se comptent plus, aussi nous a-t-il paru intéressant de dire quelques mots à ce sujet.

Vers la fin de mars, dans les jardins et les plants, on aperçoit sur les feuilles du poirier, plus rarement sur le pommier, de petites taches minuscules, verdâtres, irrégulières, généralement circulaires, visibles sur les deux faces de la feuille. Peu à peu ces taches s'agrandissent, et en avril, mai, on les voit rougir, brunir et ressembler à des sortes de petites pustules ou galles, qui, en nombre incalculable, finissent par occuper le limbe de la feuille. Au centre de ces pustules, on remarque un trou doù s'échappent les acariens ou mites nouvellement écloses qui se répandent sur la feuille et vont en attaquer de nouvelles parties.

A première vue, on pourrait croire que cette cécidie de la feuille est due à un champignon; il n'en est rien, quoiqu'il existe pourtant plusieurs champignons parasites des feuilles du poirier.

Les poiriers ainsi attaqués souffrent beaucoup; on voit les feuilles épuisées se flétrir et le mal gagner de proche en proche.

Jusqu à l'automne généralement, l'acarien reste dans les feuilles. A cette époque, il les quitte et se réfugie pour passer l'hiver, très probablement situsles écailles des bourgeons, où il trouve une cachette sûre et à l'abii du froid. Quand vient le printemps suivant, il sort de son abri, quitte les écailles et se répand sur les feuilles où il recommence ses ravages.

Cet acarien est un insecte microscopique. Il appartient à la nombreuse famille des Phytoptides; son nom scientifique est le Phytoptiis piri (Nalepa). Il est appelé encore par Sheuten le Typhlodromus piri.

Page 1