NOUVELLES RECHERCHES SUR LES POMMES DE TERRE
On sait aujourd'hui, par les recherches de M. Aimé Girard, que, pour sélectionner les pommes de terre, on doit choisir pour donner des plants, les pieds qui présentent la plus puissante végétation. Mais il règne assez généralement l'opinion qu'il existe une corrélation entre la richesse en fécule des tubercules plantés et l'abondance, comme la richesse de la récolte qu'ils donneront. M. Aimé Girard vient de faire connaître les résultais des expériences culturales auxquelles il s'est livré pourcontrôler cette opinion. Des tubercules, dont la richesse avait été déterminée par la balance hydrostatique, ont été plantés en 1892 ; ils formaient 53 lots dont la récolte a été constatée rigoureusement. Pour ces lots, 15 seulement ont donné des résultats conformes à l'opinion qu'on vient de rappeler, et le plus souvent les résultats ont été tout opposés; dans quelques cas, la richesse et l'abondance de la récolte sont restées les mêmes, quelle qu'ait été la teneur du plant en fécule.
D'un autre côté, M. Hébert, cultivateur à Compiègne (Oise), a entrepris en 1892 une grande expérience sur la même question; elle a porté sur la sélection de 30,000 tubercules, dont 9,176 ont été plantés après détermination de leur richesse en fécule. Le résultat a été analogue à celui constaté parM. Aimé Girard. Ce dernier conclut donc que l'opinion suivant laquelle il existe un rapport régulier entre la richesse du plant en fécule, et l'abondance et la richesse de la récolte, n'est pas justifiée jusqu'ici; toutefois il se garde d'ajouter que cette relation n'existe pas, et il se propose d'instituer, comme M. Hébert, de nouvelles expériences pour constater si elles confirment ou infirment celles de 1892. H. S.