PISCICULTURE — LES BARRAGES - IV
Une coiTespondance de Bergerac au Petit Journal nous annonce ce qui suit :
« La semaine dernière nous avons eu à Bergerac la visite d'une commission mixte venue pour étudier les dilierents systèmes d'échelles à poissons en service sur les barrages de la Dordogne. Cette commission composée de sénateurs, conseillers généraux et ingénieurs des départements de la Gorrèze, du Cantal et de la Dordogne, était présidée par M. Camère, ingénieur en chef des ponts et chaussées qui a été récemment envoyé en mission en Ecosse pour étudier la même question.
« Dans la journée de vendredi, ces messieurs ont visité le barrage de Mauzac pour voir le meilleur moyen à employer pour favoriser la remontée du saumon dans la haute Dordogne.
« Samedi matin, à neuf heures, la commission s'est rendue au barrage de Salvette, à deux kilomètres de Bergerac, pour examiner les différents systèmes d'échelles à poissons actuellement en service sur cet ouvrage.
« Du barrage, la commisson s'est rendue à l'établissement de pisciculture fondé par MM. Geneste et a visité dans toutes ses parties cet établissement, le seul en France qui fasse la pisciculture complète du saumon.
« Au cours de sa visite qui a duré près de deux heures, elle a été mise au courant des résultats obtenus pour la multiplication des espèces déjà existantes dans la rivière, saumons et aloses, et pour la réacclimatalion de la truite dans les eaux de la Dordogne. Ce poisson qui avait à peu près disparu de notre rivière, se prend actuellement et en assez grande quantité dans la Dordogne.
a Les membres de la commission ont été vivement intéressés par la communication que leur ont laite les directeurs de l'établit-sement au sujet des résultats qu'ils ont obtenus dans la fécondation et la reproduction artificielles de l'alose. »
Nous n'insisterons pas près de nos lecteurs sûr l'importance du foit que nous nous empressons de leur signaler, les numéros 633, 761 , 1498 du Journal les ayant mis au courant de cette importante question.
Depuis 1884 à 1895, onze ans se sont écoulés, démontrant aux combattants du bon combat qu'il ne faut jamais désespérer de voir triompher les bonnes causes.
Nous conservons l'espoir de dire quels ont été les résultats de cette mesure, lesquels pour le bassin supérieur de la Haute-Dordogne ont eu, comme nous l'ont immédiatement fait savoir les pêcheurs de cette vaste région, des conséquences pratiques si heureuses.
La mise à l'eau des jeunes alevins de salmonidés aussitôt et même avant la résorption de la vésicule ombilicale, aux têtes de nos bassins hydrauliques, et la liberté de l'eau pour les reproducteurs, les voilà donc résolues les deux importantes et primordiales questions de la pisciculture.
Bien aveugles seraient ceux qui ont des yeux pour ne les point voir.
Chabot-Karlen.
Séance du 29 janvier 1896. — Présidence de M. Risler.
M. J. M. Fontan adresse un volume intitulé : L'art de conserver la santé des animaux dans les campagnes.
M. Daguin pose sa candidature à une place de correspondant.
M. Jules Bénard fournit des renseignements sur la consommation des engrais commerciaux en France, d'après le remarquable rapport de M. Tisserand, au Comité consultatif des chemins de fer. En 1885, les chemins de fer ont transporté 1 ,661 ,000 tonnes, en 1 891 , 4 millions de tonnes et en 1893 plus de 5 millions de tonnes représentant une valeur de 640 millions de francs, Ces transports ont eu une répercussion sur la production agricole.
M. de Vilmorin rend compte des expériences qu'il a continuées sur les semis échelonnés de blé. Pour la cinquième année, il a poursuivi ses recherches à Verrières sur cinq variétés de blé. Il résulte de ces expériences que, sous le climat de Paris, les semis d'octobre sont les plus sûrs et les plus avantageux.
Voici les résultats obtenus :
Rendement par hectare (en hectolitres).
Blé rouge ^
Dates des semis.
Octobre
Novembre
Décembre
Janvier
Février
Mars
lié rouge
Victoria
Blé
Blé
Blé Chiddam,
l'Ecosse.
d'automne.
de Noé.
de Bordeaux.
de mars.
Il en ressort la supériorité marquée des semis d'octobre, sauf pour le blé Chiddam de mars qui est un véritable blé de printemps. Les semis de la fin de novembre ne sont pas mauvais pour les deux blés d'automne (rouge d'Ecosse et Victoria). Dans les trois autres variétés qui sont blés de printemps, le semis de novembre ne l'emporte que peu sur les semis de décembre, janvier ou février. Le blé de Bordeaux, en tant que blé de février ou même de mars, se montre tout aussi précoce et un peu plus productif que le blé de l'île de Noé.
M. de Poncins dépose le procès-verbal du Congrès des sociétés agricoles de la Loire, tenu à Saint-Etienne le 2 décembre 1895. Des vœux ont été émis sur les amidines et les glucoses, la loi du cadenas, la représentation de l'agriculture, le régime des boissons et les assurances contre la tuberculose.
M. Cbatin présente, de la part de M. Guilloteaux, correspondant, une note sur les effets fàcbeux du chaulage dans la culture du lupin.
M. Bouquet de la Grye et après lui, M. Lamey rendent compte et analysent un travail de M. Dollfus sur l'exploitation du cbêne-liège,en Algérie, en Estramadure et en Portugal.
Il est ensuite procédé à l'élection d'un membre étranger dans la section d'économie, de statistique et de législation agricoles. Le dépouillement du scrutin donne 32 voix à M. Luzzatti contre 7 à M. le major Craigie. En conséquence, M. Luzzatti est proclamé élu.
La Société se forme ensuite en comité secret pour entendre la lecture des rapports sur les titres des candidats à une place de membre associé national vacante dans la section des cultures spéciales. La section présente : en première ligne, M. Louis de Martin ; en seconde ligne, M. Joseph Genin. L'élection aura lieu le 5 février.
Georges Mars aïs.
(1" FÉVRIER 1896) I. — Situation générale.
Le temps d'une douceur anormale inspire toujours des inquiétudes aux cultivateurs. Les prix des grains restent à peu près stationnaires. Les sucres ont eu de la hausse depuis huit jours ; les alcools sont moins soutenus, et les huiles sont calmes. Rien de nouveau pour les vins. Les produits de hasse-cour et de laiterie ont une vente peu active avec prix mal tenus. Le bétail conserve ses cours.