LA LUTTE CONTRE LE BLAGK-ROT
service de l'entreprise dont vous venons d'indiquer les grandes lignes, il ne sorte du Congrès du black-rot de 1896 l'indication d'un moyen sûr et économique de préservation du vignoble français contre l'un de ses plus redoutables ennemis.
Nous vous serions reconnai>sauts de vouloir bien nous faire connaître le plus promptement possible, au siège de la Société d'agriculture de la Gironde, 9, cours du XXX-Juillet, les décisions qui auront été prises par la Compagnie que vous présidez et le montant de l'allocation qu'elle serait disposée à verser pour le succès de l'entreprise. La Société d'agriculture de la Gironde s'est inscrite pour 250 fr.
Vous recevrez incessamment le programme détaillé des expériences à entreprendre, non compris celles qui seraient dues à l'initiative privée, ainsi que tout ce qui concernera l'envoi et la répartition des fonds recueillis.
Le Président^ Régis.
Etude de la petite propriété rurale, par le baron S. de la Bouillerie. — Un volume in-18 de 100 pages. — Lilirairie Lamulle et Poisson, 14, rue de Beaune, à Paris.
Sous des allures modestes, le livre publié par M. le baron de la Bouillerie, et qui lui a valu un prix agronomique de la Société des agriculteurs de France, est digne d'attention. Après un examen de la situation, en France et dans les autres pays, de la petite propriété rurale, il en donne la monographie dans le canton de la Flèche (Sartlie); puis il étudie les lois civiles et fiscales qui la régissent, ainsi que les systèmes établis en sa faveur dans plusieurs pays étrangers. Il arrive ainsi à cette conclusion : « Guerroyer contre le socialisme, combattre ceux qui prêchent au paysan le dégoût de la terre ; repousser toute augmentation d'impôt sur le sol, tout remaniement, prétexte à des aggravations déguisées; faire valoir lei mesures propres il faciliter la transmission et la constitution des petits domaines ; s'inspirer des législations étrangères pour introduire, dans la mesure compatible avec nos mœurs, le bénéfice del'insaisissabilité, du crédit, •de l'association, voilà bien de quoi s'occuper avant d'aller plus loin. » M. de la Bouillerie termine en faisant appel à l'initiative privée pour provoquer ou résoudre ces réformes.
■Comment s'obtient le bon cidre, par G. Fabius de Champville. — Un volume in-8 de 304 pages, avec 63 gravures. — Librairie de la Société d'éditions scientifiques, 4. rue Antoine-Dubois, à Paris. — Prix : 3 fr. 50.
Ce volume appartient à une collection dans laquelle ont déjà paru des ouvrages de MM. Debains, Martin, Maumené, etc. ; il a été rédigé surtout au point de vue pratique. On y trouve ce qui concerne la culture du pommier, la fabrication du cidre et celle de son eau-de-vie. On peut citer notamment les notions sur le greffage et des in4ications précises sur le choix des espèces et les soins qu'il leur faut prodiguer, tout ce qui a trait à la fabrication du cidre, des poirés, des eau>c-ile-vie, à l'emploi des marcs de pommes, aux différentes distillations, aux falsifications, aux parasites du pommier. L'ouvrage est accompagné de 63 figures dans le texte qui permettent de suivre facilement les démonstrations et ajoutent à l'attrait de cette étude.
Les engrais pratiques en horticulture, par Anatole Cordon.nier. — Une brochure de 60 pages, avec 20 gravures. — Chez l'auteur, à Bailleul (Nord). — Prix : 0 fr. 50.
On connaît les grands succès obtenus par M. Anatole Cordonnier dans la culture des vignes et des autres arbres fruitiers sous verre; on sait qu'il a été le créateur, en France, de cette intéressante industrie. On doit lui savoir gré d'avoir réuni, dans une étude faite avec beaucoup de soin, les méthodes à suivre dans l'emploi des engrais
dans ces délicates cultures. Les indications qu'il donne s'appuient sur une expérience désormais proloni^ée et consacrée par le succès. Il a ajouté à ces notions des détails sur la culture de la viûjne sous verre, sur celle des arbres fruitiers en pots et des clirysanllièmes à grande fleur. Ici encore, les cultivateurs pourront profiter d'exemples qui leur seront d'une réelle utilité.
Manuel pratique de culture fourragère, par Clément et Henri Dexaifi-e, cultivateurs de graines. -— Un volume inl8 de 384 pages, avec 107 gravures. — Librairie J.-B Bailliére et fils, 19, rue Hautefeuillc, à Paris. — Prix : cartonné, 4 francs.
Le livre de MM. Denaitîe, qui a paru récemment, est un des ouvrages les plus recommandablfs sur les plantes fourragères. Producteurs de graines depuis de nombreuses années, les auteurs ont pu réunir une très grande variété d'observation?, sur les diverses espèces de plantes fourragères, sur leurs a[)titudes et leur valeur respective. Ce sont ces observations qui forment le fond de l'ouvrage. Nous avons eu l'occasion de voir et de publier avec quel soin sont poursuivies les cultures expérimentales de MM. Denaiffe; c'est pourquoi nous n'hésitons pas à en affirmer la valeur.
Le livre est divisé en sept parties. La première partie est consacrée aux prairies et aux fourrages (utilité des prairies, leur classification ; influence des climats et des sols; flore des différents terrains; fumure, semis, irrigation et soins d'entretien des prairies; récolte, conservation, analyse et valeur alimentaire des foins; appréciation de la qualité des semences) La deuxième partie est consacrée à l'étude des plantes de la famille des graminées ; la troisième, à celles de la famille des légumineuses, la quatrième aux plantes fourragères diverses. Dans la cinquième partie sont passées en revue les plantes nuisibles aux prairies. La sixième partie traite de l'ensilage et de la sidération.Enlin, l'ouvrage se termine par un choix de tableaux et de tables, se rapportant à la composition des aliments, à leur condition dedigestibililé,etc. On voit que les renseignements sont nombreux; l'esprit judicieux avec lequel ils ont été réunis est, en outre, une garantie de leur valeur.
Henry Sagnier.
Pélrassin, par Arfeuilles (Allier), le 10 février 189G.
La fia de l'automne a été excessivement douce et humide, ce qui a permis à toutes nos emblavures, faites si tardivement, de pousser vigoureusement et de rattraper le temps perdu; il en est de même de nos prairies naturelles, dont la sécheresse semblait avoir grillé le gazon; elles ont reverdi et donnent au moins signe de vie.
Nous avions été pris, l'année dernière, par le temps rigoureux de l'hiver, qui nous a empêchés d'exécuter aucun labour d'hiver ; cette année la leçon n'a pas été perdue. Nous avons profité de la fin de l'automne pour exécuter en général tous nos labours d'hiver. Depuis janvier jusqu'à ce jour, nous n'avons pu rentrer la charrue dans les champs, parce que le sol a été presque constamment durci par la gelée; en revanche, cela nous a permis d'exécuter le transport des engrais. Nos champs ayant clé labourés de bonne heure, la terre étant pulvérisée par la gelée continuelle de janvier et lévrier, les deuxièmes façons mettront le sol dans un excellent état pour recevoir toutes les emblavures de printemps.
La neige s'est montrée à peine pendant quelques jours au milieu de janvier; les 15, 16, 17, 18, le thermomètre est descendu de 8 à 10 degrés au-dessous de zéro, et pendant la première huitaine de février à 4 et 5 degrés. Pendant le jour, on avait un magnifique soleil, quelquefois mêlé ou entrecoupé de brouillard; il
serait temps que cette température, qui est excessivement sèche, changeât, car nos emblavures d'hiver, par suite du gel et du dégel, commenceent à souffrir, surtout maintenant que les raj'ons solaires prennent de la force.
Depuis environ une trentaine d'années que je suis les mouvements barométriques, jamais je n'avais vu le baromètre monter si haut que le 30 janvier, où il a atteint la hauteur de 790'"'", pour redescendre le lendemain à 788""", puis à 785'"'"; aujourd'hui il est à 781"'"'.
En général l'élat sanitaire de tous nos animaux est excellent; leur vente seule est rémunératrice aujourd'hui pour le pauvre agriculteur qui est écrasé par les charges de toutes natures. Nebout.
ËTAT DES RÉCOLTES DANS LA DORDOdNE
Saint-Jean-d'Ataux, le 9 février 1896.
La caractéristique atmosphérique de janvier 1896 a été celle d'une sécheresse persistante et de nombreux jours de brouillard. Les températures extrêmes ont été de -h 16" et de — 13°. ce qui a lourni une moyenne de H-3'\32, avec 13 jours de forte gelée et 3 de gelée blanche, en somme plus basse de G". 37 que celle des dix années qui ont précédé.
Le soi n'ayant été ni sursaturé d'eau ni trop durci par les gelées, il a été possible de donner quelques labours de pénétration pour les céréales de printemps et les plantes sarclées, et de faire dans les prairies naturelles les transports et les nivellements nécessaires.
Le bétail est généralement en bon état. E. de Leniilhac.
Séance du 12 février 1896. — Présidence de M. Risler.
Après la lecture du procès-verbal de la dernière séance, M. le secrétaire perpétuel annonce la mort de M. le marquis de Dampierre, membre titulaire dans la section de grande culture, président de la Société des agriculteurs de France. M. de Dampierre est décédé le 10 février 1896 à rage de 82 ans. Les obsèques auront lieu à Paris le jeudi 13 février.
Avant de lever la séance en signe de deuil, M. Louis Passy annonce le décès de M. lleiset, membre de Tlnstitut, associé national dans la section des sciences physico-chimiques agricoles, décédé à Paris le .5 février 1896 à l'âge de 77 ans. Les obsèques ont eu lieu le 8 février.
M. Louis de Martin, élu associé national, et M. LuzzatLi, élu membre étranger, remercient la Société de leurs nominations.
La Société se forme ensuite en Comité secret pour entendre la lecture des rapports sur les titres des candidats à une place de correspondant étranger vacante dans la section de grande culture.
La section présente : en première ligne, M. Fischer, du Grand- Duché de Luxemboui^g; en seconde ligne, M. de Solsky, de Moscou.
L'élection aura lieu le 19 février. Georges xMarsais.
(15 F[;:VRIER 1896) I. — Situation générale.
Si la crainte des gelées tardives ne préoccupait pas les agriculteurs, on pourrait considérer la situation comme bonne pour les récoltes en terre. La situation commerciale reste un peu plus satisfaisante pour plusieurs denrées. Les grains ont des cours un peu plus fermes; les huiles, sucres, spiritueux, fécules ont eu une légère hausse. Le bétail se vend un peu moins bien, aussi les produits de bassecour et de laiterie.