‹ Journal de l'agriculture (volume 4)Chapitre 253 sur 737 · VI. — L'admission temporaire des blés · texte numérisé non relu

VI. — L'admission temporaire des blés

Les nouvelles observations que j'ai présentées dans ma précédente chronique (p. 282) sur le régime de l'admission temporaire des blés ont eu le don d'échauffer le caractère d'un journal que j'ai eu à citer déjà à cette occasion, le Marché français. Il ne peut pas admettre qu'on discute et qu'on réfute la brochure envoyée aux Associations agricoles par M. Colson-Blanche, président de l'Association nationale do la meunerie, pour leur demander de suivre celle-ci dans une campagne néfaste aux intérêts agricoles. Quelques-unes de ces associations ayant cru utile de me demander mon avis, j'en profite, paraît-il, pour distiller mon fiel et pour prouver une fois de plus mon ignorance de la question. Tout cela me laisse absolument froid ; d'autant plus que, cette fois-ci, je me trouve en bonne compagnie. Ayant eu la naturelle idée de rappeler les déclarations imprimées et formelles de M. Amé, qui était directeur général des douanes il y a vingt-cinq ans, c'est à son tour celui-ci qui est traité de vulgaire ignorant et qu'on renvoie à l'école de ceux qui, aujourd'hui, savent mieux que lui ce qui se passait dans un service dont il avait la direction, et où il a laissé le souvenir de la plus haute compétence. Le Marché français paraît vouloir être trop jeune pour bien connaître les péripéties du régime de l'admission temporaire; c'est une prétention qu'on n'a pas le droit de se permettre quand on veut parler sérieusement des choses sérieuses. Nous ne pouvons donc que maintenir nos précédentes conclusions, corroborées par l'autorité de celui qui a connu mieux que personne le fonctionnement de l'admission temporaire avant 1873 et qui était mieux qualifié que tout autre pour en parler.

Le Marché français prétend encore que la minoterie de Marseille m'empêche de dormir. Il y a là une erreur des plus profondes. En effet, la minoterie de Marseille reconnaît, tout comme nous, la fausseté du régime actuel; l'altitude du président de la Chambre de commerce de Marseille devant le Conseil supérieur du commerce l'a suffisamment démontré. Ceux qui se donnent comme les représentants de la minoterie septentrionale ont pu être froissés par la franchise et la netteté de cette attitude. C'est affaire entre eux, et cela ne nous inté-

resse que pour nous permettre de constater que l'unanimité est loin de régner entre les minotiers sur les réformes à apporter à un régime dont les inconvénients sont manifestement démontrés. Mais ces divergences prouvent encore la nécessité de la réforme; elles apportent un argument absolument décisif en faveur de cette conclusion que le maintien du régime actuel ne peut plus se soutenir.

Une dernière observation puur finir. Les documents de la douane sur le commerce de la France pendant le mois de janvier 1896 nous apprennent que les quantités de blés importées pour la consommation ont été de 200,000 quintaux, tandis que celles reçues en admission temporaire ont été de plus du double, soit 410,000 quintaux métriques. Celles-ci sont encore supérieures à celles de janvier 1895, qui avaient été de 354,000 quintaux. C'est la continuation de l'évolution dont nous avons exposé les phases successives.

Pendant la session qui va s'ouvrir le 4 mai, la Société des agriculteurs de France aura à pourvoir à des vacances relativement nombreuses dans son bureau et son Conseil d'administration. — Le Conseil a décidé de proposer : pour la présidence^ M. le marquis de Vogué, membre de l'Institut et de la Société nationale d'agriculture, ancien ambassadeur, président de la Société départementale du Cher; — pour la vice-présidence, M. Paul Teissonnière, secrétaire général, propriétaire-viticulteur (Hérault) ; — pour le secrétariat général, M. Charles Aylies, l'un des secrétaires de la Société, propriétaire (Gers) ; — pour le secrétariat^ M. Joseph de Parieu, secrétaire-adjoint de la Société (Cantal); — pour les cinq places vacantes au Conseil : M. Arthur Brandin, président de la Société d'agriculture de Melun (Seine-et- Marne) ; M. le comte de la Bouillerie, président de l'Union des Syndicats agricoles de TOuest et du Syndicat agricole d'Anjou (Maine-et- Loire) ; M. Louis Milcent, secrétaire du Syndicat agricole de Poligny, secrétaire-adjoint du Conseil de la Société des agriculteurs de France (Jura); M. J. Piou, ancien député, président de la Société d'agriculture de la Gironde et de l'Association syndicale des viticulteurs-propriétaires (Gironde) ; M. C. Leblanc, membre de l'Académie de médecine et du Comité des épizooties.

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