‹ Journal de l'agriculture (volume 4)Chapitre 265 sur 737 · L. DE Sardruc · texte numérisé non relu

L. DE Sardruc

Arrêté nommant des chimistes experts pour le prélèvement et l'analyse des échantillons d'engrais.

Le Ministre de l'agriculture.

Vu la loi du 4 février 1888, concernant la répression des fraudes dans le commerce des engrais ;

Vu l'article 10 du décret du 10 mai 1889, portant règlement d'administration publique pour l'application de ladite loi;

Vu l'avis du comité des stations agronomiques et des laboratoires agricoles;

Sur la proposition du conseiller d'Etat, directeur de l'agriculture, — Arrête :

Article premier. — Sont délégués comme chimistes experts pour le prélèvement et l'analyse des échantillons d'engrais :

MM. Alla, directeur de la station agronomique de CluUeauroux (Indre).

Andouard, directeur de la station agronomique de Nantes (Loire-lnlérieure).

Aubin, directeur du laboratoire de la société des agriculteurs de France, à l'aris.

Chàtaigniek, direcleui' du laboratoire agricole de tours (Indre-et-Loire).

Chauziï. directeur du laboratoire agricole de Nîmes (Gard).

Colomb-Pradel, directeur de la slation agronomiqne de Nancy (Meurllie-et Moseiiej.

CouDON, chef adjoint des travaux chimiques au iaboratoir'! de chimie de llnslitul ualional agronomique, à Paris.

Dehérain, membre de Flnstitut, professeur de chimie à Técole nationale d'agriculture de drignon (Seine-et-Oise).

Dubernard, directeur de la station agronomique de Lille (Nord).

DuG.vsT, directeur de la station agronomique d'Alger.

Fabre, directeur de la station agronomique de Toulouse (Haute-Garonne).

Fallût, chimiste en chef au laboratoire agricole de Blois (Loir-et-Cher).

Gaillot, directeur de la station agronomique de Laon (Aisne).

GarolAj directeur de la station agronomique de Chartres (Eure-et-Loir).

Gayon, directeur de la station agronomique de Bordeaux (Gironde).

Girard (Aimé), membre de l'Insiitut, professeur honoraire à l'institut national agronomiiiue, professeur au Conservatoire des arts et métiers, à Paris.

Girard (Ch. -Antoine), professeur d'analyse et de démonstrations chimiques, chef des travaux chimiques à l'institut national agronomique, à Paris.

Grandeau, dii>ecleur de la station agronomique de l'Est, professeur au Conservatoire des arts et métiers, à Paris.

HouzEAu, directeur de la station agronomicjue de Rouen (Seine-Inférieure).

Lagatu, professeur de chimie à l'école nationale d'agriculture de Montpellier (Hérault).

Lasne, chimiste, passage Saulnier, l'J, à Paris.

Lechartier, doven de la Faculté des scienceSj directeur de la slation agronomique de Rennes (llle-et-Vilaine).

LiNDET, professeur a l'institut national agronomique, à Paris.

Louise, pi'ofesseur de chimie à la faculté des sciences, directeur de la station agronomique de Gaen (Calvados).

Lusson, directeur du laboratoire municipal de la Rochelle (Charente-Inférieure).

Marghal, directeur de la station agronomique de la Vendée, à l'école pratique d'agriculture de Pétré (Vendée).

Maret, chimiste, rue Visconti, 18, à Paris.

MoRio, ancien professeur de chimie aux écoles navales de médecine, à Vannes (Morbihan).

MuNTz, professeur-directeur des laboratoires de chimie à l'institut national agronomique, à Pari;!.

Nanïier, directeur de la station agronomique d'Auxerre (Yonne).

Pagnoul, directeur de la station agronomique d'Arras (Pas-de-Calais).

Parmentier, professeur à la faculté des sciences, directeur de la station agronomique de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).

QuANTiN, chimiste en chef au laboratoire agricole d'Orléans (Loiret).

Raulin, doyen de la faculté des sciences, directeur de la station agronomique de Lyon (Rhône).

RoGBR, directeur de la station agronomique d'Amiens (Somme).

Saillard, professeur de physique et chimie à l'école nationale des industries agricoles de Douai Nord).

Violette, doyen honoraire de la faculté des sciences de Lille (Nord).

Vivien, professeur de sucrerie à l'école nationale des industries agricoles de Douai (Nord).

Vivier, directeur de la slation agronomique de Melun (Seine-et-Marne).

Vuailart, cliimiste en chef au laboratoire agricole de Boulogne- sur-Mer (Pas-de-Calais).

Art. 2. — Les professeurs départementaux et les professeurs spéciaux d'agriculture sont adjoints aux chimistes experts, mais seulement pour le prélèvement des échantillons d'engrais.

Art. 3. — Le conseiller d'Etat, directeur de l'agriculture, est chargé de l'exécution du présent arrêté.

Fait à Paris, le 8 février 1896. Viger.

Le GouYernement a pris, relativement à cette industrie, des mesures diverses; on a institué une législation s'occupant de la tenue des fabriques, édictant certaines dispositions relatives à la pureté du lait employé dans la fabrication et aussi aux marques frauduleuses apposées sur les beurres et fromages. C'est de 1892 que date la « loi sur Tlndustrie laitière », faite pour donner confiance aux acheteurs anglais.

On a déjà pu constater les services que rendent les associations pour la pratique et le développement de cette industrie. Voilà quatre années que fonctionne la National Dairy Association of new Zea/« mi (Association nationale de laiterie de la Nouvelle-Zélande) ; elle a, du reste, reçu une subvention du trésor public de la colonie. Nous pouvons citer également une association analogue formée pour l'île Nord (une des îles composant la Nouvelle-Zélande) et dénommée Nortli Island Dairy Association ofnew Zealand.

C'est en 1882 que les laiteries coopératives débutèrent dans ce pays, le Gouvernement ayant offert une prime de 12,500 francs pour les 50 premières tonnes de fromage produites par une fabrique basée sur le système de la coopération. Bien vite, comme nous avons eu occasion de le faire remarquer, les colons se sont aperçus qu'ils s'assuraient ainsi un revenu certain, des bénéfices rapides, et actuellement on compte 55 fabriques de fromage, 62 beurreries, 60 crémeries et enfin 2 usines de lait condensé; de plus, on est en train d'installer 35 nouveaux établissements, qui sont peut-être même en plein fonctionnement au moment où nous écrivons. L'avenir s'ouvre tout grand pour ces sortes d'entreprises, car les terrains ne manquent point où créer des associations de cette nature.

Nous n'avons pas besoin d'insister ici sur l'heureux effet de la coopération en la matière : on a pu rapidement le constater en Nouvelle- Zélande. Le fermier apporte plus de soin dans l'alimentation et dans le choix de ses vaches laitières, car il en trouve immédiatement la récompense dans l'augmentation du prix de son lait, qu'on lui paye plus cher parce qu'il est plus riche; cela lui donne même un procédé sûr de reconnaître les meilleures laitières et par suite d'éliminer celles qui sont de qualité inférieure. Il est constamment à une école profitable; de plus le sentiment d'émulation se développe en lui, car il voit les résultats que donnent les troupeaux des fermes voisines et il veut obtenir aussi bien que ses concurrents.

On peut dire qu'actuellement la grande majorité des laiteries, des fabriques de beurre et fromage de la colonie sont orgtinisées sur le principe de la coopération; l'association paye au fournisseur de lait la valeur de son lait, sous déduction des frais de fabrication, qui sont d'autant plus réduits que le travail se fait sur une grande échelle. Le fermier peut utiliser le lait écrémé et le petit lait.

Les produits de l'industrie laitière néo-zélandaise sont fort estimés en Angleterre; les acheteurs savent que le fromage, par exemple, est de très bonne qualité. Le quintal de 50 kil. 8 du type appelé « pleine crème » se vend de 60 à 78 fr., et le beurre de la meilleure qualité de 119 à 145 fr. le quintal. Ces prix laissent un joli bénéfice après déduction des dépenses de fabrication, des frais de transport par chemin de fer et par bateau, des droits d'entrepôt, de commission, etc. Le prix payé pour le lait oscille entre 0 fr. 30 et 0 fr. 43 le gallon de 4 lit. 543 représentant un poids de 4 kil. 989 : il s'achète d'autant plus cher, naturellement, qu'il est plus riche. En somme chaque laitière donne un revenu annuel de 176 à 277 francs.

Quelle dépense faut-il faire pour installer une fabrique de beurre ou une laiterie, une crémerie^ comme disent les Anglais? Nous rapprochons les deux genres d'établissements comme ils le doivent être en réalité, les premiers demandant à être alimentés par les seconds, qui se fondent dans la région environnante partout où l'on peut compter sur la production de 200 ou 300 laitières. Une crémerie complètement agencée coûte quelque 10,000 francs, fournis par les fermiers producteurs de lait qui prennent des actions; d'autre part, on ne peut pas bâtir une fabrique de beurre bien comprise à moins de 62,000 francs, ce total englobant les machines réfrigérantes, qui sont absolument nécessaires pour la fabrication et l'empaquetage du beurre dans les meilleures conditions possibles pendantla saison chaude.

Le capital des associations coopératives de laiterie est ordinairement partagé en actions d'une livre (25 francs à peu près) ; on prélève avant tout sur l'entreprise, avant toute distribution de dividendes et bénéfices, un intérêt de 5 à 6 pour 1 00 au profit de ce capital, ce qui constitue un joli taux de placement.

Actuellement on compte en Nouvelle-Zélande 60 crémeries, 62 fabriques de beurre et 55 de fromage; elles sont alimentées par un npmbre approximatif de 56,990 vaches et emploient un personnel de 330 personnes (sans compter bien entendu le personnel des fermes livrant le lait aux fabriques et crémeries). Il se fait environ 4,112,000 kiloe;. de fromage, représentant une valeur de 3,625,000 francs, et 3,050,000 kilog. de beurre, ce qui donne à peu près 6,325,000 francs.

Cette organisation véritablement très perfectionnée a aujourd'hui solidement pris racine dans le pays, surtout dans l'île Nord ; on a fait quelques écoles au début, mais maintenant on va à pas rapides et sûrs. Pour nous en convaincre nous n'aurions qu'à interroger la statistique des exportations pendant ces dix dernières années. Nous verrions qu'en 1884 le mouvement était seulement de 15,766 quintaux pour le beurre et de 10,343 pour le fromage, la part du Royaume-Uni étant respectivement de 2,6'i3 et 3,237 quintaux. En 1893, l'exportation totale a été de 58,149 quintaux de beurre et de 46,201 de fromage (dont 52,363 et 41 ,557 pour la Grande-Bretagne).

Ainsi les producteurs néo-zélandais envoient annuellement sur le marché européen 2,960,000 kilog. de beurre et 2,356,000 kilog. de fromage : on comprend que c'est une concurrence redoutable qu'il importe de signaler. Daniel Bellet.

SUR L.\ SITUATIO:^ VITICOLE DANS LA GOTE-D'OR. 351

Page 1