XI. — Commerce des vins
On sait que, par suite d'une entente entre les gouvernements français et espagnol, les vins importés d'Espagne et reconnus plâtrés ou salés peuvent être livrés à la consommation, après avoir subi le coupage qui les ramène à la dose légale de plâtre ou de sel. Cette facilité n'est pas accordée aux vins algériens; la Petite revue agricole de Bône publie, sur ce sujet, des observations que nous devons reproduire i
« Nul n'ignore à Bône que certains vignobles plantés dans les plaines basses des Beni-Urgines souffrent des concrétions salines qui remontent à fleur de terre dans les années de sécheresse. Nous avons lait doser l'eau des puits du vignoble Monceau par le laboratoire de Bône qui a constaté 5 gr. 30 de chlorure par litre.
« Les animaux, les indigènes eux-mêmes s'en contentent cependant et quelques vignerons n'hésitent pas à l'employer pour faciliter l'œuvre de la vinification, quand les raisins arrivent à la cuve archi-mûrs, presque desséchés.
« Sans addition d'eau, impossible de faire fermenter des moûts qui titrent parfois 15 à 16 grammes de sucre.
(■<■ Dans de telles conditions, il n'est pas rare d'obtenir des vins chargés d'une dose excessive de chlorure.
« Ces vins, malheureusement, ne sont pas admis par la douane de Cette. Quand il s'en présente, elle défère les expéditeurs aux parquets sans consentir à leur accorder la facilité d'un coupage à l'entrepôt qui les ramènerait à la dose légale (moins d'un gramme de sel par litre).
ce Ah! s'ils arrivaient d'Espagne, ce serait une autre affaire! Vraiment, va-ton tolérer longtemps de pareils agi>sements?
« Est-ce trop que de demander à la douane de mettre nos colons algériens sur un pied d'égalité avec les vignerons espagnols? »
Il paraît étrange que de semblables errements puissent se produire.
CHRONIQUE AGRICOLE (Il JANVIER 1896). 49
Mais combien de fois n'avons-nous pas dû protester déjà contre les inégalités de traitement imposées en France aux produits nationaux, à l'encontre des faveurs faites aux produits étrangers?