X. — Concours de pulvérisateurs à Bordeaux
Dans le /oirrna/ du 21 mars (p. 445), nous avons donné le pros^ramme du concours de pulvérisateurs organisé par la Société d'agriculture delà Gironde. La Société a modifié comme il suit les conditions de ce programme :
« Le samedi 18 avril, aura lieu dans un endroit situé au centre de la ville un premier concours éliminatoire sur terrain uni et papiers noirs pour tous les appareils.
« Le lundi 20 avril, le concours éliminatoire se continuera dans un vignoble situé près de Bordeaux, pour les appareils à traction animale pour vignes basses.
« Le mardi 21 avril, les appareils à traction animale pour vignes hautes seront essayés dans un autre vignoble. ->
La date du concours définitif, qui déterminera le classement, sera ultérieurement portée à la connaissance des intéressés. — Par suite de ces modifications, la liste des engagements sera close le 15 avril.
XL — Concours d'animaux gras.
Un certain nombre de concours d'animaux gras ont eu lieu pendant la deuxième quinzaine de mars. On trouvera plus loin (p. 590) le compte rendu de l'important concours de Rouen.
Dans les Deux-Sèvres, au concours organisé le 26 mars par la Société centrale d'agriculture^ les animaux de race parthenaise étaient les plus nombreux; néanmoins c'est pour un bœuf croisé que M. Yaury, à Sainte-Blandine, a remporté le prix d'honneur. Pour la race parthenaise, les principales récompenses ont été remportées par MM. Bonnet, Vergnault, Quincarlet, Sagot, Chantecaille, etc.
Dans le département de la Loire, deux concours ont eu lieu, à Feurs et à Montbrison. Ces deux solennités ont montré à nouveau les progrès réalisés par l'élevage dans la plaine du Forez. — Au concours du Comice de Feurs, les prix d'honneur ont été remportés par M. Vernay, M. François Giraudet M. Jean Reynaud, à Xervieux. A la distribution des récompenses, le président du Comice, M. le marquis de Poncins, membre de la Société nationale d'agriculture, a prononcé une allocu-
tien dans laquelle il a insisté surtout sur le retard néfaste apporté aux lois réclamées pcr les agriculteurs. Voici cette allocution :
« C'est encore sous l'impression des plus tristes circonstances cfue je viens ouvrir cette distribution de prix; l'année qui finit a été désastreuse par suite de la sécheresse, et il faut remonter en arrière jusqu'aux époques les plus malheureuses pour en trouver une pareille.
« Avec cela, les prix des denrées agricoles sont restés à un taux qui ne permet pas aux cultivateurs de réaliser aucun bénéfice; partout où se portent les regards, on ne trouve dans notre profession qu'insuffisance et ruine.
« Malgré tout, messieurs, vous avez soutenu la lutte avec une vigueur digne des plus grands éloges, et vous avez montré que notre pays de France ne se décourage pas, quelles que soient les adversités que la Providence lui impose.
« Votre exposition d'animaux, réduite en nombre par la force des choses, reste pour la qualité des sujets aussi belle qu'elle peut l'être, et le nouveau concours de reproducteurs a été accueilli par vous avec une faveur qui permet d'espérer qu'il prendra chaque année une importance plus grande.
« Le concours des produits et machines qui était resté jusqu'à ce jour trop insuffisant pour une cité si active et si industrieuse, a pris cette année un essor inaccoutumé; l'appel général que nous avons fait à toute la région a été favorablement entendu et nous nous trouvons aujourd'hui en face d'une exposition magnifique, qui représente plus du double des expositions précédentes ; nous nous félicitons de ce succès et nous n'avons qu'un seul regret, celui de ne pas disposer de récompenses suffisantes pour satisfaire tous les méritants.
« Nous avions espéré, messieurs, que nous pourrions aujourd'hui vous annoncer la promulgation des nombreuses lois agricoles dont nous avons pousuivi avec tant d'insistance la réalisation; malheureusement la politic[ue est venue comme toujours enrayer les travaux de notre Parlement et nous en sommes encore à attendre l'application des lois sans lesquelles l'agriculture ne peut prendre l'essor qui lui est nécessaire. Dans cette situation, nous ne pouvons que vous exhorter à continuer vos revendications et à poursuivre énergiquementla défense de vos droits. Soyez certains que vous nous trouverez toujours sur la brèche pour soutenir vos intérêts, et soyez certains aussi que nos vœux ne feront pas défaut pour que l'agriculture voit s'ouvrir un meilleur avenir. >>
Au concours organisé par la Société d'agriculture de Montbrison, les prix d'honneur ont été remportés par M. Jean Vernay, à Nervieux, pour la plus belle paire de bœufs, et par M. Antoine Protière, à Chambéon, pour la plus belle vache; les prix d'ensemble, pour les bœufs par MM. Jean Vernay, Jacquet-Delorme, et Benoit Giraud. Dans le discours qu'il a prononcé à la distribution des récompenses, M. le baron de Vazelhes, président de la Société, a insisté surtout sur l'importance de la culture du blé; la principale partie de ce discours sera reproduite dans notre prochain numéro.
Le concours organisé au Puy (Haute-Loire) a été un des plus réussis qui aient eu lieu jusqu'ici. C'est ce que M. Jacotin, président du Comice, a constaté dans les termes suivants :
ce Dans l'espèce bovine, et sans exagération, le nombre des sujets exposés dépassait de moitié celui des années précédentes. Les jeunes bœufs se présentaient avec des formes plus parfaites et un engraissement meilleur. Les vieux bœufs, venus de tous les points de notre département, étaient non moins remarquabless Les vaches de tout âge ne laissaient rien à désirer à tous les points de vue, seules les génisses semblaient ne pas avoir prospéré. Quant à l'espèce ovine, les villages de Bains, Séneujols et Montbonnet, avec leur race spéciale, à la toison noire et touffue, attiraient l'œ'il des connaisseurs, et le bizet de Chilhac. si apprécié des fins gourmets, était représenté par un lot unique, mais dont chacun pouvait préjuger les qualités... gastronomiques. Dans l'espèce porcine, enfin votre commission a remarqué un engraissemeut plus précoce et les heureux effets, — notamment dans la région de Boussoulet — du croisement produit par le sang anglais.
« Je me résume, éleveurs, en vous engageant à persévérer dans la voie que vous vous êtes tracée, me contentant d'insister sur la nécessité, pour vous, d'améliorer sans cesse nos races locales. N'oubliez pas surtout, pour celle du Mezenc, de suivre les conseils que le Comice vous a toujours donnés, en préconisant la sélection et en écartant le croisement comme impraticable dans un pays de culture aussi morcelée et difficile que le nôtre. Songez surtout que si l'engraissement provenant du foin est plus estimé des palais raffinés, il est par contre beaucoup plus coûteux et plus long que celui obtenu à l'aide d'aliments concentrés tels que la farine de cocotier ou les grains produits dans la région, aliments que le Syndicat des agriculteurs de la Haute-Loire tient toujours à votre disposition. Votre avenir est dans vos mains, c'est à vous qu'il appartient d'aller plus vite et plus sûrement et de justifier ainsi vos traditions et nos espérances, «
Les principaux prix pour les bandes composées de cinq animaux au moins ont été remportés par MM. François Michel, Louis Eyraud et Pierre Michel, aux Estables.
XIL — Législation sur le régime des eaux.
Sous le titre Législation annotée du régime dea eaux (librairie llousseau, à Paris), M. H. de Lalande. avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, vient de publier un ouvrage qu'il est intéressant de signaler. En effet, les textes relatifs au régime des eaux (cours d'eau navigables ou flottables, sources, irrigations, drainage, curage, usines hydrauliques, associations syndicales, etc.) sont disséminés dans les codes, et constituent souvent des lois spéciales dont la recherche n'est pas toujours facile. M. de Lalande a bu l'heureuse idée de coordonner tous ces textes et d'en former un recueil qui permet d'avoir une vue d'ensemble sur la législation des eaux. Il a joint aux textes de substantielles annotations indiquant des solutions acquises ou proposées sur les questions qui se rattachent à ces lois et que le législateur n'avait pas expressément prévues : la jurisprudence sur tous ces points est résumée de la façon la plus concise et la plus claire. Cet ouvrage, conçu à un point de vue essentiellement pratique, a déjà reçu dans le public l'accueil le plus flatteur. Nous aimons à penser que bon nombre de nos abonnés voudront posséder dans leur bibliothèque ce volume, dont ils reconnaîtront plus d'une fois l'utilité.
Xin. — Crédit agricole.
Nous avons annoncé déjà que le Syndicat agricole de l'arrondissement de Chartres (Eure-et-Loir), organisait une Société de crédit agricole sur les bases de la loi du 5 novembre 1 894. Cette organisation est achevée aujourd'hui ; dans une réunion tenue le 21 mars, 400 souscripteurs se sont présentés, et ils ont adopté les statuts et nommé les administrateurs. Le nombre des nouvelles sociétés de crédit augmente ainsi progressivement, pour le plus grand bien des cultivateurs.
XIV. — Conseil départemental d' agriculture de l'Isère. Dans la réunion qu'il a tenu le 28 mars, sous la présidence de M. le docteur Dufour, le Conseil départemental d'agriculture de l'Isère a émis plusieurs vœux parmi lesquels nous citerons les suivants :
« 1° Que le Parlement vote sans retard la loi du cadenas en faveur des produits agricoles.
« 2" Que le régime de l'admission temporaire, source de fraude à l'infini, soit remplacé par un droit toujours payé à l'entrée ; et qu'aucune différence n'existant plus entre le blé étranger, qui acquitte les droits, et le blé français, le droit
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soit remboursé à la sortie des douanes, quelle que soit la provenance ou la frontière ; que l'Etat, dans la classification des droits à rembourser, décompte l'équivalent des droits afférents à la portion de produits restant dans les mains de l'importateur. »
Le Conseil s'est occupé aussi du développement de la culture de la betterave à sucre dans le département de l'Isère. Cette culture a pris une grande extension dans les arrondissements de Vienne et de la Tour-du-Pin, par suite de la propagande faite par les Sociétés agricoles locales; ailleurs, le mouvement a été entravé à raison de Téloignement des sucreries, du prix des transports trop élevé et de la suppression de la détaxe de 25 pour 100, qui avait été accordée par la Compagnie P.-L.-M. en faveur des transports betteraviers de l'Isère, à destination des sucreries voisines. Actuellement il existe, dans le département, plus de 600 hectares de cultures betteravières ; des pourparlers sont engagés avec l'espoir d'aboutir à la création prochaine d'une sucrerie.