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VII. — Projet de concours de la race mulassière poitevine

Dans le Journal du 25 avril (p. 644), nous avons reproduit une partie d'une pétition des éleveurs du Poitou pour l'organisation d'un concours de la race mulassière à coté du concours spécial de la race bovine parthenaise qui se tiendra à Niort du 24 au 27 septembre. A et te occasion, M. Eugène Sagot nous adresse la note suivante :

GHRONIQQE AGRICOLE (9 MAI 1896). 725

a Un concours spécial de la race bovine parthenaise aura lieu à Niort du 24 au 27 septembre prochain. Les éleveurs de l'industrie mulassière, la Société centrale d'agriculture des Deux-Sèvres, le Comité du stud-book mulassier poitevin fout des démarches actives pour qu'un concours spécial de géniteurs et de produits mulassiers soit annexé au précédent. Les bonnes raisons qui militent en faveur de ce concours sont nombreuses.

« La crise aiguë que vient de traverser cette branche de notre élevage local, la mauvaise vente de nos mules, notamment à l'étranger, où notre exportation se réduit continuellement. Seule, notre grosse mule, dont s'approvisionne le Midi de la France, se vend encore. C'est donc cette grosse mule, cette limonière, qui fait de la poitevine une mule tout à fait supérieure, sans égale dans le monde, que nous devons produire. Mais, pour que cette production se maintienne et s'améliore, il faut l'encourager. Il nous reste toujours de bons éléments pour conserver notre précieuse race et pour bien faire encore; il s'agit de ne pas les laisser diparaître.

« Depuis de nombreuses années, on traite notre industrie comme quantité tout à fait négligeable; mise à l'index par l'administration des haras, on lui refuse les portes de tous nos concours régionaux.

« Son importance ne saurait cependant échapper à personne. On ne peut méconnaître le rôle que jouent nos mules dans la défense nationale et dans nos expéditions lointaines, les services qu'elles rendent dans nos colonies. Il ne faut pas oublier que son élevage fait encore la fortune la plus sûre d'un grand nombre de nos départements de l'ouest, du centre et du midi de la France.

« Depuis la diminution du numbre des concours régionaux, le Gouvernement a tenu à les suppléer efficacement en créant des concours spéciaux de chaque race domestique dans leur propre centre d'élevage. Les différentes et nombreuses races bovines, les porcs, les moutons ont chacun leurs concours spéciaux, tous plus brillants les uns que les autres. Seule, l'industrie mulassière n'a pas encore eu le sien.

ce Cette exposition serait pourtant féconde en ses résultats. Elle mettrait en relief, dans un ensemble complet, magnifique, non seulement l'importance de notre élevage mulassier, mais aussi la valeur réelle des individus. Elle démontrerait d une façon évidente que nos mules et leurs géniteurs ont toujours su conserver leur supériorité sur tous leurs similaires du monde entier. Elle serait, en outre, un encouragement précieux pour nos cultivateurs déjà si éprouvés.

« L'occasion nous a paru des plus favorables. Le concours spécial de la race bovine parthenaise ayant lieu à Niort, au centre môme de l'élevage mulassier, le concours spécial que nous sollicitons paraît tout indiqué. Il s'impose et son succès n'est pas douteux. Cette double exposition serait la synthèse vraie, exacte de l'élevage de notre région, des Deux-Sèvres en particulier.

a Inutile d'insister sur l'attrait et sur l'intérêt qu'offrirait une exhibition générale de tous les facteurs de notre industrie mulassière : chevaux, juments, baudets et ànesses ; enfin leurs produits communs, les mules et les mulets.

« A la suite d'une demande de la Société centrale d'agriculture, appuyée par une pétition signée par plus de deux mille éleveurs, le Conseil général des Deux- Sèvres a voté à cet effet une somme de 4,000 fr. La ville de Niort s'engage à faire les frais d'installation. Le Comité du stad-book pourra y aft'ecter une partie de son budget, Nous espérons, nous sommes convaincus que M. le Ministre de l'agriculture, dont le dévouement à la défense des intérêts agricoles est si connu, n'hésitera pas à parfaire la somme qui est nécessaire à la réalisation complète de ce concours spécial. En faisant droit aux justes demandes du département et de ses représentants, M. le Ministre fera œuvre utile et soutiendra efficacement les intérêts de toute une région Eug. Sagot,

Secrétaire de la Société centrale d'agriculture des Deux-Sèvres et du Stud-book mulassier poitevin.

Nous espérons que les vœux des éleveurs poitevins recevront pleine satisfaction. Il est inutile de rappeler que la production des mules représente une des parties les plus actives de l'industrie agricole dans cette région ; il serait injuste qu'elle ne reçût pas, dans cette occasion, les encouragements auxquels elle a droit.

YIII. — Sucres et betteraves.

Le Syndicat des fabricants de sucre de France vient de publier le compte rendu de l'Assemblée générale et du Congrès qui se sont tenus à Paris les 3 et 4 mars. Comme nous l'avons dit déjà, un certain nombre de questions très importantes pour la sucrerie et pour la culture de la betterave y ont été discutées, des rapports très intéressants y ont été présentés, dont nous avons indiqué les principaux. Nous sicrnalerons tout particulièrement aujourd'hui le rapport de M. Caillot, directeur de la Station agronomique de Laon, sur la destruction du silphe des betteraves. Après avoir rappelé les procédés divers préconisés contre cet insecte, M. Gaillot conclut comme il suit :

« Le problème posé nous paraît résolu. Après des essais nombreux, nous nous sommes arrêté à la formule suivante pour la préparation du poison :

« 1" Faire dissoudre dans un litre d'eau, à l'ébullition: acide arsénieux (arsenic blanc eu poudre), 100 grammes; carbonate de soude sec (sel de soude), 100 grammes.

a 2" Faire dissoudre dans quelques litres d'eau bouillante : sulfate de cuivre du commerce, 1 kilog.

« 3° Mettre en lait un kilog. de cbaux vive de bonne qualité et passer à travers un tamis fin.

« 4" Peser 2 kilog. de mélasse.

« Dans un vase en bois, un vieux tonneau, par exemple, ou un récipient en tôle goudronné à l'intérieur, verser 90 litres d'eau environ et y ajouter le premier liquide; puis, en agitant constamment, on verse la solution de sulfate de cuivre : il se produit un précipité vert, extrêmement ténu, d'arsénite de cuivre; on y ajoute le lait de chaux, puis la mélasse. On obtient ainsi un hectolitre d'une bouillie bleu verdâtre, qui ne laisse déposer que fort lentement un précipité dans lequel l'arsenic est uniformément réparti. Cet hectolitre revient environ à 80 centimes.

« La quantité à employer par hectare dépend de la force des betteraves à traiter, mais on peut se baser sur une quantité moyenne de 3 à 5 hectolitres, soit une dépense de 2 fr. 5ù à 4 fr. par hectare.

« L'emploi de cette bouillie arsenicale doit se faire avec un pulvérisateur; en raison de son alcalinité, elle doit être conservée dans des vases métalliques, en fer par exemple; il serait cependant bon que les récipients en tôle fussent goudronnés ou peints à l'intérieur; il en serait de même des pulvérisateurs s'ils étaient construits en tôle. »

Il paraît probable que les méthodes préconisées par M. Gaillot pour combattre le silphe seront appliquées, cette année, par un certain nombre d'agriculteurs de l'Aisne avec des pulvérisateurs à grand travail. Il est permis désormais d'espérer qu'on réussira dans cette lutte contre un ennemi redoutable.

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