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VI. — Le reboisement des montagnes

Le Ministère de l'agriculture (direction des forêts) vient de publier un très important ouvrage consacré à l'œuvre du reboisement des montagnes. Cet ouvrage se compose de deux forts volumes in-V, et il a pour titre : Vextinction des torrents en France par le reboisement, par M. P. Demontzey, administrateur des forêts. L'un des volumes est exclusivement consacré à 127 vues photographiques des travaux de reboisement. En présentant cet ouvrage à l'Académie des sciences dont il est correspondant, M. Demontzey en a montré le but et en a indiqué les principales parties dans la note suivante :

a L'extinction des torrents en France par le reboisement est le complément nécessaire de VEtude sur les travaux de reboisement et gazonnement présenté à l'Académie, en mai 1879, par le regretté Hervé Mangon.

« Dans ce nouvel ouvrage, je me suis proposé de faire connaître ce qui a été fait et ce qui reste encore à faire pour terminer victorieusement la lutte entamée contre le déboisement des montagnes.

ce Après avoir exposé l'œuvre d'utilité publique dont l'Etat poursuit la réalisalion, et pour laquelle l'Académie a maintes fois montré sa haute sollicitude, j'expose et je résume les données générales de la question aux divers points de vue : historique, législatif, descriptif, statistique, expérimental, technique et économique.

a Je démontre que l'extinclion des torrents implique le reboisement intégral des montagnes qu'ils dévastent, les autres travaux n'étant, en général, que des moyens provisoires d'une durée plus ou moins longue. Je mets en évidence, par une série d'observations et de faits, la sûreté, l'économie et la célérité des méthodes adoptées à la suite des premières études faites et des expériences tentées par les forestiers. Je cite, à l'appui de mes assertiont;, de nombreuses monograpnies de torrents éteints, corrigés ou en voie de correction, dans les hautes montagnes des Alpes françaises et des Pyrénées, et j'y joins une série de planches donnant le détail de tous les genres de travaux.

ce Enfin, j'étudie le programme et la dépense des travaux restant à faire pour l'achèvement de l'œuvre, et je montre que, si depuis l'origine de l'entreprise (1863) jusqu'à la fm de 1892, soit en trente années, on a réalisé à peine le quart des travaux, on peut les terminer dans un délai de quarante ans au maximum, car les méthodes étant définitivement consacrées par l'expérience, ce n'est plus qu'une question d'argent.

ce Quant aux travaux exécutés par les communes et les particuliers, leur importance dépasse à peine le septième de l'étendue qui devrait être normalement reboisée. Bien que les circonstances économiques actuelles soient une des causes de ce relard, j'espère que, grâce à de plus larges subventions et à une propagande de plus en plus active, les travaux reprendront rapidement un développement en rapport avec l'importance des inondations qui désolent périodiquement une bonne partie du territoire de la France.

ce Un appendice fournit des extraits des publications faites par de nombreux forestiers et ingénieurs étrangers qui, après avoir hautement apprécié les travaux de nos forestiers, n'hésitent pas à déclarer que cette entreprise est essentiellement française. Il renferme, en outre, des notes intéressantes sur l'Observatoire météorologique de l'Aigoual, sur les travaux de la courbe de Péguère

Gauterets), sur les avalanches, etc.

« Un second volume contient 126 vues photographiques, toutes prises par des forestiers, phototypiées par M. Kuss, inspecteur des forêts; chaque vue est accompagnée d'une description détaillée. On pourra facilement se rendre compte de la situation des grands torrents, en so reportant aux monographies et aux planches du premier volume. «

Nous n'ajouterons qu'une observation. Le texte de M. Demontzey, les explications détaillées qu'il donne, comme les belles planches qui les accompagnent, permettent d'apprécier à sa juste valeur l'œuvre gigantesque poursuivie depuis plus de trente ans par le service forestier. Admirée partout, non seulement elle fait honneur aux reboiseurs qui l'ont entreprise, mais elle est d'une haute utilité pour tout le pays qui en retire un profit direct. Le jour malheureusement éloigné où elle sera achevée, elle aura régularisé le régime des eaux en France, et supprimé les inondations calamiteuses au profit des vallées et des plaines.

Vn. — Sociélé départementale cV agriculture du Doubs. La Société d'agriculture du Doubs a pris récemment une excellente initiative en vue de compléter l'éducation des fruitiers praticiens. Elle a décidé d'organiser pour eux, à l'Ecole nationale d'industrie laitière de Mamirolle, des cours théoriques et pratiques sur la base d'une indemnité de séjour de 35 francs à chaque participant. Ces cours auront lieu du 10 au 16 février prochain. Ils comprennent principalement : 1° procédés pratiques pour reconnaître les lails falsifiés et altérés, les fruitiers étant exercés au fonctionnement des différents appareils, notamment de l'acidimètre; 2" fabrication du gruyère et de l'emmenthal (détermination de l'acidité de la présure et de l'aisy, chauffage des caves, etc.) ; 3° nouvelle méthode pour écrémer le petit-lait.

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