‹ Journal de l'agriculture (volume 4)Chapitre 520 sur 737 · AMELIO^^ATION DE LA CULTURE DE LA POMME DE TERRE · texte numérisé non relu

AMELIO^^ATION DE LA CULTURE DE LA POMME DE TERRE

séché également, les radicelles ne trouvaient plus l'eau nécessaire à leur accroissement.

Au cours du mois do septembre enfia, pendant lequel AI. Renou à Saint-Maur a enregistré onze journées offrant des maxiraa supérieurs à 30 degrés et où la température a pu même atteindre 35". 5, les eff"ets désastreux précédemment constatés se sont accentués encore, et dès la moitié de ce mois, les feuilles absolument fanées des variétés demi-tardives ou tardives, comme la Richter's imperator, la Red skinned, la Géante bleue, etc., ■)bligeaient plus d'un cultivateur à arracher, en avance de quinze jours et trois semaines sur l'époque normale. Gomme en 1894, mais pour des causes différentes, c'est à une récolte généralement faible que la campagne de 1895 devait aboutir.

Ce serait se tromper cependant que de considérer les trois récoltes de 1893, 1894 et 1895 comme de nature à infirmer, par suite de leur infériorité, les résultais acquis depuis dix ans au point de vue de l'amélioration de la culture de la pomme de terre en France.

Sans doute et pour ces trois années, on a vu la moyenne des rendements s'abaisser dans une mesure importante, mais cette moyenne est malgré tout restée singulièrement respectable.

Alors que sous l'inffuence delà sécheresse de 1893, sous l'influence des pluies de 1894, sous l'influence de la sécheresse de 1895 encore, les rendements des cultures arriérées et des variétés vulgaires s'abaissaient à quelques milliers de kilog. à l'hectare, les rendements de la variété Richter's imperator, sur les cultures améliorées de mes collaborateurs, s'élevaient en moyenne :

Pour 1893 à -22,309 kilog. riches à 19.00

— LS94 à 25,371 — — 18.34

A l'établissement de ces moyennes interviennent, il est vrai, quelques rendements misérables dus à des accidents locaux, mais interviennent aussi de nombreux rendements s'élevant, malgré les intempéries auxquelles la culture a été exposée, aux chiffres de 30,000 et même de 35,000 kilog. à l'hectare. C'est ce que montrera tout à l'heure l'exposé détaillé des résultats obtenus par mes collaborateurs en 1894 et 1895.

Mais avant d'entreprendre cet exposé, je me permettrai de rappeler à la Société que, comme pour 1893, c'est dans des conditions diff"érentes de celles adoptées pour les années précédentes que celui-ci se présente.

En 1892, le nombre de mes collaborateurs s'élevait à 600, environ; pour 1893, un nombre de 12,000 à 15,000 s'annonçait; mes forces et mes ressources ne pouvaient me permettre de répondre utilement à une collaboration aussi considérable. Avec l'autorisation de M. le Ministre de l'agriculture, j'ai prié alors mes collègues, MM. les professeurs départementaux d'agriculture, de bien vouloir individuellement et dans leur région, continuer la propagande dont j'avais jusqu'alors et depuis cinq années pris la charge et assumé la responsabilité pour la France entière. Je me suis réservé seulement de continuer, pendant quelques années encore et avec le concours d'une centaine de mes plus anciens collaborateurs, la démonstration pratique des services que peut rendre à notre agriculture l'application sévère des procédés de culture rationnelle de la pomme de terre dont j'ai commencé l'étude en 1885.

C'est dans ces conditions que je me suis placé pour la campagne de 1893, et c'est dans des conditions identiques que je me suis placé en 1894 et 1895. Ce sont les résultats de ces deux campagnes que j'apporte aujouid'hui.

Les collaborateurs auxquels j'avais, en 1893, demandé leur concours sont aussi, et à quelques exceptions près, ceux qui. en 1894 et 1895, sont restés en relation avec moi.

Le nombre cependant en a, pour ces deux dernières années, légèrement diminué: quelques-uns ont malheureusement disparu, d'autres ont cessé leur culture, si bien que, pour la campagne de 1894, le nombre des comptes rendus détaillés qui m'ont été adressés n'a été que de 88 ; il a été moindre encore en 1895, mais pour une cause différente et toute personnelle à un certain nombre de mes collaborateurs. Chez ceux-ci, la destruction de la végétation aérienne de la pomme de terre, sous l'influence de la chaleur et de la sécheresse, a été si prompte et si complète que, par un amour-propre bien excusable, ils ont préféré ne pas me

Page 1